CONSOLIDATION DU CLICHÉ
La couche de collodion contenant l'image négative acquiert une certaine solidité en séchant; malgré cela le contact est toujours à redouter, et le plus petit frottement peut occasionner au cliché des dégâts irréparables. Une solution légère de gomme arabique.
passée après le lavage qui a clos l'opération de la fixation, le consolide assez pour qu'on puisse tirer sans danger quelques feuilles , et ce moyen est excellent pour les clichés qui ne doivent fournir qu'une ou deux épreuves et qu'on n'a pas intérêt à conserver.
Cette solution de gomme remédie encore à un autre inconvénient. Pendant les opérations successives, soit humidité primitive de la glace, nettoyage imparfait, soit action mécanique des solutions versées, la couche s'est quelquefois soulevée dans les parties transparentes de l'image. Si on la laissait sécher dans cet état elle serait inévitablement perdue. On la conserve en passant la solution de gomme. Il faut bien laver au préalable.
Mais si l'on doit tirer un grand nombre d'épreuves, il faut protéger le cliché d'une manière plus efficace et le recouvrir d'un bon vernis.
On a proposé différents vernis préparés spécialement pour les clichés négatifs. Les uns donnent de la transparence aux épreuves et par suite leur ôtent de la vigueur ; les autres au contraire les rendent plus opaques et plus énergiques. Il faut donc tenir compte des effets du vernis lorsqu'on développe l'épreuve, si l'on veut être certain du résultat final.
Le vernis photographique doit être insoluble dans l'eau, afin que l'humidité ne vienne point le faire fendiller, car la couche de collodion serait entraînée
dans les désastres de la couche de vernis. Pendant l'exposition dans les châssis destinés au tirage , la chaleur du soleil faisant condenser cette humidité sur la glace, le cliché ne manquerait pas de s'écailler et de s'enlever par plaques. Il faut aussi que le vernis puisse supporter la chaleur du plus fort soleil d'été auquel on doit l'exposer, car il collerait au papier positif, et le moindre frottement viendrait^ rayer le cliché au moment où on le retire du châssis. Le vernis suivant est d'une extrême solidité :
Benzine 100 gram.
Vernis blanc à tableaux ... 15
Le tout étant dans un flacon, le remuer quelque temps, le filtrer ensuite. Il est nécessaire, chaque fois que l'on veut vernir un cliché, de remuer le flacon, car si le mélange n'était pas bien intime, certaines parties se verniraient mal et demeureraient presque mates; il se formerait des marbrures sur le cliché. Pour appliquer ce vernis, j'emploie le moyen pratiqué pour l'étendage du collodion.
Ce vernis s'étend à froid et sèche rapidement; il garantit l'épreuve à tel point qu'il m'est arrivé de frotter la surface vernie par erreur au lieu de l'envers de la glace que je voulais nettoyer et de ne point altérer le cliché. Il faut éviter que ce vernis ne
passe sur le revers et qu'il ne forme des bourrelets au bas de la glace. La benzine servirait d'ailleurs à le dissoudre dans les parties où il pourrait gêner.
J'emploie également un vernis qui s'étend à froid comme le précédent et qui sèche aussi très-rapidement. En voici la formule :
Benzine JOO gram.
Copal tendre 7
Ces vernis, très-faciles à obtenir, ne doivent être employés que l'hiver : la grande chaleur les ramollit.
J'emprunte à l'excellent article de M. Van Monckhoven sur les vernis, les recettes et renseignements suivants :
VERNIS A l'ambre ET A LA BENZINE
(( Comme cette préparation est très-facile, nous la « décrivons dans tous ses détails.
« La dissolution se fait très-rapidement et se filtre « avec facilité sur le papier buvard.
« L'ambre, ou succin jaune, est une résine que l'on « rencontre sur les rivages de la mer Baltique ; on (t en fait des perles et autres ustensiles de toilette ; « mais dans cette fabrication, une foule de déchets,
« provenant de perles cassées, sont livrés au com- (c merce. C'est là l'ambre de première qualité et celui « que l'on doit choisir pour la préparation d'un bon « vernis; son prix est d'ailleurs très-modéré.
« On concasse la résine en petits fragments, et, « après l'avoir placée dans un vase en fer muni de « son couvercle bien luté, à l'exception d'une petite « ouverture qu'il présente au milieu, on la chaulfe « graduellement jusqu'à 300°. Il se dégage une foule « de vapeurs blanches , mais on ne doit y faire « aucune attention ; insensiblement l'ambre se race mollit , fond et se boursoufle. A cet instant on « enlève le vase du feu et on laisse refroidir la « masse.
« L'ambre ainsi transformé est très-soluble dans la « benzine et le chloroforme. On le dissout à la dose de (( 8 à 10 pour 100 de liquide. Avec la benzine, on « obtient un vernis brun, mais qui donne une couche « très-peu colorée sur le cliché. Au bout de quelques « minutes elle est sèche; elle est alors très- brillante, « de telle façon qu'il est souvent difficile de distin- « guérie verre du vernis; mais ce qui est surtout « très-précieux, c'est que cette couche ne se ramollit « pas sous l'influence des rayons solaires. »