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ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES SUR GLACE

Dans ces images, les lumières du modèle sont formées par un dépôt blanc d'argent réduit, les ombres par la transparence même de la glace derrière laquelle on place un fond noir, il est donc très-essentiel que la transparence soit complète dans les ombres que le plus faible voile viendrait atténuer, et que le dépôt d'argent soit bien éclatant. Le nettoyage de la glace doit être parfait, car la moindre trace de matière étrangère formerait un voile et une tache. Le collodion doit être fluide etl'étendage ne doit laisser aucune strie. Ces stries sont le défaut principal des épreuves positives faites avec des collodions négatifs, qui, quoi qu'on fasse, forment une sorte de trame.

Les collodions positifs spéciaux que nous avons in-

\ . On trouve dans le commerce un vernis qui paraît analogue à ce dernier et qui en possède toutes les qualités. Il est préparé par MM. Sœhnée frères.

PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION. 203

diqués précédemment sont exempts de ces défauts : ils s'étendent facilement en couche très-mince et parfaitement unie.

La sensibilisation se fait, comme à l'ordinaire, dans les bains indiqués. L'exposition doit être fort courte si l'on veut obtenir des ombres pures et unaspect vigoureux. Il faut environ trois fois moins de temps que pour les négatifs.

Le développement de l'image se fait exclusivement au protosulfate de fer, et il faut bien se garder de renforcer l'épreuve avant la fixation, car elle ne manquerait pas de se voiler dans les parties transparentes; il en résulterait que l'image serait grise et sans vigueur.

Pour la fixation, il convient d'employer le cyanure de potassium ; il dépouille mieux l'image que i'hyposulfite et donne des noirs plus purs.

Eau distillée 500 gram.

Cyanure de potassium. .... 20

Si l'épreuve est trop faible dans les blancs, trop peu apparente, on épaissit le dépôt en passant sur l'épreuve une solution de nitrate d'argent.

Une solution de cyanure double d'argent et de potassium, employée comme fixage, produit encore un excellent résultat. Les blancs se renforcent en

même temps que les noirs se dépouillent, et l'épreuve sort parfaite de cette seule opération.

On fait dissoudre séparément le cyanure de potassium et l'azotate d'argent, puis on mêle les deux solutions : il se forme un précipité qui ne tarde pas à disparaître lorsqu'on agite le flacon. On filtre.

Eau 500 gram.

Cyanure de potassium 15

Azotate d'argent 2

Lorsque l'épreuve est terminée, bien lavée, bien séchée, on applique sur le collodion une couche de vernis noir destinée à la fois à rendre l'image visible et à la garantir définitivement. Comme les blancs de l'image ont une tendance à s'imbiber de ce vernis noir, les épreuves en sont souvent obscurcies et tachées. On évite cet accident en posant au préalable un vernis à l'alcool qui garantit l'image en s' interposant entre elle et la couche de vernis noir.

Ce vernis noir est composé de bitume de Judée dissous dans l'essence de térébenthine ou dans la benzine. Le vernis à l'essence de térébenthine sèche en quelques heures , le vernis à la benzine en quelques minutes. On applique d'ailleurs le vernis comme la couche de collodion, en le versant sur l'épreuve.

Ce procédé est utile lorsque la lumière est extrê-

mement faible, aux dernières heures du jour, si l'on veut saisir encore une vue, obtenir un portrait, ou si, par la difficulté d'obtenir l'immobilité du modèle, il faut que l'opération soit instantanée. Son extrême rapidité permet de l'employer au moment où le pro; cédé négatif est impuissant. On obtient d'ailleurs, en opérant ainsi, une douceur de tons et une finesse de détails que la plaque métallique elle-même ne saurait dépasser.

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