LE MONUMENT DE NIMRUD PAG
des étrangers, à regretter intentionnellement les traditions de la grande époque achéménide et le culte du feu, à souhaiter le retour d'une dynastie indigène. Sous le régime parthe, la vie spirituelle de la Perse passe entièrement après les préoccupations politiques. Aussi le souvenir de cette longue période, qui resta toujours celle de la domination étrangère, a-t-il complètement pâli auprès du souvenir de ce qui fut avant et de ce qui fut après. Le nombre très restreint de monuments que nous a laissés cette période de quatre à cinq siècles nous confirme dans notre sentiment. Les deux reliefs rupestres du mont Bisutun figurant l'hommage des quatre parties du ciel à Mithradates II (80 avant J. G), le vrai fondateur de la puissance parthe, et la victoire équestre du roi Gotarzes II sur son rival Meherdates (50 avant J. G) nous sont parvenus en si fâcheux état que nous ne saurions les reproduire. La présence d'inscriptions grecques, de figures de Nikê couronnant le souverain comme sur les monnaies y trahissent de nouveau l'influence helléniste.
Pour compenser l'absence presque complète de sculptures arsacides dans la Perse proprement dite, il nous reste les ruines d'un puissant tombeau que le roi de la Syrie du Nord Antiochus I" de Commagène (69 à 34 avant J. G) se fit ériger sur le mont Nimrud Dag. Tout autour de la colline funéraire défilent, en reliefs plus grands que nature, les aïeux célestes et terrestres du souverain. Le fait que nous retrouvons parmi ces aïeux les grands rois achéménides n'est pas seul à nous intéresser; à côté de la manière grecque ces reliefs accusent une sensibilité différente, d'essence purement orientale. La pose, le caractère de la tête dans la constellation du Lion (PI. 55), horoscope d'Antiochus, ne relèvent que de l'Orient et n'ont rien des représentations hellénistiques de cet animal. De même pour les reliefs à figures, où l'imitation consciente des modèles primitifs est indéniable. On pense involontairement aux reliefs de Persépolis. A vrai dire l'art achéménide ne connaissait pas de représentations anthropomorphiques des dieux, hormis la figure d'Auramasda dans le disque solaire ailé. C'est le roi Artaxerxès 11 qui les introduisit dans l'Iran. La figure de Mithra, divinité perse du soleil, représentée avec le barsom de Zoroastre dans la main et le nimbe rayonnant de l'Hélios des Grecs (PI. 56) montre, dans le rendu maladroit de l'épaule droite saillante, dans ce bras droit disparaissant derrière le corps, une particularité de siyle des reliefs perses dont nous aurons sujet de