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TERRAINS NON STRATIFIÉS

Les différents terrains ne pouvant agir sur la formation et l'écoulement des sources que de deux manières diflerentcs, à l'exemple de MM. Boué et Brongniarl, je les divise simplement en terrains non stratifiés et terrains stratifiés. Cette division, qui est très-réelle dans la nature, est facile à saisir et suffit pour rintelligence de ce qui va suivre. Dans l'impossibilité de les décrire tous, je me bornerai à en faire connaître quelques-uns des plus répandus, auxquels il sera facile de rapporter ceux qui leur sont subordonnés ou analogues.

On entend par terrains non stratifiés, ceux qui n'ont ni couches, ni joints parallèles, et ceux dont la stratification est tout à fait irrégulière ou peu sensible.

Il se trouve des terrains non stratifiés dans chacune des cinq grandes divisions qui sont assez généralement adoptées, savoir : dans les terrains primitifs, secondaires, tertiaires, diluviens et modernes.

finÉis kt ttrraîns prïmitlilf on' a 1m graoile»! ^ porphyres, les mkàsclii^teS) les gaeiae/led êyéDiteSy les quartz, les trâchitéi, lel coDgloinérals, les eal^

caircs primitifs, etc.

Les terrains secondaires non stratifiés sont : les calcaires cdmpactes, les crdiesy les trapps^ lesophlo* lites^eie.

Les terrains tertiaires hon stratifiée sont i les

marnes, les molasses, les gypses, les sels gemmes, etc.

' Les terrains diluviens ou de transport non stratiflès sont : les sables, les dunes, les tourbes, et dans lés terrains modernes, on trouve le terrain détri(l«

que, les éboulis, les fufs, les déjections des volcans en activité, les limons, etc.

Le granité^ ou granit, est une roche composée de feldspath, de quartz et de mica. Ces trois niadères^ toujours erisbllines et se pénétrant mutuellément^ ont été fondues ensemble. Le feldspath y domine les deux autres, et le quartz est plus aboudaut que le mica. Les masses granitiques n'oCfrent aucune trace de stratification réelle. On n'y trouve ni eatemeS| ni vides, ni débris d'êtres organisés. Les métaux y sont très-rares et fort peu abondants ; les fissures, qui les divisent en blocs de toute forme et de toute • dimension, prennent toutes sortes de directions et n'aiVectent aucun parallélisme entre elles. Le granité est, de tous les terrains anciens, le plus t^pandu à la surface du sol. Les contrées qu'il occupe, présentent des plateaux plus ou moins étendus et des montagnes de moyenne hauteur à croupes arrondies.

Cependant, . ters le milieu des. chaînes, il ferme; quelquefois des montagnes très-élevées ét à sommet aigU; d'où se détachent des blocs énormes 4m roulent sur les versants et jusqu'au fond des \allons ; les uns sont encore anguleux et les autres arrondis par les agents atmosphériques. Dans ce terrain, les ' irallons commencent ordinairement par un «irque à parois verticales. La couleur du granité dépend de celle du feldspath : si celui-ci est rouge, le granité est rougeâtre, et s'il est blanc, le granité est gris.

Le porphyre e&i uae roche composée d'une pâte de pétrosilex, renfermant des cristaux de feldq^th blancs ou gris et parfois des grains de quartz et 4e pyroxène. Le porphyre a une grande ressemblance avec le granité ; ce qui sert principalement à le distinguer de celui-ci, c'est sa tendance à prendre la forme dedikes, qui se trouvent le plus souYenidana Vintérieur des masses granitiques, ou dans leur toi* Binage. On le trouve aussi intercalé dans les terrains de sédiment. Les petites cavités qui se rencontrent dans cette roche sont remplies de quartzou de chaux carbonatée. Ce terrain est très-commun, mais il oc* cupe rarementdes contrées étendues. Presque toutes les montagnes du terrain porphyrîque sont coniques ou à croupes arrondies. On distingue trois espèces de porphyres : le rouge ou quartzifère, le vert ou serj>entineux, et le noir ou pyroxénique.

Le gn&ss est, comme le granité, composé de feldspath, de mica et de quartz; mais il en diffère en ce que le quartz y est en moindre proportion, qu'il est stratifié et à texture schisteuse. Ses feuillets et strates,

d'épaisseurs (rès-\ariable8, sont plissés et contour^ nés dans toutes les directions; ce qui le dUlinpw des temâns de sédiment* Cette roche renferme

^8 grenats, des pyrites de fer, du quartz hyalin, du cuivre, de Targent, etc.; mais point de débris organiques. Sa couleur est ordinairement grise ; cependant, comme sa couleur dépend de celle du mica, elle- wie du blanc au noir. Cette roche forme des masses fort étendues, très^uissantes, et occupe les parties supérieures des terrains primitifs.

Le micaschiste est une roche composée de mica et de quartz à structure schisteuse. Dans certaines de ces roches, le quartz n*est que peu ou point apparent; dans d'autres, la masse est découpée par des veines de quartz pur< Comme c'est le mica qui domine dans cette roche, où il est disposé en feuillets continus, c'est lui qui Ja colore, et sa couleur varie du noir au blanc. Cette roche est stratifiée ; mais ses couches, composées de très-minces feuillets, sont presque toujours bouleversées, très-peu étendues, plissées, ondulées et même contournées. Les masses de micaschiste descendent à de trèsgrandes profondeurs et sont fort étendues ; elles forjnent des montagnes ordinairement peu élevées, à croupes arrondies, disposées par groupes, terminées par de vastes plateaux et séparées les unes des autres par de nombreux ravins. On y trouve parfois des grenats, du feldspath , du fer oligiste , du fer hydroxydé, etc.; mais point de débris organiques.

Le trapp est une roche composée d*un mélange intime de feldspath et d'amphibole, contenant par- •

fois du pyroxène, de la leptinite et de l'eurite. Son nom lui vient du mot suédois irappa^ qui ireut dire escalier, parée que, dans les pentes des montagnes,

il affleure oi dinairement en forme de gradins ou terrasses; d'autres fois, il se présente en dikes, ayant les parties centrales plus cristallines que les extrémir tés. Cette roche est d'apparence homogène» dQjPO, compacte, tenace, sonore et sans débris organiques. Sa couleur est grise, noire ou verdàtre, assez semblable à celle du basalte ; mais, au lieu de se diviser en prismes comme lui, elle se partage en fragments de diverses grandeurs et de toute fonne. Lorgne ces fragments restent longtemps sur le sol, llsprennwit la forme ronde et se couvrent d'une couc^e^ouleur de rouille. Celte roche est très-répandue sur toutes les parties du globe. Dans certains endroits, elle se montre en masses informes ou en cônes irréguiÎMv; dans d'autres, elle forme des collines entières.

Les brèches^ poudingues et canglomérat$ sont des roches dites d'agrégation, composées de fragments déroches anciennes, agglutinées par un ciment plus récent. La plupart de ces fragments appartiennent à des roches primitives, telles que les qilartjE» les feldspatbs, les granités, les porphyres, etc. Il y en a aussi qui ont été détachés des masses basaltiques, calcaires, etc. Certaines de ces roches sont composées de fragments anguleux, et on les nomme 6r^ches: d'autres sont composées de galets arrondis, auxquelles on donne le nom de pwdmffites. Le volume de ces fragments varie d^îrîs un eentimètre jusqu'à un décimètre de diamètre. Lorsque leur dia-

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mètre est d*un décimètre à un ou plusieurs mètres, la roche prend le nom de conglomérat. Le ciment dans lequel ces fragments sont empâtés est composé de silice et de calcaire ferrugineux; sa force de cohésion varie beaucoup, et il se décompose plus facilement que les galets ; aussi, chaque fragment faisant saillie, la surface de la roche est ordinairement trèsinégale. Ces roches sont homogènes lorsque les frag- • raents sont de môme espèce et qu'ils sont agglutinés par un ciment de même nature*, elles sont hétérogènes, lorsque les fragments sont de diverses natures. Peu de roches sont plus répandues, surtout dans la Provence. Dans certains endroits, elles remplissent de très-vastes vallées ; dans d'autres, elles forment des collines de médiocre hauteur, et des plateaux très-étendus où les cours d'eau actuels n'ont jamais pu atteindre. Leur épaisseur varie depuis quelques décimètres jusqu'à des centaines de mètres.

Les descriptions de quelques autres terrains non stratifiés se trouvant dans des endroits de ce livre oii elles sont indispensables, pour ne pas être obligé de les répéter, je ^ais indiquer ici les chapitres où on les trouvera ; ce sont : les éboulis, chapitre iv; les tufs, chapitre xix; les terrains volcaniques^ chapitre XXI ; les craies et les marnes, chapitre xxii.

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