BROCHES
TOTAL
i6,5oo &i,5oo 98,000 8,3oo 3 1,000 1 3,000
BH ACTlTIxé.
i6,5oo âi,5oo 97,000
/i,5oo 3 1,000
^') La filature de idumpt {FlorettpiMnern) dans le canton de Zurich élait repréaentée , pour Tann^ i883, par les chinm suivants : 5 établissements, 891 ouvriers (au 3i décembre i883), iia,33o kilogrammes de iils {Beiieht ûber Ilandd w»d InàmttrU un Ka»Um Ziriekfir d»$ Jëhr i883, 188&, p. 65).
Diaprés une autre estimation, ili filatures, contenant 1 i3,5oo broches, auraient été en activité, et auraient produit de 680,000 à 760,000 kilogrammes (novembre i883).
M. Escher-Kândig, de Zurich, auteur du rapport sur la filature de schiippe à l'Exposition de Zurich, a compté 16 établissements en i883, lesquels avaient environ i3o,ooo broches en activité ^^l
Avec la loi fédérale qui liniile la durée du travail à onze heures el eu égard au taux moyen de la finesse des fils, le produit par broche et par an est certainement moindre qu'il ne Test
^^) Rapport $ur la tiluation de Vindusirte de lajilalure des déckeU de êoie en France , (^) BericlU ûbcr Gruppe I : Seideninduslrie. Die FloreUpinnerei , p. 57.
FILATURE À LA MÉGANIQUE. 299
en France. On n'est pas toutefois d'accord sur la quotité de ce produit. Nous nous sommes trouvé en présence de trois estimations, faites chacune par des filatcurs suisses, qui sont très expérimentés et de toute façon au premier rang par l'importance de leurs usines et la recherche de leurs fils par les fabricants étrangers.
Un d'eux a estimé, en 1 880 , le produit moyen à 6 kilogr. 5oo ; un autre, en i883, h 5 kilogr. 5oo au plus et le troisième, également en i883, a admis un produit de 6 kilogr. Âoo^'^ Il est certain que, depuis 1880, on- a (ilé en plus grande quantité des fils dans les numéros fins; mais la différence entre les estimations ne provient pas tout entière de ce changement dans la consommation. De nouvelles communications obtenues de filateurs suisses ne nous ont pas laissé de doute sur la réalité de ce fait. On file généralement en Suisse au continu, et Ton a filé en i883 pour la fabrique de velours. Les fabriques qui travaillent pour cette dernière fabrique donnent un produit très variable : li kilogr. /loo par broche dans les unes, 7 kilogr. 5 00 dans d'autres.
On regarde en Suisse le numéro moyen de la filature comme étant un peu au-dessus du n" 1 ào^'^, les trois quarts ou les quatre cinquièmes étant en fil double. Quelques filnteurs regardent cette moyenne comme trop basse.
La Chambre de commerce de BiUe a représenté la production des filateurs bâiois par les quantités de fils suivantes :
1879 58o,ooo kilogr.
1880 de 58o,ooo h 600,000
1881 de 600,000 à 63o,ooo
1882 de 760,000 à 800,000
1883 85o,ooo
t') H résuile d^uiic aulrc estimation, faite en i883, des produite de toutes les filatures suisses, que le produit moyen est de 6 kilo(|r. doo pnr broche et par an.
'*' En 1860, les filatcurs suisses cslimaicnt que le numéro moyen était, en long, le n*" 130, et que le rendement par broche et par an était de 5 à 8 kiio{[rammes {Enquête, t. V, p. 793). 11 e^t probable qu^on produisait alors davantage, et que la finesse moyenne et le taux moyen de la finesse étaient moindres.
(^) Jahretbericht de» ffawleUkammer an den Basler HandeU- und Indiulrieverein ; 1881, 188:2, 188*), 188/i. -— Uerichi uber Handel und In4uttrie der Schvoeiz im Jahre i88â, i885, p. 39.
Ces estimations ne s*appliquent pas aux filatures des deux cantons de Baie. Il s*agit du produit des filatures qui travaillent sous la direction et pour le compte de maisons de Baie ^'\ filatures situées dans le grand-duché de Bade, en Alsace, en France et dans quatre cantons suisses.
Production des fils de déchets de soie pour le compte
des maisons de Bftle.
Grand-duché de Bade . . .
Alsace
France
S / Bâlc-vilie
^ g < Bâle-campa(p]e..
" f Berne
nOMBBB il« filaUi
ROMBIIB
de brorhes.
/ii,6oo
■■BBaBBEBa^BaB
QL'AHTlTés DE PIL8 FBODVITBS.
kilogr.
kilogr.
85o,ooo
kilogr.
La statistique du canton de Bàic-ville (c'est à Bàlc que les filaleurs balois ont leur siège social), contient les renseignements suivants pour Tannée 1 880 ^-^ :
Canton de Bâie-ville
Aulnes cantons de la Suisse. .
Totaux
IIOMBBB
des
ëUblissemenU.
KOMBRB des directcare
et des employés.
ROMBBB DBS 0UTBIBB8 travaillaDl
dans la fiialare.
en dehors de la fiialare.
(^) Die Production êàmmilicher in Botel domiciUrter Chappetpinnerei, (*) Die Bevôlkerung des Kanlnns Basel-Stadt am /. Dezember 1880. Im Auftrage des H, Regierungsrates bearbeitet von llennann Kinkelin, 1886, p. 35, 39 cl 6.
FILATURE À LA MÉGANIQUE. 301
En résumé, en tenant compte des progrès introduits dans l'outillage et du taux moyen de la Gnesse des Ris, on peut admettre que la moyenne du rendement par broche et par an était, dans une année moyenne, en i883, par exemple, de 6 kilogr. 5oo, et que la production totale était de 8 5 0,000 kilogrammes. La production s'est accrue en i88â; elle a d& s'élever h près de 1 million de kilogrammes, mais, dans cette année 188&, le travail a été conduit avec une activité exceptionnelle dans presque toutes les usines. Il est probable que, en i885, les produits de la filature ont été un peu au-dessous de ceux obtenus en i883. Le fait qui nous intéresse le plus, c'est la transformation du matériel : les broches à anneaux sont aujourd'hui en très grand nombre.
Plusieurs filatures ont des ateliers de peignage complets ^'\ d'autres n'ont qu'un atelier de finissage de peignage, et d'autres enfin ne font que filer. Le peignage est également en Suisse l'objet d'une industrie séparée; cette industrie n'existe que dans le canton du Tessin.
La filature suisse est certainement fortement organisée et très avancée. En France, on a estimé, dans les dernières années, le nombre des broches suisses d'abord à 180,000 et ensuite à i5o,ooo; ce dernier chiffre a été accepté par M. Méline^^l On a exagéré le nombre des broches, mais la production a été à peu près telle qu'on l'avait évaluée (de 800,000 à 900,000 kilogr.). La plus grande partie des produits des filatures suisses sont con* sommés dans les manufactures de la Prusse rhénane.
Lors de l'Exposition universelle de 1878, la filature des déchets de soie n'était pas en Suisse dans une condition aussi prospère qu'on le supposait, et nous avons eu des preuves irrécusables du fait. Ni la fondation ni l'exploitation des usines ne se font à aussi bon marché qu'on Ta assuré en France; le matériel, qu'on fait construire en Angleterre, revient à haut prix; la Suisse tire du dehors toutes les matières premières. On regarde
(^) Les barbe$ courtes obtenues dans plusieurs établissements sont vendues principalement pour la France.
(*' Rapport à la Chambre des députés, 1879, P< ^'
en France les cours (l*eau dont disposent les élablissemenls en Suisse comme fournissant une force motrice très économique. Pour ce qui est des filatures de scliappes, leurs cours d'eau ont peu de puissance, peu de régularité et deviennent quelquefois très coûteux par suite des dégâts causés par les hautes eaux ^^\ On sait du reste que, dans la plupart des filatures, une machine à vapeur se trouve à côté du moteur hydraulique. Le taux des salaires s'est élevé : on payait, en 1878, les hommes de a fr. 75 cent, à 3 fr. 5o cent, et les femmes de 1 fr. 90 cenL à a fr. lio cent., par journée de onze heures (on ne peut plus employer d'enfants). En i883, la moyenne du salaire était» par jour, de 3 fr. â5 cent, pour les hommes et de 9 fr. 10 cent, pour les femmes. Le poids des impôts s'est aggravé et ne peut plus ne pas être mis en ligne dans le coût du produit. Les impôts sur la fortune et sur le revenu qui sont perçus par l'État et par la commune sont à Bftle de la à i5 p. 100 et à Zurich de ao p. loo du revenu total.
Le Jury a été frappé de la beauté des fils de sehappe suisse, simples et retors; au surplus , ces fils sont depuis longtemps très estimés par beaucoup de nos fabricants.
La Suisse les vend un peu partout, principalement en Allemagne, en France et en Autriche. On a estimé que les deux septièmes de la production sont consommés en France; un tel calcul, quelque expérimenté que soit le commerçant qui le fait, est bien incertain. Des fils de filatures alsaciennes ou badoises nous arrivent après avoir passé par la Suisse.
On fait en Suisse, soit de fantaisie, soit surtout do seha^ppe, presque tous les genres de fils, simfdes ou retors, destinés aux étofles de nouveauté, aux velours, aux rubans, aux tissus élastiques, à la bonneterie, aux tulles et aux dentelles, à la passementerie, à la couture à la main ou à la machine. La fabrique de Gréfeld fait une grande consommation pour ses velours de fils de scliappe suisses.
^') 11 y a certainement en Suisse quelques cours d'eau constants et d\iii eiitrelien peu coûteux, mais nous ne croyons pas qa*unc seule filature Je tchappes soit élaliiie sur un d'eux.
Le sixième des fils h peine sont du n° 80 et au-dessous ^').
La niature suisse produit beaucoup de fds retors, et« dans ce qu'elle vend en France, il n'y a pas 5 p. 1 00 de fils simples ^^^.
Voici du reste un état significatif , c'est le relevé des envois faits en France par un des premiers filateurs suisses ^^^ :