RELIEF RUPESTRE DE BISUTUN
leur fût uni et leur oves caractéristiques aux cannelures horizontales offrent un intérêt particulier par rapport à l'art ionique. A l'intérieur du tombeau, où l'on accédait par une porte basse, se trouvait, d'après la tradition, le corps embaumé du roi; couché sur une dalle d'or; des vêtements précieux chargeaient une table d'or ou pendaient aux murs. L'histoire nous apprend qu'Alexandre le Grand se fit ouvrir le tombeau et que, pendant son séjour en Inde, le sanctuaire fut pillé et profané par les mages préposés à sa garde.
Cambyse, fils deCyrus, qui ne régna que sept années ( 529 à 522 av. J.- G) n'a pas laissé de monuments. Sa mort mit l'empire en péril. Mais Darius, fils d'Hystaspe, l'héritier légitime, aidé de six pairs de la noblesse, réussit à réprimer la révolte et à restaurer l'unité. Il commémora sa victoire sur les neuf rebelles, " les rois imposteurs", dans un relief imposant (PI. 3). Taillé au flanc du mont Bisutun, la porte de l'Asie, dont les rochers plongeant de 1500 mètres de haut avancent comme un cap sur la grande route stratégique qui va de Babylone à Ecbatane, et que bordent déjà des reliefs de plus ancienne date, ce relief de Darius s'isole dans une gorge rocheuse hors des atteintes des passants et de la destruction. La sculpture illustre une forte longue inscription cunéiforme en babylonien, élamite et vieux- perse, où le roi narre par le menu la rébellion et sa défaite. Nous voyons le roi, suivi de sa garde de corps qui tient son arc et son épée, poser le pied sur Gaumata, le chef de l'émeute vaincu, et levant le bras droit dans un geste classique vers l'emblème d'Auramasda, le disque solaire ailé orné du profil du dieu. Le roi apporte en offrande à son dieu les rebelles qu'on voit venir du côté opposé la corde au cou.
Une inscription annexe maudit celui qui touchera au monument et, fait inouï pour l'époque, bénit celui qui le protégera ; elle ne glorifie pas seulement le souverain, mais l'Etat lui-même en tant qu'expression de cet ordre suprême que sert le souverain : "Toi qui plus tard verras cette inscription que j'ai écrite,
ou ces figures, ne les détruis pas, et tant que tu peux conserve-les Crois
à ces choses que j'ai faites, ne les tiens pas pour mensonges " ! Suit un avertissement pour les successeurs du trône: "Toi qui deviendras roi après moi, garde-toi fort des menteurs! Punis sévèrement celui qui se montre menteur, si ta pensée te dit: Mon pays doit rester sain et sauf!"
PALAIS DE PERSEPOLIS
Darius passe à bon droit pour une des plus remarquables personnalités de souverains de l'Orient ancien, c'est lui le véritable fondateur de l'Etat achéménide, dont l'organisation et les lois assurèrent avec la paix une certaine indépendance aux différentes parties de ce vaste empire. Quand les guerres ne le retenaient pas aux frontières, il parcourait l'empire en rendant la justice, préférant à Babylone, Suse ou Ecbatane, sa province de Perside, où il se fit bâtir une résidence, Persépolis, au sud de Pasargadae, dans la plaine de Merwdescht
Ce qui reste de ces ouvrages continués par ses successeurs, ce sont les ruines de la citadelle incendiée par Alexandre, avec ses palais et ses tombeaux rupestres de princes achéménides, les uns tout proches de la citadelle, les autres dans la paroi du Huseïn Kuh, sur l'autre bord du Pulwar.
La forteresse de Persépolis — la ville n'est pas encore découverte — se dresse sur le promontoire ouest d'un mont rocheux, gris et chauve, le Kuh i rahmet, la montagne de la Pitié (PI. 4 et fig. 1). Seules les parties en pierre sont demeurées, tout ce qui était en briques est anéanti. Mais cet ensemble de murs, d'escaliers, de porches et de colonnes, produit encore un effet saisissant. Le Mahométan place en cet endroit le trône du roi mythique Djemschid. Ce qui donne à ces ruines un charme particulier, c'est leur unité que n'est venue gâter aucune addition d'époques plus récentes. Persépolis n'a vécu que deux siècles. En l'incendiant Alexandre voulut sans doute marquer symboliquement que le règne des Achéménides avait vécu.
Solennelle comme tout ce qui émane de Darius, une inscription dédie la citadelle au dieu: "Ainsi parle le roi Darius: ce pays de Perse que m'a octroyé
Auramasda, ce pays qui est beau, riche en hommes comme en chevaux
selon la volonté d'Auramasda et la mienne, roi Darius, ne tremble devant aucun ennemi." Et plus loin : " Moi Darius, le Grand Roi, roi des rois, roi des
pays, roi de cette grande terre, fils d'Hystaspe, l'Achéménide Parla grâce
d'Auramasda j'ai bâti cette citadelle Et je l'ai bâtie complète et belle et
parfaite, ainsi que j'ai voulu Veuille Auramasda et tous les dieux me garder
avec elle."
Ces paroles aussi fières qu'elles sont humbles à l'égard du dieu se lisent sur la face du double escalier monumental qui conduit à la partie ouest de la terrasse
PALAIS DE PERSEPOLIS
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