‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 51 sur 176 · MOYENNES · texte numérisé non relu

MOYENNES

Légions et légions. Le fait qu'une voyelle est grave ne la rend pas plus moyenne qu'elle n'empêche qu'elle le soit, et, bien entendu, le fait qu'elle est moyenne ne la rend pas plus grave qu'elle n'empêche qu'elle le soit. •

1® Moyennes, toutes les voyelles finales qui ne sont pas l'a sourd (improprement appelé muet) : opéra, blé, mai, feu, ami, duo, nu.

2*^ Au, placé n'importe où, pourvu qu'il ne s'appuie pas à une syllabe féminine finale : autour, daurade, beauté, applaudir, hameau. Plus long dans beauté que dans hameau.

3° Toutes les voyelles suivies d'une consonne finale inarticulée : bas, appât, clef, aimer, arrêt, je dis, habit, lot, flux, et, par conséquent, toutes les voyelles der-

LA PROSODIE 8d

ilières et non sourdes auxquelles s'ajoute Ys du pluriel : sentiers cachés,

A^ Toutes les voyelles suivies d'une consonne finale articulée et douce : nabab, Joad, Alfred, cid, bal, sel, glaïeul, col, nul.

5* Toutes les voyelles suivies de toute autre syllabe que la finale féminine : par exemple, dans la première syllabe de habit, créeVy degré, hoir, écume. Même les voyelles graves : bâton^ extSisier, gazer, seizième, rôtir. Toutefois, celles de bâton, extsisier, nous semblent plus longues que d'autres moyennes.

6** Toutes les voyelles devant Tr (simple ou redoublée) suivie de toute autre lettre que Te sourd final : garage, barrer, mairie, naturel, barbCy berceau, circuit, ordre.

7^ Les syllabes finales sourdes et douces rendent très souvent moyennes les voyelles qui les précèdent : syllabe, lobe, scribe, cube; aimable, faible, cible^ noble, sa lubie; balle, cathédrale, stèle, habile, foule; fade, tiéde^ cupide, ode; nage, tige, loge; bagne, signe, besogne, répugne; bague, gigue, églogue, fugue; lame, infime, homme, rhume; cabane, mine, couronne, dune. Quelquesuns de ces mots {aimable, lige, besogne, par exemple) sont considérés par HatzTeld comme ayant une pénultième longue. Incontestablement, nous nous trouvons en présence de syllabes plus allongées que d'autres moyennes.

8** Les voyelles sont parfois moyennes devant des finales féminines à consonne diphtongue dont ïr adoucit l'articulation forte : mettre, offre, soufre. Dans spectre, la consonne forte c n'empêche pas la voyelle d'être moyenne, Vr et Ve final sourd conservant leur influence.

9^ Moyennes enfin, toutes les nasales que ne suit pas

une consonne articulée : talisman, parent^ jonc^ et aussi les nasales précédant la consonne d'une syllabe autre que la finale féminine : manteau, évincer, émonder.

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