‹ L'art de la proseChapitre 25 sur 31 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

H faudrait, maintenant, réunir tous ces éléments £pars et montrer comment se sont organisées, dans le cours du xixe siècle, sous l'influence des grandes modifications du goût et de l'imagination, diverses phrases de caractères bien nettement tranchés : après 1$ phrase plastique, harmonieuse et souvent encore solennelle de Chateaubriand, la phrase bariolée et rugissante, envolée ou convulsive des romantiques, la phrase marmoréenne et de haut relief de Gautier et 'des Parnassiens, la phrase nerveuse ou matérielle, vibrante ou épaisse, du naturalisme, la phrase souple, compliquée, dissonante et musicale des symbolistes. Mais, dans la prose plus encore que dans le vers, ces distinctions d'écoles sont artificielles, et la réalité sans cesse déborde et brise nos cadres : les tempéraments individuels ne peuvent s'exprimer que par des formules individuelles. Je dois donc m 'arrêter : aller plus loin serait faire l'histoire de la littérature en prose au xixe siècle. Je ne puis que renvoyer aus livres où elle est faite.

Je pourrais montrer aussi par quel travail se fail une belle prose, et qu'il n'y a pas de création sans effort et sans souffrance. Nous avons, dans la litté-

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