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» madetnoîselie Lespinasse lui firent concevoir le » projet de sortir de la médiocrité où elle craignait )) de rester: Il lui parut possible que dans le nombre » de ses amis, et même des plus distingués, quel- » qu'un fût assez épris d'elle pour vouloir l'épouser. » Cette ambitieuse espérance , plus d'une fois trom- » pée, ne la rebutait point ; elle changeait d'objet , » toujours plus exaltée et si vive qu'on l'aurait prise » pour l'enivrement de l'amour. Par exemple, elle » fut un temps si éperdument éprise de ce qu'elle ap- » pelait l'héroïsme et le génie de Guibert , que dans » l'art militaire et le talent d^écrire elle ne voyait rien » de comparable à lui. Celui-là, cependant, lui échap- » pa comme les autres ; alors ce fut à la conquête du » marquis de Mora jeune 'Espagnol, d'une haute » naissance , qu'elle crut pouvoir aspirer. »
Vous dtniez aujourd'hui chez la Popelinière.
M. de la Popeliniire n'était pas le plus riche financier de son temps, mais il en était le plus généreux. Marmontel , admis dans sa société , y rencontra les artistes les plus célèbres. Rameau, Latour, Carie Yanloo, etc. C'était avec de tels hôtes que M. de la Popelinière aimait à se distraire de ses chagrins domestiques. Peu de maris en ont éprouvé d'aussi cuisants. « Vivons ensemble , disait -il à Marmontel , et laissez là, croyez-moi, ce monde qui vous a séduit comme il m'avait séduit moi-même. Qu'en attendezvous ? Des protecteurs ? Âh ! si vous saviez comme tous ces gens-là protègent? De la fortune? Eh ! n'en ai-je pas assez pour nous deux? Je n'ai point d'en-
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fants, et, grâces au ciel, je n'en anrai jamais. Soyez tranquille et ne nous quittons psus : car je sens tous les jours que vous m'êtes plus nécessaire. »
Jamais, suivant Marmontel , jamais bourgeois n'a mieux vécu en prince , et les princes venaient jouir de ses plaisirs. A son théâtre, car il en avait un, on ne jouait que des comédies de sa façon , et dont les acteurs étaient pris dans sa société. Ces comédies étalent d'assez bon goût et assez bien écrites pour qu'il n'y eût pas une complaisance excessive à les applaudir. Le succès en était d'autant plus assuré , que le spectacle était toujours suivi d'un souper splendide.
^PAGE 39, VERS âd.
Moins altier, mais plus sage, un poète autrefois.
C'est Dufresny . Le Sage, dans son Diable Boiteux^ fait allusion à ce mariage : ,<c Je veux envoyer, dit-il, » aux Petites-Maisons un vieux garçon de bonne fa- » mille , lequel n'a pas plutôt un ducat , qu'il le dé- » pense , et qui , ne pouvant se passer d'espèces , est » capable de tout faire pour en avoir. 11 y a quinze » jours que sa blanchisseuse , à qui il devait trente » pistoles , vint les lui demander, en disant qu'elle en i> avait besoin pour se marier à un valet de chambre » qui la recherchait : Tu as donc d'autre argent, » lui dit-il , car où est le valet de chambre qui vou" » drait devenir ton mari pour trente pistoles? — » Hé! mais, répondit-elle, foi encore outre cela » deux cents ducats. — Deux cents ducats! répli- » qua-t-il avec émotion. Peste ! tu nas qu'à me les » donner d moi, je f épouse et nous voilà quitte à
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» quitte; et la blanchisseuse est devenue sa femme. » Dufresny passait pour petit-fils de Henri IV.
*®PAGE 43, YERS 24.
Lorsque deux Champenois.
Dans Torigine , nous ne connaissions qu'un seul Champenois; mais, après de pénibles recherches, nous sommes parvenus à découvrir qu'il en existait un second. Le public, qui se contente de s'instruire et de s'amuser en lisant leurs Lettres mordantes, s'embarrasse fort peu de cette découverte ; mais elle sera très utile à tous les savants qui s'occupent de l'histoire littéraire, et notamment à M. Barbier, auteur du Dictionnaire des Anonymes et Pseudo^ nymes,
P. S. Au moment où nous écrivons cette note , un troisième Champenois se présente dans l'arène et vient de publier, à Gh&lons , un supplément aux Lettres publiées à Paris.