‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 83 sur 176 · AUTRES PHRASES, PLUS OU MOINS FAMILIERES · texte numérisé non relu

AUTRES PHRASES, PLUS OU MOINS FAMILIERES

Continuons à chercher à la fois l'inflexion, le mouvement, le volume vocal, — en un mot, tout ce qui concourt à l'expression .

Dites :

A la bonne heure! rions, chantons!

C'est, n'est-ce pas? de la joie vive, jeune, bruyante. Donc, le ton plus ou moins élevé, l'inflexion presque

l'abt de dire. 10

chantante, le mouvement alerte, la voix plutôt forte. de la valeur à rionsy à chantons.

Mais dites :

Hélas I quelle misère que la vie !

Changement complet, n'est-il pas vrai? Une tristesse plus ou moins amère. La voix plutôt faible, le ton plutôt bas, rinflexion tombant après misère^ mot de valeur.

Nous étudierons particulièrement le mot de valeur. Sans vous en inquiéter outre mesure, tâchez de le découvrir. L'inflexion en dépend en partie.

Je vous laisse aller tout seul. Pour tous les sentiments suivants, essayez de trouver Texpression que vous leur donneriez dans des circonstances réelles :

Commandement, prière :

Allons! venez ici, et tout de suite encore.

De grâce, je vous supplie de m^écouter.

Pitléy cruauté ;

Pauvre mignonne ! souffrir h cet âge !

Tant pis ! qu^il crève comme un chien I

Foiy doute :

Je crois au Progrès comme à la lumière du jour. Euh ! euh ! qui peut savoir ce qui existe ?

Orgueil^ humilité :

Je suis le maître, le maître absolu.

Que sommes-nous, comparés à de tels hommes?

Affection^ haine :

Je vous aime de tout mon cœur.

Je l'exécrais vivant; j'exècre sa mémoire.

ÉTUDE PRiPARATOIRE 147

Ii&c[uiétude, insouciance :

Oh ! voyez-vous, c'est pour moi une obsession ^ Ah! la la! ce que je m'en moque!...

Respect, mépris :

C'est l'homme que je vénère le plus.

Fi! l'ignoble drôle!

R^^olte, résignation :

Ah! mais non! je ne me laisserai pas faire Advienne que pourra! je m'attends à tout,

A-dmiration, horreur :

Dieu, que c'est beau !

Pouah! quelle ordure!

Courage, peur :

Qu'ils soient dix ou vingt, je les attends de pied ferme. Mais ne voyez-vous pas que notre vie est en danger?

Jouissance, soufflrance s

Le délicieux parfum !

Aïe ! vous me faites mal.

Colère, réflexion ;

Mille tonnerres! allez-vous me laisser la paix? Examinons bien le pour et le contre.

Ironie, gravité :

Je ne comprends pas : c'est du génie.

Je vous jure que je parle très sérieusement.

Volonté, faiblesse :

Je travaillerai jour et nuit, dussè-je succomber à la

tâche.

Je n'ai plus la force de lutter.

Ressentiment, miséricorde :

Je vous réponds qu'il le paiera cher»

Pauvres gens ! comment leur en voudrais-je encore ?

Angoisse, soulagement :

Mon Dieu, que va-t-il arriver?

Enfin 1 plus rien à craindre.

Franchise, hypocrisie :

Je vous dis carrément ce que je pense.

Pour tout Tor du monde, je ne voudrais pas vous déplaire.

Désir, renoncement :

. Ohl si je pouvais l'avoir!...

Bah! à quoi bon le moindre effort?

Triomphe, défaite ;

Je suis au comble de mes vœux.

J'ai tout perdu, même Thonneur.

Altruisme, égolsme :

Prenez, prenez : il m'en restera toujours assez.

Que m'importent les auti^es! Moi, je n'en souffre pas.

Patience, impatience :

Quand vous voudrez : rien ne presse. Dépêchez-vous : nous n'avons pas une seconde à perdre.

Menace, promesse :

Si vous continuez, gare à vous!

Tout ce que j'ai, je te le donnerai.

Étonnement, indifférence :

Gomment! c'est vous? c'est bien vous?

Bien. C'était prévu.

Excitation, apaisement :

Ferme 1 hardi ! encore un coup de collier !

Chut! chut! tenez- vous tranquille.

Remords, inconscience :

Jour et nuit, je me demande pourquoi, comment j'ai

fait cela.

Eh bien! quoi? Je le referais si c'était à refaire.

B^spoir, désespoir :

Oui, tout me dit que je parviendrai.

Il ne me reste qu'à mourir.

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