RENAISSANCE
De même qu'au xii"" siècle, s'était formée une architecture de transition, de même on vit paraître un style mixte, résultant de la combinaison des formes romaines, avec les ornements particuliers au xv^ siècle. C'est ce style mixte, appelé archi-
tecture de la Renaissance, qui servit de modèle aux édifices bâtis par François V% modèle qui fut bientôt adopté par les seigneurs et les hauts dignitaires de rÉtat. Ceux-ci s'empressèrent de l'imiter dans la reconstitution de leurs châteaux et maisons de ville. Les bords de la Loire nous offrent une zone très riche de ces monuments. La première moitié du xvii' siècle, passage tourmenté de la féodalité expirante à la monarchie absolue, porte, comme tous les temps de transition, un caractère de souffrances sans but. Cependant, le monde moderne se développe, les nations se dessinent avec leurs intérêts nouveaux, leur existence nouvelle. La guerre, la politique, les sciences, les beaux-arts, tout se renouvelle complètement, annonciateur et inspirateur de tous ces genres qui devaient animer de leur souffle, le règne suivant.
Aristote était encore le maître absolu. Dans la science régnait une foi aveugle; un texte valait une démonstration. Le xv!!*" siècle, hardi réformateur, n'avait pas encore appliqué à la science, ridée luthérienne. Trais hommes firent à la fois une application positive et scientifique du principe qui porta Luther à réclamer le droit de contrôler l'autorité : Kepler, Galilée et surtout Bacon, le père de la philosophie expérimentale. C'est dans le peuple le plus avancé en civilisation que devait s'accomplir la révolution du libre examen dans
la science, et Descartes vint, qui fit pour la philosophie moderne, ce que Socrate avait fait pour la philosophie ancienne, en créant la méthode même de la philosophie.
Avec Corneille, Racine, lalittérature du xvii*' siècle imbue de l'admiration enthousiaste du siècle précédent pour l'antiquité, considéra les chefs-d'œuvre d'Athènes et de Rome comme le seul type du beau et abandonna les vierges chrétiennes du moyen âge pour les muses païennes. Louis XIV se trouva bientôt entouré de l'admirable cortège que Mazarin et Richelieu avaient préparé à l'heureux héritier de leurs efforts.