L INFLEXION
7iatiircllement,
je lui tendais les mains pourTenibrasser.... Mais, changement subit, effroyable,
Mais je n'ai plus trouvé | qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange, Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux, | Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. || Nouveau changement, mais alors c^uel doux spectacle! Figurez-vous que
Dans ce désordre ] à mes yeux se présente Un jeune enfant \ couvert d'une robe éclatante, vous savez bien?
Tel qu'on voit \ des Hébreux les prêtres revêtus. 0 fraîcheur!
Sa vue a ranimé mes esprits abattus. || Mais lorsque (revenant de mon trouble funeste) J'admirais sa douceur, son air noble et modeste... horreur!
J'ai senti tout à coup un homicide acier i Que le traître | en mon sein | a plongé tout entier. ||| Vous ne concevez peut être pas la gravité de ce rêve, De tant d'objets divers le bizarre assemblage | Peut-être | du hasard vous paraît un ouvrage. Cette impression vous est bien permise, puisque
Moi-même ] quelque temps i (honteuse de ma peur) ) Je l'ai pris simplement
pour l'effet d'une sombre vapeur.
Mais, hélas! je ne peux plus m' abuser ainsi;
Mais ; de ce souvenir mon âme possédée |
A deux fois (en dormant) i revu la même idée;
Deux fois I
VOUS dis-Je,
mes tristes yeux se sont vu retracer Ce même enfant [ toujours tout prêt à me percer. ||| Lasse enfin des horreurs dont j'étais poursuivie, J'allai prier Baal de veiller sur ma vie, j Et chercher du repos au pied de ses autels. | Mais f ai fait bien autre chose. Hélas!
Que ne peut la frayeur sur l'esprit des mortels! j Je Vavouc :
Dans le temple des Juifs \ un instinct m"a poussée, Et d'apaiser leur Dieu i j'ai conçu la pensée; je l'avoue :
J'ai cru que des présents calmeraient son courroux, Que ce Dieu (quel qu'il soit) en deviendrait plus doux.. Pontife de Baal, je vous en prie,
excusez ma faiblesse. || Donc,
J'entre....
Aussitôt,
Le peuple fuit, le sacrifice cesse.
Le grand prêtre | vers moi s'élance avec fureur.... Or,
Pendant qu'il me parlait | (ô surprise! ô terreur!) j J'ai vu ce même enfant dont je suis menacée, Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée. Je l'ai vu, vous dis-je,
son même air, son même habit de lin, Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin. Pas le moindre doute :
C'est lui-même. Il marchait à côté du grand prêtre. || Mais bientôt | à ma vue on l'a fait disparaître.... ||
l'ixflfxion 173
Mes forces m'abandonnent.
Voilà quel trouble | ici | m'oblige à m'arrèter, Et sur quoi j'ai voulu | tous deux vous consulter. Acte H, sci'no v.