‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 159 sur 176 · CHAPITRE III L'IDÉE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III L'IDÉE

Nous n'avons pas à envisager Tari de composer un discours. Nos conseils àTorateur pourraient être inliiulés : En marge de la rhétorique.

Saisissons toutefois l'occasion de répéter après tant d'autres qu'il est de première importance de diviser très nettement l'ensemble des idées x}u'on doit émettre. Renan attribuait surtout sa clarté d'écrivain à l'art qu'il avait de diviser sa pensée.

Vous savez la division classique, cette succession de six groupes nommés parties du discours : exorde, proposition, narration, preuve ou confirmation, réfutation, péroraison.

Cette division et cet ordre sont parfois très logiques. Mais on peut fort bien, on doit même, selon les circonstances, changer l'ordre des parties, et aucune n est essentielle.

Un exemple entre cent mille. Dans son discours du 21 janvier 1901, M. de Mun entre ainsi dans la question des associations religieuses :

La nature du sujet, me condamnant à retenir un peu plus ongtemps que je ne le voudrais l'attention de la Chambre, a lui demande la permission, pour éviter des longueurs

inuliles, de lui épargner un exorde superflu entre nous, et d'aller droit au fait, c'est-à-dire aux deux accusations par lesquelles on cherche à justifier les mesures proposées contre les congrégations : le péril économique qui résulte, dit-on, de l'état et de la nature de leurs propriétés, et le péril politique qui naît de leur existence même et de l'enseignement que certaines d'entre elles donnent à la jeunesse.

Mais il y a d'autres sections que celles qui portent particulièrement le nom de parties du discours : elles ont rapport aux différents sujets. Remarquez que le grand orateur catholique annonce qu'il va partager son discours en deux branches principales. A leur tour, elles se ramifieront d'après un plan nettement tracé.

Division et subdivision, voilà ce que vous devez surtout vous rappeler.

Une bonne précaution est de consulter de temps à autre un mémento. Aussi bien est-il permis de recourir à des notes plus ou moins nombreuses. En lisant, on perd de son action sur l'auditoire; mais tout vaut mieux que de s'embarrasser dans un raisonnement ou de rester coi.

Pour s'habituer au public, il est bon de lire entièrement son discours, sa conférence. Mais plus Ton se sent maître de soi, plus l'on doit renoncer au secours du papier. Les lecteurs occupent vraiment trop le siège destiné aux causeurs.

Vous avez renoncé aux notes, et vous voici devant le public.

Tout d'abord, recueillez-vous. Vous n'avez pas à parler tout de suite. Revoyez en vous-même les grandes sections et pensez particulièrement à la première. Ce premier groupe d'idées une fois émis,

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