‹ L'art de l'enluminureChapitre 13 sur 25 · MINIATURES, BOUTS DE LIGNES · texte numérisé non relu

MINIATURES, BOUTS DE LIGNES

Dans le cours forcémenl abrégé du chapitre précédent, nous n'avons fait que suivre les grandes lignes de l'art de l'enluminure à travers les siècles, effleurant à peine cette vaste histoire de la peinture primitive que nous avons l'intention d'entreprendre et pour laquelle nous réunissons de nombreux matériaux. Rien de plus intéressant en effet que cette étude d'un art qui fut, à des époques différentes, si florissant à Byzance avant le règne de Léon l'Isaurien, et en France, sous celui de Charles V. Mais un point important à signaler dans cette étude, c'est la part que les femmes eurent à exceller dans cet art charmant de l'enluminure. Des jeunes filles, au temps d'Eusèbe, copiaient et ornaient les manuscrits. On cite parmi les femmes dont le nom est resté attaché à ce genre de travail : sainte Mél&nie, sainte Césaire et ses sœurs, flarlinde, Renilde, abbesse d'un couvent de Limbourg ; Rathrude, fille d'un roi lombard : Lala de Gizique employée par Varon à peindre les portraits dont il ornait ses Hebdomades; la fille de Flavius Aaicius Oiybrius, Juliana Anicia, charmante artiste du x* siècle; la fameuse Hervade de Landsherg, abbesse d'un couvent d'Alsace et ses novices, ^ nous avaient laissé un des plus beaux spécimens manuscrits avec peintures du xu* siècle, manuscrit qui fut brûlé à Strasbourg lors du bombar-

dément de 1870; Marguerite Van Eyck et Marie Marmionne au xv* siècle, etc., etc.

11 est de fait que les doigts féminins ont une aptitude particulière pour apporter dans les travaux d'enluminure une légèreté, une délicatesse et une grâce que nous aimons à reconnaître et à admirer. De nos jours, plus d'une femme s'est rendue célèbre par son talent sur la miniature et nous avons été à même d'apprécier,

Fig. 33 et 34. — Bordures tirées d'un livre d'Heures du xv siècle (Bibliothèque de VEnlumineiw).

dans nos relations, nombre d'oeuvres parfaites dues à des femmes enlumineurs.

Ce petit traité sera donc, nous le pensons du moins, consulté le plus souvent par desdames et des jeunes filles, désireuses d'entreprendre la facture d'un livre d'Heures, paroissien, livre de mariage, de communion ou de prières; nous leur conseillons, avant de se livrer à un travail sérieux et de longue baleine, de s'essayer à enluminer les livres avec dessin au trait, qu'on trouve tout préparés chez les libraires. On devra choisir ceux qui sont réellement copiés dans les anciens manuscrits, car, a"vec eux seulement, on se renfermera dans un

Page 1