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MOYEN AGE — MAHOMÉTISME

Les trois grandes civilisations, de l'Orient, de la Grèce et de Rome, périclitent au moment où une civilisation nouvelle, fille de la Judée en religion, élève de la Grèce dans la science et dans Tart, et imitatrice de Rome dans Tadministration et dans la jurisprudence, va laborieusement se développer. Cette époque, c'est le moyen âge. Une civilisation non moins brillante qu'éphémère, bien différente de celle qui se préparait, naquit en Arabie et sembla d'abord vouloir submerger l'Europe. L'anarchie des croyances avait préparé l'avènement de cette nouvelle religion. C'est en effet au vi^ siècle de l'ère chrétienne que commence l'hégire musulmane. Pendant les premières années, les Arabes font la conquête de l'Asie Mineure, s'emparant de la Mecque, de Damas, d"Héliopolis, de Jérusalem. Sur remplacement de l'ancien temple de Salomon, ils élèvent la mosquée que l'on peut considérer comme le premier édifice religieux construit par les Arabes. A un

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sentiment profond de la personnalité humaine, les Arabes ajoutent cet esprit de simplification monothéiste qui caractérise la race sémitique, alors divisée en diverses sectes. La religion des Mages, la religion des Juifs et la religion des Gli rétiens, en forment les différents éléments. Mahomet apparaît alors, s'attribuant la tache de simplifier, d'après les traditions d'Abraham et d'Israël, la loi de Moïse et la loi de Jésus. Des millions d'âmes vont se ranger sous sa loi qui n'est surchargée ni de miracles, ni de mystères. La doctrine se réduit à la fois à un dieu unique, et à l'immortalité. Mais l'apostolat par le fer jette le croyant dans l'horreur de toute foi étrangère et de toute science indépendante. C'est alors que les volontés se pétrifient au contact du dogme de la prédestination, et ce grand mouvement de civilisation s'arrête en plein essor.

Aux premières conquêtes, s'ajoutent celles d'Alep, d'Antioche. Pénétrant en Afrique, les vainqueurs s'emparent de Memphis, d'Alexandrie et fondent au Caire, la grande mosquée qui fut longtemps le centre intellectuel de toute la pensée arabe. Successivement, ils absorbent la Perse, l'Arménie, la Mésopotamie et passent la seconde moitié du vu'' siècle h conquérir l'Inde. Dans une

autre direction, ils accusent un grand développement vers l'Afrique, fondent en Tunisie, Kaïrouan, qui devient la deuxième ville religieuse des Musulmans et en 702, parviennent à Tanger. Se trouvant alors en face de l'Espagne, ils finirent par l'envahir, onze ans plus tard. A Saragosse, ils élèvent deux mosquées. Les palais et mosquées de Cordoue, l'Alcazar de Séville, TAUiambra de Grenade se construisent vers la lin du vui"" siècle. A cette époque s'élève en Asie la ville de Bagdad, où les Arabes transportent les richesses artistiques qu'ils avaient recueillies en Perse et les débris provenant des mines deMadaïn, la capitale. La puissance des Arabes atteint son apogée au ix"" siècle, avec la conquête de la Sicile. A partir de ce moment, la puissance des Musulmans décroit devant la montée du christianisme, qui, dans les luttes se poursuivant jusqu'au xv"' siècle, restreint à l'Afrique, le déploiement de leurs conquêtes. L'architecture musulmane offre déjà un caractère bien particulier. La mosquée en général procède d'un plan fort simple. Un carré long, fermé de murailles et à peu près orienté du nord au sud. Une partie plus ou moins étendue, située presque toujours au nord, est entourée de portiques couverts. Dans son milieu, se trouve un espace libre qui sert à la fois de lieu de réunion et de prières. Cet espace, compris entre les portiques, est quelquefois planté d'arbres, dallé de pierre et de marbre

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et renferme toujours une fontaine ou un bassin, pour les ablutions prescrites par le Koran. Cette cour, appelée parles Espagnols, patio, est l'endroit où viennent aboutir les nefs principales de la mosquée, allant du nord au sud. Elles en sont parfois séparées par un mur percé d'une ou plusieurs portes, dont Tune, plus grande que les autres, est placée ordinairement au centre et en face de Mihrab, partie la plus ornée de la mosquée : le Mihrab indique dans toute mosquée le point d'orientation appelé Kiblah, toujours placé plus ou moins exactement dans la direction de la Kaaba de la Mecque ; point vers lequel tout musulman doit être tourné en priant. A gauche du Mihrab, renfermé dans le sanctuaire plus ou moins étendu et fermé de grilles, se trouve le Mimbar, espèce de chaire très richement ornée, élevée a une certaine hauteur, et à laquelle monte par le moyen de quelques marches, Fimanou prêtre, pour lire au peuple assemblé les diverses prières.

Au nord et par conséquent en avant du Mihrab, se présente le plus souvent de face, mais quelquefois cependant dans la nef latérale voisine, comme à Cordoue, une tribune élevée et supportée par des colonnes. Cette tribune est destinée àFiman Tatib, qui annonce l'heure des prières. Le plus souvent, une coupole qui s'élève au-dessus de la mosquée, surmonte le sanctuaire. Parfois cependant, c'est au centre de rédifice que s'élève la grande coupole.

accotée à d'autres plus petites. Dans ce cas la mosquée devient l'imitation parfaite de l'église de Sainte-Sophie. Des écoles, des hôpitaux et des bains publics, accompagnent généralement les mosquées principales. Telle est, en résumé, la description sommaire de la mosquée arabe.

MOYEiN AGE — - CHRISTIANISME

Après avoir reporté de Rome à Byzance le siège de son empire et fait de cette ville une autre Rome chrétienne, Constantin partagea l'empire en quatre préfectures : deux en Orient, deux en Occident. Les deux préfectures de l'Occident étaient celles des Gaules et de l'Italie. Les Wisigoths, les Bourguignons et les Francs formaient les trois principaux peuples quis'unissant avec les Gallo-Romains, devaient former la nation française.

Au iv^ siècle, la population de la Gaule était ainsi divisée : en première ligne : les familles sénatoriales, c'est-à-dire celles dont les membres appartenaient au sénat romain et avaient exercé les grands offices de l'empire. Elles constituaient une aristocratie, tenaienttout des empereurs, même leurs richesses et n'étaient capables, ni de gouverper, ni de défendre le pays,

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En deuxième ligne : les curiales, c'est-à-dire les citoyens qui possédaient 25 arpents de terre et qui, à ce titre, faisaient partie des sénats municipaux ou Curies. C'était la classe moyenne.

Au-dessous, venaient les petits propriétaires, classe jadis très nombreuse; ensuite, les marchands et artisans libres, qui vivaient dans les grandes villes et étaient presque tous des affranchis sans considération et sans influence. Enfin grouillaient les neuf dizièmes de la population de la Gaule : les esclaves, partagés eux-mêmes en deux classes: les esclaves domestiques, traités comme des betes de somme, les esclaves ruraux, attachés à la terre et la cultivant moyennant un tribut ; on les appelait en général, colons.

Ainsi donc, la société romaine se trouvait composée de maîtres sans influence et d'esclaves sans patrie. De tels éléments de population nous expliquent commentles barbares vainqueurs s'emparèrent aisément de l'empire, et comment les masses des afiranchis, des colons, des esclaves, étrangers à la société civile païenne, d'où ils étaient exclus par les maîtres, entrèrent avec ardeur dans la société chrétienne, où ils étaient reçus par les chefs, à bras ouverts. L'aristocratie sénatoriale et curiale n'était qu'un fantôme. Le clergé devint l'aristocratie réelle.

Il n'y avait pas de peuple romain, il y eut un peuple chrétien.

Aa v'' siècle, lorsque les invasions mérovingiennes rompirent la barrière du Rhin et s'étendirent sur notre sol, la Gaule se trouvait alors complètement dominée par l'autorité romaine. Mœurs, institutions, architecture, tout était romain.

A la chute de la domination romaine, deux races principales se trouvaient en contact, les Gallo-Romains d'une part et les Francs d'autre part, tribus germaniques qui arrivèrent par invasions successives. A mesure que l'envahissement se précisait, l'administration romaine laissait place aux deux institutions, municipale et religieuse. Les barbares, eux, n'apportaient aucun état social régulier, mais ils furent contraints à en établir un, au fur et à mesure qu'ils s'implantaient sur le sol gaulois. Ce régime constitua la féodalité. En face de l'organisation ancienne d'institutions municipales et religieuses, s'érigeait donc une organisation incréée que la race barbare dut organiser. Le caractère d'indépendance était le caractère distinc-tif des races germaines. Les vainqueurs en se disséminant et en s'implantant dans les terres, vécurent dans l'isolement, entourés seulement de quelques compagnons d'armes qui suivaient leur fortune jusqu'au bout. Rien de semblable chez le Gallo- Romain qui opposait au désir d'isolement du Germain, la vie en plein air, sur la place publique, dans les cirques, dans les Académies, au bruit

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des conversations philosophiques et des discussions politiques.

Bientôt succéda un ordre régulier qui permit aux peuplades gauloises, de s'assimiler promptement la civilisation romaine, La loi écrite, substituée au régime du bon plaisir, élargit d'autant l'éducation morale de ces peuplades. Rome, qui n'avait rien à offrir aux provinces conquises en compensation de cette part d'indépendance, ne pouvait plus leur demander de sacrifier leur intérêt particulier à Funité de Tempire. Rome, qui ne pouvait plus opposer aux hordes de barbares menaçant ses frontières trop étendues, la digue de ses légions, Rome, dans l'impossibilité où elle était de repousser les Germains, qui jusque-là contenaient leurs hordes au delà du Rhin, commença à tomber en pleine décadence.

Au milieu de la désagrégation qui s'ensuivit, Forganisation ancienne subsista, mais bien affaiblie. Et les peuples envahis et submergés n'eurent plus d'autres ressources que de se retirer dans les villes, dont ils firent autant de forteresses et à l'intérieur desquelles furent rassemblées et sauvegardées les anciennes institutions, traditions, moeurs et tout ce qui surnageait de l'ancienne civilisation. Tout cela vint donc se grouper en des points précis, en ces villes, dominant de leur puissance tout ce peuple barbare. C'est dans la campagne que s'établit la société féodale et bien-

tôt commencèrent à s'élever ces châteaux massifs, construits de ces mêmes mains plébéiennes qui, plus tard, devaient les démolir.

Partout oii l'invasion faisait des progrès, se multipliaient ces châteaux forts, tous constitués h peu près des mêmes organes, destinés avant tout à la défense contre les incursions des barbares et à la protection du vassal, pauvre hère asservi aux volontés et aux droits du maître.

Au centre d'une enceinte, s'élevait le donjon seigneurial, d'où l'on dominait toute la plaine. A l'un des angles de la construction, s'érigeait une guérite de pierre pourvue d'une grosse cloche, dans cette guérite se trouvait le veilleur du château. Le guetteur interrogeait au loin l'horizon, fouillait les bois et les fourrés, épiait les bruits de la nuit, le froissement des feuilles, les murmures du vent. Aussitôt qu'il apercevait l'ennemi, il sonnait la cloche d'alarme. Le paysan quittant alors sa vigne, son champ, accourait vers son hameau blotti au pied du donjon féodal, emmenant sa femme et ses enfants, poussant devant lui son bœuf de labour. Il entrait dans la cour du château, demandait aide et assistance au seigneur, et en même temps lui apportait l'appoint de ses forces, pour lutter derrière le pont-levis et assurer la défense commune.

Les conséquences du régime féodal furent d'amener une niodification complète dans la répar-

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tition de la population sar le territoire. En face de ragglomération des villes, S(^ constitua un ordre tout nouveau. Le château isolé où s'enfermaient les seigneurs, sa famille et quelques défenseurs, groupa autour de lui, les colons, les serfs qui cultivaient le domaine. A côté d'eux vint se fixer le prêtre, qui établit son église en face de celle du chapelain qui, elle, attenait au donjon. Chacun de ces châteaux forma donc une unité complète, vivant de sa vie propre et n'ayant de commun avec la société qui l'environnait, que l'obligation militaire du possesseur du fief vis-à-vis de son suzerain. C'est de ces deux sentiments, sentiment chrétien et sentiment féodal, que découla la famille.

Les possesseurs du fief, une fois fixés, organisèrent alors une vie plus sédentaire et bientôt, autour de leur château, se groupa une population plus autochtone qui se livra à la culture des terres. De cet embryon, sortirent les communes. Peu à peu, imprégnée de la civilisation latine, l'invasion des Francs vint mettre en fermentation le vieux levain celtique. En tout lieu régnait le barbare. Mais bientôt lui-même fléchit devant une autorité sans cesse grandissante, à mesure que s'écroulait l'empire. Cette autorité c'est celle de l'église chrétienne. Toujours portée d'instinct à favoriser les barbares, TEglise fidèle à ses projets d'unité, chercha celui des peuples germains à qui

elle pouvait ofMr la succession des Romains. Elle se tourna vers les Francs. C'est ainsi que par le seul fait de sa conversion, Glovis, chef de 3.000 pillards, se trouva être le maître de presque toute la Gaule septentrionale. Les Francs commencèrent à regarder ce pays comme leur nouvelle patrie, et les historiens ont pu dater de cette époque, l'origine de la monarchie française.

Une petite fraction de gens unis par une croyance commune et où l'on distinguait : les anciens, c'està-dire les prêtres d'aujourd'hui; les surveillants, équivalents à nos évêques actuels, et enfin, les diacres chargés de la distribution du bien commun, tons élus par les suffrages de leurs corréligionnaires ; telle était la constitution de la primitive Eglise. Bientôt elle devint une monarchie spirituelle, solidement organisée, où les gouvernements avec leur hiérarchie, leurs ressources et leur juridiction propre, furent indépendants et formèrent un clergé, ayant pour sujets, les fidèles, et pour chef le Pape. Et de même qu'elle avait souri aux civilisés, de même elle sourit aux barbares, accueillant Clovis, comme elle avait accueilli Constantin. Sous son patronage, la fusion se fait entre les vainqueurs et les vaincus, et sur les débris du monde antique, s'établit la chrétienté. A partir du viii'' siècle, le clergé qui était auparavant Gallo-Romain, est envahi de plus en plus par des hommes barbares. Du reste, vers 543, la

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règle de Saint-Benoît, introduite dans la Gaule, régénéra complètement la vie monastique. Des colonies de missionnaires laboureurs se répandirent de tous côtés, et importèrent dans les lieux les plus sauvages, l'Evangile et l'agriculture. Les couvents de Saint-Benoît furent les seuls lieux de la terre où disparaissait l'inégalité de race et d'origine. Là, s'élabora la science moderne et les livres de saint Augustin, les commentaires du Phedon et du Timée de Platon, quelques fragments de la méthode d'Aristote, les traités de Boëce, étaient au vni^ siècle, les principaux matériaux sur lesquels s'appuyaient les hommes d'étude appartenant au clergé régulier. Pendant que les manants peinaient et que les seigneurs guerroyaient, les moines lisaient, écrivaient, méditaient et enseignaient.

La Scolastique s'astreignait à subordonner la science et la morale aux formules de la théologie, et à mettre à la place des faits, des textes ; à la place de la vérité, l'autorité. La scolastique, mère de la casuistique, substitua dans la morale, le point de vue particulier d'une certaine autorité, au point de vue universel de la raison.

C'est dans les écoles monastiques d'Angleterre que prit naissance le premier foyer de la culture philosophique. Alcuin et Scott Erigène, les deux initiateurs, l'un de la philosophie éristique et Fautre de la philosophie mystique, qui consti-

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tuèrent au moyen âge un double courant de pensée, se formèrent à renseignement de ces écoles monastiques.

Alcuin écrivit un traité sur les sept arts libéraux, qui, divisés en deux catégories, ont constitué le programme de renseignement du moyen âge ; d'abord la grammaire, la rhétorique et la dialectique, puis la musique, l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie. Les trois premiers arts furent appelés le triple chemin; les quatre autres, le quadruple chemin, aboutissant à la théologie, la sience maîtresse. Scott Erigène, esprit autrement grand, pose en principe, comme autrefois saint Augustin : que la vraie religion et la vraie philosophie ne diffèrent point. Ce que l'une adore, Tautre Texplique. A Dieu, le Créateur incréé, il oppose l'univers, ensemble des choses créées.

A cet état de civilisation devait correspondre un art entièrement nouveau, œuvre d'une race neuve qui a conservé à Fétat de pureté, son état primitif. La race conquérante, ayant acquis une fixité et une stabilité dans son existence, devait bientôt, se fondant au sein d'une civilisation ancienne, s'assimiler l'œuvre accomplie avant elle, éliminer les éléments qui lui sont par trop étrangers et faire surgir à l'aide de nouvelles combinaisons, l'harmonie nouvelle. La différenciation fut toutefois plus accusée que celle des Grecs au contact de l'Egypte et de l'Orient, que celle des

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Romains vainqueurs de la Grèce, que celle des Arabes en face de la Grèce et de l'Empire Byzantin, parce que les barbares du Nord importèrent des éléments neufs qui changèrent presque complètement la civilisation latine et la civilisation byzantine.

L'architecture des premiers siècles du moyen âge, offre donc tous les caractères de l'architecture romaine dans un état avancé de dégénérescence, désignée sous le nom d'architecture romane. Nous avons vu, que les églises élevées du temps de Constantin furent les basiliques, édifices choisis par les chrétiens pour la célébration des cérémonies, lorsqu'ils abandonnèrent les catacombes et les chapelles souterraines et qu'ils purent enfin se montrer librement au grand jour. Les basiliques païennes parurent donc aux premiers évêques de Rome, tout à fait convenables pour la célébration des mystères du nouveau culte, et préférables aux temples plus spacieux qu'il leur était facile de s'approprier. Aussi les chrétiens adoptèrent-ils ces nouvelles constructions où ils rassemblaient un plus grand nombre de fidèles, et où tous participaient aux cérémonies sacrées ! Ces édifices, comme les basiliques païennes, se composaient donc des mêmes éléments : une nef, de chaque côté, une galerie collatérale. Parfois les collatéraux étaient doubles, comme cela existait dans les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul

hors les murs. Souvent aussi des galeries surmontaient ces collatéraux comme à Sainte-Agnès, à Saint-Laurent où l'on trouve également une tribune au revers du mur de face.

Au bas de la nef principale, dans le pronaos, se tenaient les cathécumènes, les pénitents qui ne pouvaient entendre qu'une partie des offices et devaient sortir au moment de la consécration. Au milieu, dans le chorus, les chantres et tous les auxiliaires qui formaient le bas clergé. A l'entrée de l'hémicycle, vers Valtarium ou sacrarium^ était placé l'autel, souvent clos sur les côtés par des murs pleins, autel qu'entouraient les diacres et les sous-diacres. Enfin, dans l'abside désignée soLis le nom de presbyterium, se tenaient les prêtres ordonnés, assis sur des bancs circulaires. Au milieu, s'élevait le consistorium^ siège plus haut réservé aux autorités épiscopales. L'assistance occupait les bas-côtés, les hommes à droite, les femmes à gauche. Mais cette conception a été souvent intervertie, suivant rorientation de la basilique. Dans les premiers siècles, le prêtre regardait l'orient au moment de la consécration. 11 devait, à ce moment, se tournant vers l'assistance, trouver les hommes à droite, c'est-à-dire vers le midi. Cependant, toute les basiliques ne furent pas orientées de la même façon. Celle de Saint-Clément et Saint-Jean-de-Latran peuvent être désignées comme deux basiliques régulièrement orientées.

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La basilique antique était souvent accompagnée, soit à rentrée, soit vers le fond, en avant du prétoire, d'une salle transversale qui devait être le chalcidicujii de Vitruve. Cette dernière, reportée vers le fond, fut rétablie à partir du v"" siècle et prit le nom de transept. Cela permit de donner au sanctuaire un emplacement plus vaste, plus isolé, et d'ajourer de trois baies, correspondant à chacune des nefs, le mur qui séparait ce transept, des nefs. Celle du milieu s'appelait arcus maximum ou triomphalis. Les ailes du transept dépassèrent souvent la largeur de l'édifice.

Les trois types bien caractéristiques se trouvent donc être : la basilique sans transept, comme Sainte-Agnès, la basilique avec transept à une seule abside, comme Sainte-Marie-Majeure et la basilique avec transept et trois absides, comme Saint-Pierre a Vincoli.

L'architecture antique de l'Italie fut bientôt modifiée par celle qui lui avait succédé en Orient, après la division de l'empire romain en empire d'Orient et d'Occident, et après que les rapports avec Byzance se furent précisés plus constants. Et l'antique Byzance était admirablement située pour réunir en un faisceau magnifique, les arts d'Orient et d'Occident. Les traditions de la Syrie, de la Perse, de l'Inde môme, sont venues s'y fondre avec celles de la Grèce et Rome, pour former un stvle des plus intéressants.

Longtemps hésitant sous les réminiscences bâtardes, grecques, romaines et syriennes, le style grec byzantin s'affirme bientôt avec son originalité tout entière, sous Justinien, alors que le christianisme triomphant impose sa loi.

Anthémius de Thrales et Isidore de Millet dépensèrent un grand talent dans l'édification de Sainte-Sophie, et portèrent au plus haut point cet art qui devait rayonner sur toute l'Europe, au vi' et au xui'' siècle.

Le plan de Sainte-Sophie semble procéder de celui de l'église des Saint-Serge et Bacchus, en rappelant surtout les vastes proportions des grandes salles voûtées des Thermes romains. Ces deux influences sont visibles et Ton sent l'intention bien marquée de combiner la forme allongée de la basilique, comme celle de Constantin, qui ressemble au Tepidariuïn des Tliermes de Caracalla, avec le système concentrique des édifices à coupoles, comme celles des Saint-Serge et Bacchus.

Ce splendide édifice, joyau de l'art byzantin, est le modèle qui s'imposait à l'Orient.

En Italie, les deux plus remarquables exemples de l'influence byzantine sont : les églises de Saint- Vital de Ravenne et de Saint-Laurent de Milan bâties dès le vi"" siècle. L'intervention des Longobards introduit dans la construction de ces églises, des éléments neufs, tels que les contreforts extérieurs très proéminents, les nervures

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saillantes dans les voûtes, les piliers entoures de colonnes, les archivoltes multiples dans les baies et le chapiteau cubique. Saint-Ambroise de Milan et Saint-Michel de Pavie, les deux principaux édifices laissés par Tart lombard, détiennent les origines de l'art roman et gothique.

C'est à Saint-Ambroise que l'on voit apparaître pour la première fois, les voûtes d'arête, le plan restant basilical. Mais un fait d'une extrême importance, c'est que la grande nef, comme les collatéraux, est couverte par une série de voûtes d'arête ; chaque travée étant assise sur des doubleaux et des piliers. C'est donc ici qu'il faudrait voir, d'après les recherches de M. de Dartein, le principe de construction qui a donné naissance h Fart gothique. Ce principe constructif, déduit d'une conception esthétique, permit dans la suite de donner plus de hauteur à la nef.

Quoique bien des édifices byzantins fussent construits dès l'époque mérovingienne, nous ne pouvons guère trouver d'exemples de ces édifices que dans le dôme d'Aix-la-Chapelle, construit par Cliarleniagne a la fin du viu'' siècle.

En même temps que le xi' siècle, commença une ère nouvelle. L'apathie, le découragement dans lesquels la fin du monde avait tenu les esprits pendant le x"" siècle, se dissipèrent bientôt pour faire place à une activité prodigieuse qui imprima une impulsion toute nouvelle aux arts et

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à la littérature, et telle que nous Ta décrite le moine Clunisien, Raoul Glaber. L'architecture surtout, érigea en de nombreux exemplaires, des édifices remarquables par leur nouveau style et leurs belles proportions. Partout en x\llemagne, dans les Gaules et dans Tltalie, on commence à renouveler le vaisseau des églises où Ton voit intervenir des solutions de construction fort intéressantes, principes fondamentaux d'oii est sorti tout entier l'art gothique. La voûte d'arête sur diagonaux indépendants et l'arc-boutant sont les assises géniales de la construction gothique. Au xii^ siècle, Togive et le plein cintre sont concurremment employés, tantôt isolément, tantôt unis dans le même édifice.

Cette renaissance, partout manifeste, montre combien cette transmission rapide et générale des principes de la nouvelle école se fit à une époque où les transformations s'accomplissaient lentement et à courte distance. Ce fait ne s'explique guère que par l'unité de puissante action et la vie forte du corps religieux aux xi' et xii*" siècles, par le grand nombre de couvents et de congrégations qui devinrent des écoles d'architecture et de sculpture. La province de Normandie fut l'endroit où s'exerça le plus de fondations d'églises et d'abbayes, dans un intervalle très court.

Les ducs et les principaux barons donnèrent l'exemple à leurs vassaux et il y eut entre eux une

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