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TEMPS MODERNES

Le xviii^ siècle avait fait la révolution dans l'ordre politique, le xix^ siècle fit la révolution dans les lettres et dans les arts.

A cette armée de savants et de penseurs qui attachaient leurs noms à la grande encyclopédie, véritable Somme laïque, il faut ajouter la personnalité des philosophes qui imprimèrent à la pensée un nouvel essor. Vers la fin du xvm' siècle, Kant développa l'œuvre entreprise par Descartes, qui fit de la philosophie critique, la seule capable de conclure à la certitude. A la suite de Kant, Fichte Hégel, Schelling, Schopenhauer furent autant de contradicteurs éminents.

Mais il ne rentre pas dans les bornes de cette étude d'analyser l'œuvre de ces philosophes. Qu'il nous suffise de chercher dans leurs écrits les grandes pensées qui préludent au devenir possible de l'humanité et à la recherche du bonheur. Pensées qui ont toujours constitué pour eux la

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pierre d'achoppement de leur conception de l'univers.

Bien que le bonheur soit tout subjectif en soi et qu'il atteigne moins l'homme par le phénomène, que par le degré de résistance auquel il s'adresse, il y a lieu de considérer comme un pas en avant, la conception pessimiste de l'univers.

Hartmann, afin de démontrer l'impossibilité de considérer le bonheur comme le vrai but de l'existence, examine les trois stades d'illusion traversés par l'humanité.

Au premier stade, correspond l'idée de bonheur en ce monde. Au deuxième stade, correspond l'agencement d'une vie transcendante dans un autre monde ; l'humanité étant convaincue de ne pouvoir atteindre le bonheur en ce bas monde, fonda sur l'illusion amenée par la foi, une survivance éternelle. Selon Hartmann, il n'est pas douteux que « l'individualité du corps organique aussi bien que celle de la conscience, ne sont qu'une apparence qui disparaît avec la mort », et il conclut : <( Nous n'avons donc aucune difficulté à reconnaître que l'espérance d une survivance individuelle de l'âme n'est encore qu'une illusion. »

Dans le troisième stade, l'humanité, désillusionnée sur la possibilité d'atteindre le bonheur en ce monde ou dans un autre, admet la réalité du monde dans les temps futurs du processus

cosmique, mais, selon Hartmann, c'est là une erreur, et il assure que : « les progrès scientifiques ne contribuent que peu ou pas du tout, au bonheur du monde au point de vue théorique. Au point de vue pratique, ces progrès servent au profit de la vie politique, de la vie sociale, de la morale et de la technique. »

Et il arrive h conclure, en ce qui concerne la destinée de l'homme, que c'est : «l'abandon complet de l'individualité au processus cosmique, pour que celui-ci puisse atteindre à son but, qui est la délivrance générale du monde. »

Pour Fichte « la fm de nos actions est de faire régner la raison dans le monde sensible. Ces actions supposent le monde phénoménal où elles se développent, mais par la loi morale, nous appartenons au monde intelligible.

Les consciences individuelles en tant qu'elles connaissent cette loi, ne sont que la conscience divine elle-même, et comme elles ont toutes la même fin, la vertu et l'oubli de soi-même comme individu, dans l'intérêt et pour le salut de chacun, nous devons tous, dans la mesure de nos forces, travailler à l'œuvre d'amélioration de tous, au triomphe de la raison, au règne de la liberté. I] semble que l'Allemagne philosophique ait accepté les idées panthéistiques auxquelles se rattache l'idée générale d'une absorption dans un grand tout, de toutes les consciences individuelles. L'Al-

lemagne contemporaine, paraît vouloir se détacher des systèmes métaphysiques, pour s'attacher aux recherches de psychologie physiologique.

L'école anglaise, sous l'influence de la philosophie kantienne d'une part, et du positivisme français d'autre part, a fourni de grands développements à l'empirisme. Stuart Mill, Spencer, en sont les principaux protagonistes. Spencer établit une hiérarchie des principes, genre d'activité, d'après un ordre décroissant de nécessités. Au premier rang, il met « l'activité qui concourt directement à la conservation de l'individu ». Au deuxième, (( celle qui pourvoyant aux besoins de l'existence, contribue directement à sa conservation ». Au troisième, « l'activité employée à élever et à discipliner la jeune famille ». Au quatrième, « celle qui assure le maintien de l'ordre social et des relations politiques ». Au cinquième, <( l'activité du genre varié employée à remplir les loisirs de l'existence, c'est-à-dire à satisfaire les goûts et les sentiments ».

Partout il soutient la doctrine de l'évolution, suivant laquelle tout se ferait de rien à l'origine, par un progrès continu à travers une durée illimitée.

En moral, il enseigne que l'évolution amènera d'elle-même la transformation graduelle de l'égoïsme en altruisme, c'est-à-dire, en réalité, une conciliation des contradictoires.

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Cette doctrine de révolution s'élevait du reste sur d'admirables bases fournies par Darwin. Les découvertes relatives aux variations des espèces sous Finfluence de la concurrence vitale, et les lois de la sélection qui en résultent, contribuèrent pour beaucoup à l'élaboration de cette doctrine.

En France, à l'école traditionaliste représentée par de Bonald et Lamennais, succède bientôt le socialisme avec Saint-Simon, Fourier, Proudhon.

Ce dernier, dans son livre de la création de l'ordre dans l'humanité, « considère la religion comme une forme symbolique et préparatoire : la philosophie comme une élaboration sans spécialité, la logique métaphysique qui, seule, peut créer la science qui, seule, peut créer l'ordre dans l'humanité.

Se rattachant à ces derniers, une doctrine nouvelle, le positivisme, se fonde avec Auguste Comte.

L'idée mère du positivisme c'est que la science doit s'abstenir de toute recherche sur les causes premières et sur Fessence des choses ; elle ne connaît que des enchaînements de phénomènes, et ce qui est au delà n'est que conception subjective de l'esprit, objet de sentiment, de foi personnelle, non de science.

Voulant ouvrir aux humbles les vastes horizons de la pensée et du sentiment, Comte professait un cours d'astronomie populaire, à seule fin, disait-il, d'arracher à la terre et au souci de l'intérêt quotidien, les pauvres d'esprit qui venaient l'entendre.

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La loi des trois états est le premier de ces dogmes, celui auquel se rattache tout le comtisme. Voici en quoi elle consiste : Les hommes ont d'abord cherché dans une intervention surnaturelle, la raison du phénomène qui frappait leurs regards. Ensuite cet abus du divin lassant leurs intelligences, ils ont substitué des entités, sortes d'idées générales, dans lesquelles se résumaient les phénomènes, mais que la pensée qui les avait formées, personnifiait et prenait, dupe d'elle-même, pour des réalités et des causes. Enfin ils arrivaient à expliquer les faits par les faits et à se contenter de ce peu, qui vaut mieux pour l'esprit éveillé que tous les trésors de ces rêves : « Une loi ».

La succession de ces trois états sont : l'état théologique, l'état métaphysique et l'état positif.

La deuxième pensée de Comte, est sa classification des sciences. Selon lai, six sciences représentent tout le savoir humain : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie, enfin la sociologie dont Comte se prétend l'inventeur. Leur ordre est celui d'une généralité décroissante.

Donc, en résumé, la loi des trois états, la classification des sciences et la constitution de la sociologie, telles sont les grandes lignes du positivisme.

Et l'éducation positiviste prend pour devise : (( la science pour moyen et l'humanité pour

but ». (( Ce que le positivisme peut produire avant tout, c'est de limiter la fm et de limiter les moyens pour atteindre à cette fin. » En considérant dans son ensemble, dit Comte, le développement effectif de Tesprit humain, on voit que les différentes sciences ont été, dans le fait, perfectionnées en même temps et mutuellement. On voit même que les progrès des sciences et ceux des arts ont dépendu les uns des autres, par d'innombrables influences réciproques, et que tous ont concouru au développement moral des sociétés. L'auteur du catéchisme positiviste donne des religions la définition suivante : « Les religions consistent à régler chaque nature individuelle et h rallier toutes les individualités. » Cette définition paraît bien pauvre, en regard de cette haute pensée formulée par Pasteur.

(( Il faut, disait ce dernier, un lien spirituel à Fhumanité, autrement il n'y aurait dans la société que des familles isolées, des hordes, et point de sociétés véritables. » Et il ajoutait : « Ce lien ne saurait être ailleurs que dans la notion supérieure de l'infini, parce que ce lien spirituel doit être associé aux mystères du monde. »

Guyau espère qu'avec le progrès de l'évolution, il se produira quelque chose comme un accouplement de consciences individuelles, en un tout entier et uni. Dès lors il est permis de se demander, dit-il, si les consciences, en se pénétrant, ne

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pourront un jour se continuer l'une dans lautre, se communiquer une durée nouvelle.

Dans cette supposition, Guyau se transporte : « Vers cette époque problématique, quoique non contradictoire pour l'esprit, où les consciences, arrivées toutes ensemble a un degré de complexité et d'unité interne, pourraient se pénétrer beaucoup plus intimement qu'aujourd'hui, sans qu'aucune d'elles disparût par cette pénétration » . D'après cette hypothèse le problème serait d'être tout à la fois assez aimant et assez aimé pour vivre et survivre en autrui.

Nous avons étudié précédemment l'évolution des peuples en général et de la France en particulier, nous avons vu le développement des trois grandes puissances qui, alternativement, firent la loi au monde. La puissance religieuse avait concentré dans le temple tout son effort constructif. Ensuite la monarchie, avec des besoins bien différents, avait fait de ces châteaux, des demeures splendides où elle enfermait sa puissance. Enfin la bourgeoisie, qui eut sous la Révolution son âge héroïque, n'eut plus, au cours du xix*" siècle, qu'une idée, à laquelle elle se consacra tout entière, s'enrichir afin de pouvoir jouir. Les arts furent étranglés entre les mains des spéculateurs.

Les efforts individuels, exaspérés par cette obstruction, n'en ont pas moins été très sincères et très efficaces. De nouvelles harmonies ont été trouvées, les différentes secousses qui imprimèrent aux lettres et surtout aux sociétés pendant le xix"" siècle une si formidable poussée, ont amené les arts majeurs à une nouvelle renaissance. Bien que l'architecture monumentale reste muette depuis un siècle, il y a tout lieu de croire qu'elle va bientôt se réveiller de sa torpeur.

La société actuelle n'ayant pas de besoins moraux immédiats à satisfaire, les progrès se manifestant dans la science plutôt que dans l'art, tout conspire à un étouffement complet de l'architecture : l'évolution de la société s'accomplira suivant de nouvelles bases. A de nouveaux besoins correspondront de nouvelles formes. D'ailleurs, depuis dix siècles, les artistes français travaillent à restreindre de plus en plus la part du sentiment pour élargir d'autant celle de la pensée, fidèles en cela à leur mission, qui est de faire prévaloir un certain genre de vérité. Tous les monuments qui aux différentes époques ont enclos les grandes conceptions hundaines, que ce soit Dieu ou humanité, religion ou patrie, n'ont tous eu d'autre but. Aussi l'architecture destinée à extérioriser l'un de ses sentiments dominants, n'ayant plus à manifester par la forme l'idée absente, perd pied et

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entraîne dans sa chute les autres arts qui lui sont invariablement attachés.

Pour l'instant, le mouvement intellectuel se retire de l'église et travaille à instaurer une religion humanitaire, qui n'a pas encore pris sa forme sociale, mais qui cependant sollicite l'architecture à des tâches nouvelles par sa conception neuve. C'est bien ce culte humanitaire que l'architecture aura à transcrire dans son caractère idéal, cherchant, non pas à rendre l'abstraction des dogmes, mais bien à créer un certain état d'âme correspondant à ce nouveau besoin d'idéal, spiritualisant de plus en plus la forme, transformant la quantité en qualité, la matière en esprit, adaptant ainsi sa fonction aux termes de l'évolution présente.

De plus, nous assisterons à une rénovation complète de l'idéation en architecture.

Car n'ayant pas à livrer une contre-épreuve, l'art cherchera, tout en procédant de la nature, à y introduire de nouvelles conceptions. Il est bien certain que l'imitation, si parfaite soit-elle, n'a pas d'âme, qu'elle n'est qu'une contrefaçon cadavérique de la vie, qu'elle n'a donc plus aucun sens. Sans cela les cires modelées dans les musées de curiosités, ainsi que les moyens mécaniques, tels que la photographie en couleur, seraient le dernier cri de l'art. Or, quand un artiste figure un objet quelconque, soit avec ses formes, soit avec des couleurs, il rend avant tout <( son émotion »,

c'est-à-dire ce qu'il a ressenti devant cet objet; il en reconnaît le mystère et il le définit. L'art, a dit François Bacon, est (( l'homme ajouté à la nature». La tâche qui est dévolue à la peinture et à la sculpture de renouveler les formes en les idéalisant, c'est-à-dire en introduisant un élément qualitatif nouveau, est déjà très grande. Autrement vastes seront les conceptions de l'architecture qui, n'ayant à rendre aucune des formes naturelles, amplifieront et exhausseront au contact de la pensée, leurs nouvelles tendances. Pour l'instant le rationalisme en art, fils du libre examen, semble vouloir délimiter à l'utile, l'ensemble des productions artistiques. A chaque modèle créé, l'utilitarisme adapte la formule : A quoi cela sert-il? Si la réponse n'est pas suffisamment convaincante, dédaigneusement le modèle est rejeté. Ce protestantisme en art ne peut guère s'accorder aux conceptions du beau esthétique, attendu que l'adaptation exacte du contenu au contenant n'est pas le seul élément qui entre en cause. Ce n'est là que la réalisation d'un problème économique où l'art n'a rien à voir, puisqu'ici c'est le minimum de matière exigible pour un rendement maximum qui solutionne d'une façon certaine le problème ainsi posé. L'industriel peut, dans ces conditions, se passer parfaitement de l'artiste. Il s'essaie même à proclamer une mort prochaine de l'art, qui n'ose accepter dans ce conflit une place prépondérante.

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Bien plus complexes sont les lois chargées de circonscrire en sa forme usuelle, l'objet à animer d'un souffle enclianteur. L'adaptation de la forme à Fobjet s'exprime, il est vrai, suivant certains désirs de convenance, de simplicité et surtout de sincérité, mais il lui faut avant tout respecter les ambiances. Un objet n'est jamais seul, il s'apparie toujours à d autres objets qui en déterminent la fonction bien spécialisée et faut-il, à ce sujet, rappeler la conception de Kant, appliquée au beau? « Le beau cause une satisfaction libre de tout intérêt. Se distinguant par là de l'utile et de l'agréable, il est ce qui plaît universellement sans concept. » Il se distingue donc essentiellement de l'utile et de l'agréable, et le jugement esthétique est indépendant de toute considération de fin ou d'utilité. La beauté étant toujours, d'après Kant, « la forme de la finalité d'un objet, en tant qu'elle y est perçue sans représentation de fin ».

Voici, h n'en pas douter, une frontière irréductible en deçà de laquelle on ne trouvera que mensonge et hypocrisie. Il faudrait à jamais dissiper ces malentendus à l'abri desquels se fondent de nombreuses chapelles, dont chacune se prévaut d'une étiquette et d'un maintien.

L'époque actuelle a créé des nécessités, des besoins qui dérivent les intelligences des grandes voies de la connaissance, vers un snobisme mesquin.

Au milieu de ces besoins multiples que la science appliquée prodigue à nos activités, la bourgeoisie dans son besoin immédiat de jouissance n'a pas su tirer tout le parti que de nombreux essais fragmentaires suscitaient de toute part. Son sybaritisme s'est accoutumé aux douceurs et aux mollesses. Aussi Teffort d'art est-il presque nul! Et l'artiste obéissant en cela au goût bourgeois se contente de similis : simili pierre, simili bronze, simili bois. Tout est faux, tout est criard et tapageur, et le bourgeois de la fin du xix" siècle a résolu ce problème fantastique de se procurer à bon compte des maisons soi-disant fastueuses oii des mobiliers étonnants et éphémères, viennent heurter dans un faux goût de bric à brac toute la fadeur des copies inspirées aux grandes époques. Le malaise général, pour couper court à cet envahissement des siècles passés, se convertit en harmonies nouvelles. Ces harmonies n'ont pas toujours été d'un goût parfait, elles avaient du moins le mérite de réagir, par un emploi plus sévère de la matière, contre tout ce luxe faux et canaille.

Nous assistons dès maintenant à l'avènement du nombre et partant de la force. C'est actuellement le peuple qui attend de l'art, la consécration matérialisée des sentiments qu'il contient en puissance. Là est la vérité esthétique d'aujourd'hui, réalisable demain quand seroiit résolues les grandes

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questions économiques qui étreignent encore les peuples, plus conscients de leurs efforts et plus dégagés des obscurités ataviques. C'est en dehors de la religion révélée, où s'exaltait autrefois sa fonction créatrice que le sentiment de l'infini doit trouver sa forme. C'est dans la pensée et dans la vertu qu'il puisera toute sa force d'expression. Pour l'instant, ce culte neuf remplit nos carrefours de ses divinités. Pas le plus petit hameau de France qui n'ait son ou ses dieux issus du sol natal. Il est de toute évidence de penser que c'est du sein de l'avènement démocratique de toutes ces consciences admirables, que surgira le temple majestueux, où s'inscriront en mémoire des travaux éblouissants qui ont développé dans tous les sens l'activité intellectuelle, l'apothéotique grandeur des penseurs.

A côté des lois sociales qui établissent pour les habitants d'un même pays, plus d'équité, à côté des travaux scientifiques qui créent des activités nouvelles aux prises avec les applications pratiques, il se trouve des philosophes, des artistes, des poètes qui déterminent Tascension des peuples vers des destinées unitaires. En développant rhomme également dans tous les sens, en le détachant de toutes les tares de milieu ou d'hérédité, en muant en harmonie, les désharmonies de la nature, la science accomplit de grandes merveilles et force l'homme, s'il ne veut retourner à l'état

de bestialité, à se constituer en nature intégrale et la morale naturelle saura limiter les erreurs de milieu pour bientôt les surpasser. En affranchissant l'humanité, elle affirmera de plus en plus la Liberté et la Justice.

L'art de la collectivité, n'ayant pas encore reçu d'impulsion dans la traduction immédiate des besoins moraux de la foule, attend des artistes eux-mêmes les conceptions nouvelles où le peuple puisse démêler le sentiment grandiose où toujours il désaltéra sa soif de beauté et d'infini, en des monuments adaptés à ce besoin.

Ce sont donc ces monuments informulés que le peuple attend de ses penseurs et de ses artistes. C'est à leur réalisation que doivent tendre tous nos efforts.

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