MANIERES DE DONNER LA VALEUR
Vous savez ou, du moins, il dépend de vous de savoir bientôt à quels mots appartient la valeur; mais comment la manifester? Il s'agit de les faire contraster avec les mots qui les entourent. Mais comment encore? Cela dépend de l'idée, du sentiment. Tout d'abord, dites la phrase qui contient le mot ou les mots prépondérants, et demandez-vous : c Est ce bien ainsi que je parlerais? »
Quelques remarques.
1» Ah ! son image est là vivante devant moi, comme dans les premiers jours de son allégresse et de sa joie.
E. PoB, Bérénice.
Vous appuyez, n*est-ce pas? sur vivante; vous posez bien Taccent ionique sur le mot (ici, sur la seconde syllabe). Parfois donc, souvent, voilà en quoi consiste la façon de donner la valeur.
Que MESifE ton repos enfante quelque fruict.
Agrippa d'Aubioré, les Tragiques,
Bien moins souvent, sur des mots où Ton veut insister, on met un accent tonique sur chaque syllabe, que Ton détache. C^est ainsi que don Salluste, ce démon de Tintrigue, peut dire à Ruy Blas :
Je vous l'ai déjà dit et je vous le répète,
je; veux- VO: TREi BO: NHEUR.
â"" Parfois, vous ralentissez :
Les marronniers du parc et les chênes antiques Se berçaient doucement sous leurs rameaux en pleurs.
Musset, Lucie,
Tu connaissais le monde, et la foule, et Tenvie, Et, dans ce corps brisé concentrant ton génie, Tu regardais aussi la malibran mourir.
MussBT, à la Malibran,
3*" Parfois, vous baissez le ton :
Sur les lis refleuris de sa gorge féconde, La Vénus du bassin ramène son bras blanc, Et son geste, à la fois auguste et nonchalant, Atteste la jeunesse éternelle du monde.
Jean Tribaldy, Musique de chambre.
4^ Parfois vous augmentez le volume. En s'adre^sant à Oreste, après le meurtre de Pyrrhus, Hermione peut donner aux mots de valeur toute une intensité vocale :