‹ L'art de la Perse ancienneChapitre 24 sur 35 · LES RELIEFS RUPESTRES DE PERSÉPOLIS ET SCHAPUR · texte numérisé non relu

LES RELIEFS RUPESTRES DE PERSÉPOLIS ET SCHAPUR

issu de souche divine, fils du divin roi Papak." Et à côté du dieu on lit: "Ceci est l'image du dieu Zeus."

Le règne de Sapor I" (242 — 272), deuxième de la dynastie, nous a laissé un grand nombre de reliefs. Malgré son mauvais état le relief équestre de Naksch i Redjeb (PI. 71) permet de constater un progrès artistique. Le roi, par exemple, ne saisit pas l'anneau, il tend seulement le bras vers l'emblème que lui présente le dieu; à ce détail on voit que l'artiste est soucieux d'apporter plus d'action et de rompre la symétrie rigoureuse. La position des cavaliers et leurs dimensions par rapport au cheval sont plus naturelles; au lieu du manteau retombant en plis lourds, un vêtement aux plis frisés permet aux formes du corps de se mieux dégager. Le cheval, richement harnaché, a plus de vie. Au surplus, la torsion du buste que nous observions ailleurs se retrouve ici au détriment de l'impression générale. Le relief (PI. 73) qui nous montre le roi à la tête de sa suite marque un nouveau progrès. L'artiste a visiblement cherché un effet pittoresque en mettant à l'échelle perspective les personnages qui se recouvrent, avec quelques figures surélevées dans le fond. Cette disposition lui a peut-être été imposée par la surface oblique dont il disposait.

On conçoit que la capture de l'Empereur Valérien à Antioche, coup d'éclat du règne de Sapor Ier, ait fait le sujet de plus d'un relief. Le plus considérable se trouve à Persépolis (PI. 74). L'ensemble, de nouveau, dénote une certaine gêne, en particulier dans les proportions du roi, dont la couronne déborde, intentionnellement sans doute, le cadre. Le buste est trop large et tassé, les jambes du cheval trop courtes. L'artiste a plus d'aisance quand il nous montre Valérien courbant le genou et Cyriade intervenant pour lui les bras levés. Malgré ces imperfections l'ensemble est assez réussi. Dans le détail, l'artiste se comptait à faire bouffer les vêtements, et flotter les rubans, jusqu'à l'excès.

Une scène assez semblable nous est représentée à Schapur (PI. 75). Mais ici Sapor a pris Cyriade par la main, et Valérien est à genoux. Deux séries de compositions encadrent ce relief central. A gauche, des cavaliers en marche, identiques et schématisés comme les interminables défilés de gardes de Persépolis. A droite, en cinq compartiments, le cortège triomphal avec l'armée romaine, les trophées, les corps de troupes perses. Il se peut que ces reliefs soient la traduction de tableaux peints, la peinture jouant, comme on sait, un grand rôle dans les triomphes romains. On remarquera que les personnages ont l'air de marcher

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