DEVOIR DE L'ÉLÈVE
fesseur, parfois sans autre témoin que soi-même, à faire ce qu'on doit faire, débarrassez -vous-en au plus tôt. En commençant Tétude d'un art, vous avez le droit absolu d'ignorer comment mettre en pratique ses plus simples notions. Vos fautes, vos maladresses ne peuvent surprendre votre professeur. Pour peu qu'il ait de l'expérience, il en a constaté bien d'autres. Et vous, ne trouvez ridicule aucun exercice de diction ou de mimique dès lors que vous en concevez l'utilité.
Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, sachez la raison qui vous oblige à le dire, à le faire de telle ou telle façon. N'acceptez d'un professeur que ce que vous avez examiné, compris.
Nous allons étudier d'abord la partie la plus mécanique de la diction. Je ferai tout mon possible pour vous épargner l'ennui qu'on y peut éprouver. De votre côté, dites-vous bien que tout art réclame des travaux d'un médiocre intérêt par eux-mêmes.
Compter des syllabes sur les doigts n'exalte pas l'imagination; mais, par ce procédé, le poète apprend à parler la langue divine.
Quand nous arriverons à l'étude de l'expression, vous aurez pleinement à exercer votre intelligence C'est surtout alors que, dans un enseignement oral, je vous prierais, tout en vous aidant de mon mieux, de trouver la vérité par vous-même, dans vous-même. En art comme en morale, méditons cette maxime de Dostoïewrski (dans Crime et Châtiment) : « Mieux vaut pour chacun de nous mentir de sa façon que répéter la vérité d'un autre. Dans le premier cas, tu es un homme; dans le second, un perroquet ».