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CHAPITRE XIV

Soufrage.

Avant de nous occuper des derniers soins que le vin exige pour arriver d sa perfection, nous devons dire quelques mots d'une opération très importante que Ton a souvent besoin de pratiquer dans le cours des manipulations nécesôilées par le travail des caves.

Nous voulons parler du soufrage. Il ne faut pas confondre ce soufrage avec (jehii ^i est destiné à guérir la vigne attaquée par t'oïdium ; et il nous suffit d'appeler Tattention sur la différence de ces deux actions , sans qu'il soit nécessaire d'insis-ter sur ce point

Lorsqu'on l'emploie contre la maladie de la vigne, le soufre est projeté à la surface des parties atteintes , et agissant alors, soit seulement par son contact^ soit

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à la suite des modificatioiis qu'il éprouve sous Tiafluence de Tair et de Teau, il désorganise et détruit le champignon que Ton regarde comme la cause du mal.

Au contraire, lorsqu'il s'agit de soufrer soit les tonneaux, soit les vins, le soufre est d'abord brûlé, transformé en acide sulfureux, et c'est ce dernier composé qui agit seul pour produire l'eflfet que l'on veut obtenir.

Dans la distinction que nous venons d'établir, nous avons indiqué deux résultats bien différents en vue desquels le soufre est transformé en acide sulfureux : tantôt nous voulons agir sur les tonneaux seulement, tantôt nous nous proposons d'agir sur le vin lui-même.

Dans le premier cas, le soufrage porte plus particulièrement le nom de méchage^ dans le second celui de mutage. Ainsi on dit : mécher un tonneau, muter du vin^ et ou désigne ainsi les opérations par lesquelles on soufre les tonneaux ou les vins.

Rappelons d'abord les propriétés de la substance employée et du composé qui prend naissance dans ces deux circonstances.

Le soufre est un corps simple, solide à la température ordinaire, jaune, plus dense que l'eau; on le trouve dans le commerce sous deux formes différentes : la fleur de soufre et le soufre en canons.

Le soufre fond à la température de 112<»; si on le

ACIDE SDLFUAEUX. 21 1

chauffe davantage^ il peut se réduire en vapeur; ce phénomème arrive à 400*.

Si on chauffe le soufre au contact de Tair, il s'enflamme vers 250<*, et hrûle avec une flamme hleuâtre ; le résultat de cette combustion, c'est-à-dire de la combinaison du soufre avec l'oxygène de Tair, est de Tacide sulfureux.

C'est ce composé qui se produit lorsqu'on allume une allumette soufrée; le soufre qui a été déposé à l'extrémité de l'allumette s'enflammant à une température élevée, brûle en formant de l'acide sulfureux et par suite de la chaleur dégagée, l'inflammation se communique au bois de l'allumette.

L'acide sulfureux est un gaz incolore, d'une odeur très piquante. Tout le monde a eu souvent occasion de sentir cette odeur qui se dégage tant que dure la combustion du soufre d'une allumette; elle est due à l'acide sulfureux qui se forme.

Le gaz acide sulfureux est, comme l'acide carbonique, un gaz irrespirable, il n'entretient pas la combustion des corps et par conséquent, si on introduit un animal dans ce gaz, l'animal sera bientôt asphyxié ; si on y plonge une bougie allumée, elle s'éteindra instantanément et complètement.

Ce qui précède nous explique l'emploi du soufre pour éteindre les feux de cheminée. On comprend, en effet, que si on brûle du soufre au bas d'une cheminée dans laquelle il y a des matières enflammées, ce soufre, en brûlant, va enlever l'oxygène et diminuera déjà par ce fait l'activité de la combustion; mais en

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outre il se formera de Tacide sulfureux qui, s'élevant

dans les parties supérieures, arrêtera cette eombus-

tion et éteindra le feu, puisque celui-ci ne peut pas se

propager et s'entretenir dans une atmosphère d'acide

sulfureux.

Le premier point qui se trouve établi par cette indication des conditions dans lesquelles se forme Tacide sulfureux, peut être résumé facilement si nous nous plaçons au point de vue qui se trouve réalisé dans le soufrage.

Toutes les fois qu'on brûlera du soufre dans un espace limité, ce soufre, en brûlant^ absorbera l'oxygène de l'air contenu dans cet espace et se combinera avec lui en formant de l'acide sulfureux.

Ainsi, avant l'opération, l'atmosphère limitée sur laquelle nous agissons contenait de l'oxygène et de l'azote; après l'opération, elle contiendra de l'azote et de l'acide sulfureux.

Si donc nous faisons brûler du soufre dans un tcmneau, les phénomènes seront les mêmes, et nous savons par ce qui précède quel sera l'effet furodiùt ; c'est cette opération qui s'appelle le méchagé.

Son nom lui vient de celui de la substance employée ; on désigne celle-ci sous le nom de mèche. C'est une bande de toile longue d'environ 25 centimètres, large de 5 cent., et qui a été trempée dans dn soufre fondu. Le soufre, en se refroidissant, se solidifie et donne à la toile qu'il recouvre la consistaiftce et l'aspect d'une lame de soufre.

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