PRÉFACE VU
de la photographie. Pour ne point alourdir notre exposé nous avons renvoyé en fin de texte tout l'appareil bibliographique et les remarques aux illustrations. Pour la littérature du sujet, c'est à partir du milieu du siècle dernier environ que des travaux suivis, de sources allemande et française principalement, mais aussi anglaise et russe, ont fait peu à peu la lumière sur l'art de la Perse ancienne, sur ses reliefs, ses architectures et ses industries d'art. Nous citerons au nombre des plus importants les travaux de Dieulafoy, Flandin et Coste, de Morgan et Texier, de Curzon, Dalton et Smirnoff, d'Andréas et Stolze, Lessing, von Falke, Herzfeld et Sarre. Pour la plupart il s'agit d'ouvrages considérables, souvent épuisés et introuvables, se rapportant à tel ou tel groupe de monuments. Ce qui manquait, c'est un exposé d'ensemble plus modeste avec un matériel de vues suffisant. Cet ouvrage doit combler partiellement cette lacune. L'auteur a étudié et photographié sur place la majeure partie des monuments perses anciens; plus d'une fois il s'est arrêté devant le rocher de Bisutun et sur la terrasse de Persépolis, à laquelle on ne saurait comparer, pour la grandeur et la beauté, aucune autre ruine de l'antiquité. Les impressionnants reliefs sassanides de l'ouest et du sud lui sont également connus. Les résultats de deux longs voyages d'études sont consignés notamment dans un ouvrage sur les reliefs rupestres de l'Iran (en collaboration avec Ernest Herzfeld), auquel l'auteur a contribué pour les planches et les recherches relatives aux monuments sassanides. La plupart des vues ici reproduites ont été prises par l'auteur, certaines paraissent pour la première fois, d'autres ont figuré dans l'ouvrage cité plus haut. L'auteur a passé une partie de la guerre dans la Perse occidentale mais les préoccupations de ces années ne lui permirent pas d'y pousser ,'plus avant ses recherches. Au moins eut- il le loisir de fortifier son amour pour ce pays et pour ce peuple si patriote et si conscient de son grand passé. L'auteur sait aussi que la liste noire, récemment supprimée, et qui lui interdisait le retour pour dix ans, n'est pas imputable à des inspirations persanes. Que ce livre donc, où l'on s'efforce de donner une image de la grandeur et de la beauté de l'art de la Perse ancienne, témoigne de ma reconnaissance à mes amis persans demeurés fidèles dans les bons et les mauvais jours, dans la guerre comme dans la paix.
Décembre 1921