PALAIS DE PERSÉPOLIS
(PI. 5 ; fig. 1, N° 1). Les marches inférieures peuvent aisément se franchir à cheval, après quoi l'on accède à l'entrée proprement dite de la citadelle, construite par Xerxès, dont il subsiste les deux porches est-ouest et deux colonnes du carré intérieur (PI. 6 à 9 ; fig. 1, N° 2). Il faut se représenter que les accès étaient de part et d'autre flanqués de hauts murs de briques. L'ornementation des porches consiste en animaux de taille colossale, taureaux ailés à l'ouest, taureaux à têtes humaines à l'est. Ces figures de gardiens de portes sont des produits de l'art hettite et de l'art assyrien surtout, mais elles s'y trouvent toujours incorporées aux plans droits, sans déborder de la masse, tandis que dans le système perse elles font une puissante saillie et commandent véritablement l'architecture du porche. Pour l'aspect, elles diffèrent des modèles assyriens en ce que l'artiste perse a renoncé à rendre la deuxième jambe de devant quand la bête est vue de côté. Il a également sa manière spéciale de traiter et d'accentuer les muscles, les boucles de la crinière, etc. Avec quelle énergie tendue ces taureaux piaffent des jambes de devant, quel charmant élan dans ces ailes aux plumes admirables (PI. 8), et quelle majesté dans ces têtes barbues et haut encornées! Quant à ces sveltes colonnes à cannelures et à triple chapiteau, décapitées de leur sommet, nous aurons sujet d'y revenir plus loin à propos des colonnes de Suse qui sont mieux conservées (cf. PI. 36 et 37).
Les palais de Persépolis se partagent en palais d'habitation (Tacara, maison d'hiver) et salles d'audience (Apadana), qui offrent les uns et les autres à peu près le même type, dérivé de l'habitation de l'ouest asiatique (Bit Chilani?). On notera la disposition typique de la salle moyenne carrée à colonnes, qui servait aux audiences privées, et qui d'un côté s'ouvre sur un large péristyle, d'où le souverain se montrait au public. Mais tandis que les Tacara offrent sur les trois autres côtés des appartements fermés, et remplissent ainsi les conditions de l'habitation, l'Apadana est ouvert de toutes parts ou entouré de péristyles. Flanquant ceux-ci aux angles, il faut imaginer de hautes tours carrées, massives ou occupées par des escaliers et des locaux de garde. Ces constructions, comme les murs d'enceinte, qui comptaient jusqu'à 5 mètres d'épaisseur, étaient en briques et sont totalement anéanties; toutes les parties en pierre, par contre, colonnes, portiques, escaliers et niches souvent rehaussés de reliefs, se sont conservés, sauf destruction par les intempéries ou la méchanceté des hommes.
Les PI. 11 et 12 montrent l'aspect général de la ruine du plus ancien palais, celui de Darius (Fig. 1, N° 3), et d'un portique, couronné de la gorge, à la mode