DÉVELOPPEMENT AU PROTOSULFATE DE FER
Mettez cette solution dans un grand verre à expérience évasé et sans bec ; prenez votre glace de la main gauche par son extrémité et posez-la sur le support de gutta-percha, la tenant penchée en avant; de la main droite et en commençant par la gauche de la plaque, versez rapidement la solution en large nappe et sans temps d'arrêt. La moindre hésitation produirait infailliblement des taches; il faut que le liquide roule sans revenir sur lui-même. Si vous ne faites pas courir le verre le long du bord de la glace, à l'endroit même où vous aurez versé la solution , il ne viendra pas d'image, ou, si le liquide ne coule pas rapidement en nappe, vous verrez des taches, dues à l'agglomération du nitrate d'argent sous la pression irrégulière de la solution, apparaître bientôt sous forme de crans et se dessiner en foncé. Quand le bain d'argent s'est chargé d'alcool, les mêmes accidents se produisent, parce que l'alcool, dont la couche est
1 . J'indique ci-après, page 24'! , une autre formule pour le bain de protosalfate.
Eau .
Sulfate de fer
Acide acétique. . . .
1,000 gram.
encore humide, vient faire obstacle au contact immédiat et régiûier de la solution. Dans ce cas, il faut augmenter dans le bain de fer la proportion d'acide acétique.
Dès que la solution de protosulfate de fer est versée, l'image apparaît; elle se dessine bientôt avec tous ses détails , et, au bout de quelques secondes, l'effet est entièrement produit : rejetez donc le liquide et lavez.
L'image est parfaite en toutes ses parties, mais encore faible et grise ; passez alors la solution suivante pour l'accentuer et lui donner plus de corps; lavez après à grande eau.
Eau iOO gram.
Azotate d'argent 3
Acide acétique » même
proportion que pour le bain de fer.
Si ce bain était moins chargé d'acide acétique que le bain de fer, la couche semblerait le chasser et ne pas vouloir s'en laisser mouiller. Si ce bain contenait trop d'acide , il glisserait trop rapidement sur la couche , la mouillerait irrégulièrement ; dans les deux cas , des taches se produiraient ; conservez donc l'équilibre dans les quantités d'acide que vous introduisez dans ces deux solutions.
PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION.
DÉVELOPPEMENT A l'aCIDE PYROGALLIQUE
Eau distillée 500 gram.
Acide pyrogallique 4
Acide acétique 40
Versez sur la glace ; l'image n'apparaît qu'au bout de quelques instants : elle se dessine alors si faiblement qu'elle esta peine visible; suivez l'opération en répartissant bien le liquide par le mouvement de balancement imprimé à la glace. L'image se renforce peu à peu ; arrêtez l'action avant que les demi-teintes ne s'empâtent.
Si la vigueur n'est pas telle que vous l'avez désirée, passez la solution d'argent précédemment indiquée.
On peut aussi, pour obtenir un développement plus rapide, plus énergique, au moment de verser la solution d'acide pyrogallique sur la glace, y mêler quelques gouttes d'une solution d'azotate d'argent à 20 pour 400. Il se forme au bout de quelques secondes un précipité noir de gallate d'argent qu'il faut bien se garder de laisser séjourner sur la glace, car il ne manquerait pas d'y produire des taches; il faut agiter constamment le liquide et le renouveler s'il est besoin.
DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF AU PROTOSULFATE DE FER ET A l'acide PYROGALLÎQUE
Commencez par le protosulfate.
Lavez parfaitement à l'eau distillée, passez la solution d'argent, continuez avec l'acide pyrogallique, passez la solution d'argent, lavez parfaitement. Tel est l'ordre à suivre pour ce développement. Il convient surtout pour les effets de moyenne lumière, quand il faut obtenir les détails des ombres et donner en même temps au tableau plus de vigueur et d'accent.
Du reste, on pourra s'arrêter dans la succession des opérations. Ce que nous avons déjà dit, au sujet des effets obtenus par l'acide pyrogallique et par le protosulfate, fera assez comprendre quel moment *il conviendra de choisir.
C'est au développement que l'on reconnaît si le temps de pose a été juste.
Si la durée de la pose a été insuffisante, l'image n'apparaît au protosulfate que dans ses parties le plus vivement éclairées. Il ne s'est point formé de réduction suffisante pour exprimer les demi-teintes; dans les ombres, la couche est entièrement transparente et n'offre aucun détail. Si le développement est fait à l'acide pyrogallique, l'image n'apparaît qu'avec
m PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION.
une extrême lenteur, et, quoi qu'on fasse, on n'obtiendra encore que les grandes lumières seulement.
Si la durée de la pose a été trop longue, l'image apparaîtra instantanément sous le protosulfate avec un aspect uniformément gris et voilé, très-rapidement sous l'acide pyrogallique , et sera bientôt parfaite dans ses ombres qui se présenteront avec les détails de leurs points les plus obscurs ; mais les blancs seront empâtés ainsi que les demi-teintes, leurs détails auront disparu dans ces parties, qui seront uniformément épaisses et opaques. Si la durée de la pose était augmentée encore, les grands blancs tendraient à devenir transparents dans les points mêmes où la réduction a été la plus grande ; l'épreuve présenterait alors l'aspect solarisé qui indique toujours une exposition beaucoup trop longue.
FIXATION DE l'iMAGE NÉGATIVE
Après avoir lavé parfaitement l'épreuve sous le robinet d'une fontaine, vous versez dessus la solution suivante :
Eau 500 gram.
Hyposulfîte de soude 50
Au bout de quelques instants, toutes les parties qui
n'ont pas été attaquées par la lumière, et où l'iodure d'argent n'a pas été réduit, se dissolvent et deviennent transparentes; lorsque vous ne voyez plus sur la plaque, surtout à l'envers, des traces d'iodure d'argent reconnaissables à leur aspect jaunâtre, l'épreuve est fixée ; il faut la laver abondamment.
L'aspect que prend l'image sous l'hyposulfite est un indice pour le temps de pose; elle doit, si le temps a été juste, apparaître en positive quand on la regarde sur un fond noir, mais un peu voilée dans les noirs et peu détaillée dans les blancs. Si l'aspect positif est parfait, c'est une preuve que la pose a été trop courte; s'il n'est pas assez visible, c'est une preuve qu'elle a été trop longue. Les épreuves très-renforcées font exception, et leur aspect est toujours un peu voilé et opaque, ce qui ferait croire qu'elles ont trop posé. Il faut tenir compte de cette circonstance.
On peut aussi fixer le négatif à l'aide de la solution suivante :
Eau distillée 500 gram.
Cyanure de potassium .... 25
La dissolution des parties que la lumière* n'a point atteintes est très-rapide et le dépouillement se fait presque instantanément; il en résulte que l'opération est bien phis difficile à conduire ; ce dépouillement
est favorable lorsque l'épreuve a posé longtemps, car il contribue à donner aux noirs beaucoup de transparence; il est utile pour l'obtention des positives sur verre. Mais en somme, le cyanure de potassium ne rend pas de services en raison des dangers qu'il ofFre, et l'on doit le rejeter dans la généralité des cas.
Il faut éviter avec grand soin le soulèvement du collodion dans les opérations de dépouillement, car le liquide passant sous les boursouflures de la couche y produirait des taches indélébiles. Les coliodions très-chargés d'alcool ont une tendance à se détacher de la glace, surtout lorsqu'ils sont imprégnés d'acide acétique. Il faut donc laver d'abord avec précaution sous le robinet d'une fontaine ; dès que la couche est débarrassée de l'acide acétique , elle devient plus adhérente et prend enfin à l'air une très-grande solidité ; vous pouvez alors laver abondamment.
Les épreuves trop posées et dont l'aspect est gris, voilé et sans vigueur, peuvent quelquefois être ramenées et renforcées. Voici le moyen que j'emploie : après avoir obtenu la dissolution de l'iodure par le fixage précédent, je passe la solution suivante :
Eau 1,000 gram.
Bichlorure de mercure ... 3 Acide chlorhydrique .... 6 Chlorure d'or 1
Les noirs sont alors dégagés , transparents , et je donne plus de force aux autres parties.
Les images ainsi renforcées ont le défaut de s'épaissir de plus en plus sous l'action du soleil, et à la longue elles deviennent tellement opaques et d'un aspect d'ailleurs si dur, qu'on est forcé de les rejeter. Il faut donc éviter d'employer ce procédé pour les clichés destinés à former un grand nombre de contreépreuves.
Dans tous les cas, il faut tenir compte de cet épaississement produit par l'action répétée de la lumière, et ne pas mettre le cliché sous le bichlorure de mercure tout à fait au degré de vigueur qu'il doit avoir et que le tirage lui donnera bientôt.
Eq retranchant le bichlorure de mercure de la solution, on évite ces inconvénients, mais on arrive moins aisément à une grande énergie de tons.
Lavez parfaitement après les opérations.