‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 154 sur 172 · SOIE BRI A · texte numérisé non relu

SOIE BRI A

J'arrive à la soie eria. Je n'ai plus besoin de dire que ce qu'il y a de mieux, c'est d'abandonner toute idée d'en filer les cocons. Le cocon est trop mou, les fibres sont mêlées ensemble trop irrégulièrement pour qu'on puisse espérer réussir à faire industriellement un bon dévidage.

Mais les cocons récoltés dans l'Inde après la sortie des papillons (ce sont des cocons percés) peuvent être envoyés en Europe, et ils y seront peignés et filés ; il n'y a pas de doute à avoir quant à ia facile utilisation de ces fils et au succès des applications.

Je reviendrai plus loin sur la filature [spinnmg) de ces cocons.

SOIE M VGA,

Le cocon du muga est plus gros et plus ferme que le cocon de Yeria; il peut être filé (reeled) sans difficulté.

Les indigènes en consomment d'énormes quantités dans l'Inde anglaise. Toutefois, jusqu'à présent , l'importation en Europe de cette soie a été fort limitée. Je crois que cette soie jouera un grand r6le dans l'avenir, car la production des cocons peut être augmentée sans beaucoup de diflBcultés, et la filature se fera sans plus de peine que celle du tussah.

DB LA FILATURE [sPINNINg) DKS COCONS PERCES ET DES DÉCHETS.

J'ai parlé, dans le chapitre précédent, de la filature [reeling) des cocons, mais il y a un autre moyen de tirer parti, non seulement des cocons qui ne peuvent pas être filés, soit parce que la construction du cocon ne le permet pas, comme c'est le cas pour le cocon de Yeria, soit parce que le papillon s'étant échappé a dérangé les fibres, mais aussi des déchets de soie obtenus pendant le tirage des cocons ou dans toute autre opération manufacturière. Ce procédé permet de faire usage de n'importe quelle soie sauvage, de quelque source qu'elle vienne. Ce moyen consiste dans le cardage et la filature (irpûimi^), et je dois dire que les procédés et les machines employés dans ce travail ont été portés au plus haut degré de perfection en Europe, et particulièrement en Angleterre.

Les rubans provenant des cocons percés ou des déchets sont très beaux et très appréciés ; aujourd'hui les fils et les tissus que donnent ces matières cardées ont une valeur telle que le cardage, la filature et le tissage sont devenus une grande industrie en Angleterre. On tisse, même avec la soie iustah, une grande variété d'étoffes pour l'usage courant comme pour la décoration des appartements, et il ne me parait pas douteux que là réussite obtenue avec les fils provenant des cocons percés et des déchets de tu$$ah ne soit obtenue également avec les cocons percés et les déchets des autres espèces sauvages. C'est la production première qui est en retard.

Pour ce qui est de Yeria, les rubans que fournissent les premières opérations de la filature présentent des brins brillants, longs et très fins.

Rien n'est perdu, je le répète, avec le procédé actuel de filature. Les fils faits avec les produits du cardage sont d'une grande régularité, d'une finesse constante. Il est certain qu'on peut compter sur une consommation illimitée de ces fils.

Je dirai la même chose pour la soie muga. Les produits du cardage des cocons sont également très bons, et les filateurs achèteront certainement toutes les quantités de cocons ou de déchets de tnvga qui arriveront sur le marché.

Ce qu'Û faut, c'est d'encourager les indigènes dans l'Orient à ramasser tous les déchets , quels qu'ils soient , des soies sauvages , et de chercher les moyens de faciliter l'importation de ces matières en Europe.

Les cocons percés sont, de tous les déchets, les meilleurs pour ia filature {^spinning). Mais tous les autres, sans exception, trouvent à présent un emploi et peuvent être apportés avec profit. Ce à quoi il est important de veiller, c'est qu'on ne mélange pas ces déchets avec des matières étrangères, entre autres avec des débris de bois, des pailles, du coton, etc.

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