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LES RELIEFS RUPESTRES SASSANIDES

principal, la salle d'audience, fut bâti par son successeur Sapor I" (242 — 272). Le Taq i Kisra (Arc de Kosro), comme on l'appelle, est encore de nos jours l'une des plus belles ruines de l'antiquité (PI. 68 et 69). La haute salle, de près de 26 m. de portée, est entourée d'une façade, dont une moitié s'est effondrée il y a quelque 30 ans, et derrière laquelle s'ouvrent encore cinq locaux latéraux surbaissés. Partagée en quatre étages, cette façade présente une accumulation de niches, de pilastres, de rangées d'arcades et de cintres, tout un trompe-l'œil dont nous avions déjà pris l'avant-goût dans les constructions des cités syriennes hellénisées. Il est probable que la peinture du revêtement de stuc, aujourd'hui dégradé, et l'ornementation qu'elle y ajoutait rehaussaient considérablement l'aspect du bâtiment. Pareillement, nous ne saurions imaginer la splendeur de cette salle d'audience avec ses parois couvertes de tableaux et de reliefs, tandis que s'étalait par terre le fameux tapis connu sous le nom de Printemps de Khusrau, et qu'au-dessus du trône, l'une des merveilles du monde, pendait au plafond une couronne gigantesque.

Avant de quitter les ruines des palais sassanides nommons celui de Sarvistan (Fig. 10) en Perside, dont le plan est un développement de celui de Firuzabad, et le Kasr i Schirin, château de chasse élevé par Khusrau II, qui tient son nom de la fameuse Schirin, épouse du roi, et se trouve sur un contrefort montagneux au bord de la grande voie qui relie Hamadan à Ctésiphon. Enfin, non loin de là dans la plaine, la résidence favorite du même souverain, Dastagird, dont les murs imposants sont encore debout.

Les reliefs rupestres des Sassanides sont, comme les sculptures achéménides, une magnification de la royauté. Ils visent à exalter ou bien le roi de droit divin, ou bien une victoire éclatante, ou bien plus simplement la supériorité du Perse sur l'ennemi étranger, spécialement sur les Romains. Les deux premiers sujets sont les plus courants. Pendant le premier siècle il n'est presque pas de souverains, sauf quelques princes éphémères, qui n'aient fait tailler un ou plusieurs reliefs, et le plus souvent dans ces parois de rocher du Naksch i Rustem et du Naksch i Radjah qui avoisinent Persépolis. C'est Sapor Ier à qui l'on en doit le plus. Il en fit môme historier les abords d'une nouvelle résidence, sise au loin dans le sud, et qui porte son nom. Après la période du début, la plus intéressante est celle de la fin des Sassanides, à laquelle nous devons la grande

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