‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 18 sur 172 · ARAIGNEES · texte numérisé non relu

ARAIGNEES

Nous ne pouvons pas ne pas faire mention de la soie de Taraignée.

Il existe des espèces d*araignée, dont plusieurs appartiennent au genre Epeira, qui fournissent des fils soyeux, fins, brillants et tenaces.

Dans le cours du xYin* siècle, on a fait des essais, soit en peignant les cocons et en filant le ruban produit du peignage, soit en enroulant les brins à mesure que les araignées les sécrétaient. Les expériences du président Bon, de Réaumur, de R.-H. de Tremeyer, de Rolt, ne sont pas oubliées ^^^ On a fait des tissus de cette soie.

Les essais ont été faits notamment avec YEpeira diadema, qu*on trouve presque partout en Europe, et dont la soie est blanche et très fine. On a conclu de ces essais que Télevage d'araignées en vue de l'emploi de leur soie ne donnera de profit en aucun cas.

Cependant on a découvert au Mexique et dans l'Amérique méridionale ^^^ des araignées de grande taille, qui produisent une soie solide et de diverses couleurs (blanc, gris, jaune, orange, rouge, noir). 11 y a aux États-^Unis des araignées aussi grandes , sécrétant une matière soyeuse très résistante et tissant de larges toiles; aucun des essais d'emploi de cette soie n'a réussi.

La mission française d'exploration dans l'Indo-Ghine a vu en Chine , dans la province de Yun-nan , aux environs de Ta-lan , une araignée rougeâtre , qui pullule dans les broussailles et les taillis des montagnes, et dont la toile et le cocon sont faits d'une soie jaunâtre, très résistante, semblable à la soie du Bombyx mori, mais un peu moins fine. Cette soie est récoltée et envoyée à Yun-nan-fou, où l'on en tisse une étoffe, appelée toung-haî" touan-sse (satin de la mer orientale). Ce satin est très solide, mat,

0) Voir Boitard, Traité de l'éducation det ven à tate, 1838, p. i56el ]55. ^*) An Paraguay, dans la République Argentine {V Epeira «octa/ic).

en général de couleur noire, quoique la soie de celte araignée puisse ôtre teinte en toutes couleurs; cette étoffe est très estimée dans toute la Chine ^^^

D'après la mission française, il y a d'autres araignées à soie, mais peu abondantes, dans le sud de l'Indo-Chine.

Une araignée de la famille des Ëpeirides, le Nephilengys malabarensis de Walckcnaër ^'^\ est très répandue dans l'Inde, en Chine, à Bornéo, en Australie, sur les rives du Congo et sur la Côte occidentale d'Afrique. On rencontre à la Nouvelle-Zélande une espèce qui est très rapprochée de la précédente.

On a trouvé sur les bords du lac Bhim Tâl, dans le Koumaon, la division la plus septentrionale des provinces du nord-ouest de l'Inde, sur les pentes basses de l'Himalaya, des toiles grandes et épaisses tendues entre les arbres et les arbrisseaux , dans les buissons, toiles si nombreuses et si fortes qu'on a songé à en tirer parti. Des toiles tout à fait semblables ne sont pas moins abondantes en Océanie et en Afrique ^^\

On en a envoyé de l'Inde en Angleterre une quantité suflisante pour essayer d'en faire un emploi régulier comme matière première dans la filature deschappe ou de fantaisie.

M. Thomas Wardie a étudié la soie du Nephilengys nuilabarensis du Koumaon, et voici les résultats de ses expériences.

La fibre est de la nature de la soie du ver du mûrier; elle est chargée, comme l'est celle-ci, d'un vernis ou substance gélatineuse. Ce fprès, gomme ou vernis, se dissout dans une dissolution de savon bouillante, et la fibre devient à peu près pure, paraissant semblable à hjibroïne et étant peut-être même identique.

M. Th. Wardie n'a pas pu découvrir combien celte araignée a de tubes excréteurs. 11 a observé que les brins ou fibres sont souvent doubles, ou plutôt qu'ils se présentent par paires, mais cela n'est pas constant.

^') F. Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine, 1873, vol. H, p. lit h el 638. — Cette soie coûtait dans le Yun-nan de 5 à 6 fraocs le kilogramme.

t*î Epeira malabarenêis de Walckcnaër, Nephila rivulata de Koch.

^-') Lettre de M. J.-F. Duthic, de Saharunporc, du u5 novembre iSSh; lettre du révérend O.-P. Cambridge, de Bloxworlh, Warekam, du i3 janvier i885.

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