BASILE
La calonniio, monsieur ! Vous ne savez guère va) (jue vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnôtes gens près d'en ^tro accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien, et nous avons ici des gens d'une adresse ! . . . . D'abord un 'omit léger, rasant le sol connue l'hirondelle avant V oviijii) y pitmiHdmo murmure et file, et sème en courant le trait enjpoisonné. Telle bouclie lo recueille et pùmoy yhi'Xo, vou"4 le glisse en l'oreille adroit(»mcnt. Le mal est fait ; il gornio, il rampe, il chemine, et nnforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout i\ coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, sitHer, s'onlier, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourliillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate
et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorun universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait !
Beaumarchais.
uouis XI, n. i^, se. 6.
Louis, François dk Paule.