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DÉVELOPPEMENT DE L IMAGE

11 faut renoncer pour le développement de l'image à l'emploi des cuvettes; il a l'inconvénient de soulever souyent la couche de collodion et ne permet pas de conduire aussi bien l'opération. Vous tenez votre glace de la main gauche par un angle et l'appuyez par son milieu sur un support en gutta- percha. Le bain contenu dans un large verre à expérience est

PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION. 185

précipité rapidement sur la surface. Vous imprimez alors à la glace les mouvements nécessaires à la bonne répartition du liquide, le faisant séjourner, repasser ou abandonner les diverses parties de l'image. Vous conduisez ainsi l'opération à votre guise , modelant pour ainsi dire l'épreuve, réparant dans une certaine mesure les parties défectueuses, les ménageant ou les accentuant davantage.

Deux agents révélateurs énergiques se présentent à nous : l'acide pyrogallique et le protosulfate de fer. Ils n'ont pas la même action sur la couche im^pressionnée et donnent des images de caractères trèsdifférents.

Les épreuves développées au protosulfate de fer sont harmonieuses, bien fouillées, tous les détails sont bien apparents dans les ombres ; elles sont un peu grises, et, quand on n'a pas eu soin de ménager dans le modèle de grandes parties d'ombre, on risque d'obtenir des dessins un peu monotones.

L'acide pyrogallique produit des effets tout contraires : il développe les ombres très-énergiquement et noie en quelque sorte les détails dans la vigueur de ses tons; les demi-teintes plus accusées n'ont pas la même transparence. 11 faut donc, lorsqu'on emploie ce réactif, tenir le modèle dans un clair obscur moins heurté, car, sans cette précaution, on aurait des effets trop durs.

D'après ce que je viens de dire, on voit que les circonstances doivent déterminer le choix de l'agent révélateur. Si votre modèle est tel que vous ne puissiez le modifier lui-même et qu'il vous présente des oppositions violentes de clairs et d'ombres, le protosulfate doit être choisi, il atténuera cet effet trop énergique; l'acide pyrogallique l'exalterait au contraire. Mais si vous avez à reproduire un modèle que la lumière vient trop baigner dans toutes ses parties, dont les ombres soient un peu trop reflétées, il vous faut opter pour l'acide pyrogallique, parce qu'avec cet agent vous arrivez à un aspect plus vigoureux et plus ferme. L'effet de l'acide pyrogallique est surtout désastreux lorsque , le temps de pose ayant été trop court, on pousse au développement pour forcer les noirs à prendre la vigueur nécessaire. 11 est presque impossible de l'employer lorsque le modèle est directement éclairé par le soleil et qu'il existe à peine une transition entre la lumière et l'ombre : ici l'acide pyrogallique vous conduit à des résultats insupportables pour l'œil, et c'est le cas d'employer le protosulfate de fer tout seul.

Je fais donc usage de l'un ou de l'autre de ces réactifs selon les cas; c'est l'emploi exclusif de l'un d'eux (]ui donne toutes ces épreuves, belles sans doute de netteté, de détails, d'attitude, mais qui, malvenues quant à l'effet, ne satisfont pas le regard.

La proportion d'acide acétique que l'on introduit dans les solutions d'acide pyrogallique ou de protosulfate de fer vient modifier aussi les effets produits par ces agents révélateurs : l'acide acétique retarde la réduction, empêche le dépôt opaque de s'épaissir et laisse les parties transparentes se renforcer. Si vous augmentez la quantité d'acide, vous obtiendrez donc moins d'opposition , plus de douceur ; si vous la diminuez, votre image sera plus dure et plus heurtée.

On arrive à d'excellents effets par l'emploi alternatif, sur une même épreuve, du protosulfate de fer et de l'acide pyrogallique; l'image est à la fois très-fine, très -fouillée et très-accentuée ; on commence par laisser agir le protosulfate, puis l'on accentue l'image en passant l'acide pyrogallique.

On a prétendu que le temps de la pose doit être plus long lorsque le développement se fait à l'acide pyrogallique ; voici ce que j'ai observé à cet égard : lorsque la lumière est très-vive, très-active, la différence est à peine sensible , elle est d'un vingtième du temps de pose ; mais si la lumière est faible et peu photogénique, l'acide pyrogallique est fort en retard sur le protosulfate ; la pose a dû augmenter du double.

Voici les formules des bains, ainsi que la succession et le détail des opérations de développement.

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