‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 48 sur 176 · QUANTITÉ · texte numérisé non relu

QUANTITÉ

Relativement à d'autres langues, comme le grec et le latin, les longues et les brèves se distinguent si peu dans la nôtre qu'on a prétendu qu'elles ne se distinguent pas du tout. On a ainsi nié un fait vérifiable.

Mais en classant rigoureusement les syllabes en longues et en brèves, grammairiens et professeurs de diction nous paraissent établir une théorie peu conforme à la réalité. Par parenthèse, toute syllabe peut-elle conserver sa longueur ou sa brièveté relativement aux syllabes voisines dans toutes les circonstances où Ton s'en sert, alors que l'expression des sentiments exige tant de variété dans le débit? Toujours est-il que les syllabes moyennes, disons douteuses, sont en forte majorité dans notre langue.

Les grands dictionnaires se gardent bien de noter la prononciation au point de vue de la quantité. Celui ^ de Hatzfeld et Darmesteter fait seul exception. C'est ( la classification de ces profonds linguistes que nous croyons devoir généralement adopter.

Malheureusement, ils ne donnent que cinq règles, les premières beaucoup trop absolues. On ne peut se faire une entière idée de leur système qu'après avoir patiemment fouillé dans leurs deux volumes. Voici les cinq règles :

« En général, les voyelles pures sont longues quand elles sont suivies, dans la même syllabe*, d'une con-

i. Pour Hatzfeld et Darmesteter, Ve dit muet Test réellement, du moins toujours à la fln des mots. Ils considèrent donc vague, par exemple, comme un monosyllabe : vag\

sonne douce*; elles sont brèves quand la consonne est forte > ; dans les autres cas, elles sont moyennes. Les voyelles nasales sont longues quand elles sont suivies d'une consonne qui se prononce; elles sont moyennes dans les cas contraires; elles ne sont jamais brèves. »

Donnons les sortes de règles particulières que nous ont fournies nos recherches.

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