Réflexions sur Lekain et sur VArt théâtrat
238 l'bxprbssion
Écoutez M. Gustave Larroumei :
« La matière première sur laquelle Naig^eon a opéré est une courte dissertation, un simple article, comme nous dirions aujourd'hui, écrit par Diderot en 1770 et par lui envoyé à son ami Grimm, qui en faisait deux lettres pour sa Correspondance. Cet article, écrit de verve et d'un seul jet, d'une forme vive et d'une logique serrée, avait été inspiré à Diderot par un petit livre sur l'art théâtral, qui venait de paraître en ce moment-là, un petit livre qui n'était pas bon et que le philosophe, tout impulsif et spontané, avait éprouvé le besoin de réfuter en quelques pages. On trouvera cet article dans les œuvres de Diderot sous le simple titre d'Observations sur Part du comédien^, *
« De cet article, Naigeon s'empare pour en changer l'esprit et la forme, pour le gonfler moitié par un délayage de son cru, moitié par une quantité de petits plagiats. 11 en gâte la pensée et le style, il en fait le plus incohérent mélange d'idées et d'anecdotes, un centon souvent inintelligible; il inscrit en tête de son travail le titre de Paradoxe sur le Comédien^ le met au net, garde par devers lui sa minute — celle-là même qu'a retrouvée M. Dupuy — et envoie la copie à Saint-Pétersbourg, où elle est encore, et où Dugour-Gourof en a tiré une seconde copie, pour la livrer en 1830 à l'admiration des critiques français *. »
Quant à cette opinion que l'acteur doit rester insensible, opinion contenue dans l'article que discute
1. Titre exact : Observations sur une brochure intitulée Garrick ou les Acteurs anglais (t. VIII de Tédition Garnier).