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LES AUTRES ESPÈCES DES GENRES ATTACUS, SAMIA

PUTYSAMIA, ETC.

Une vingtaine d'autres espèces d^Attacus, de Philosamia, etc., filent la soie en Asie , en Amérique et en Australie. Aucune d'elles ne fournit de cocons d'une valeur industrielle assez certaine pour qu'on en ait entrepris l'élevage à l'air libre. Nous citerons cependant plusieurs espèces :

Le Phtlosamia Canningi de Hutton, ver annuel, qui est une espèce distincte du Phihsamia Cynthia et du Phtlosamia ricini; il est très commun dans les forêts du nord-ouest de l'Himalaya, principalement sur le Coriaria nipaletisis et le Xanthoxylum hostile^^\

Le Pliilosamia insularis de Moore, très rapproché du Philosamia Cynthia, qui vit dans les tles de la Sonde, principalement sur VErythrina indica.

Plusieurs Samia, Callosamia et Platysamin doivent être signalés.

C'est surtout le Samia cecropia ^^^ de Linné et le Callosamia promethea de Drury, vers annuels, robustes, qu'on trouve dans le Canada et dans l'Amérique du Nord, qui se nourrissent: le premier, des feuilles du chêne, du saule, du prunier, du sureau, du pommier, de l'érable, etcJ^^; le second, des feuilles du peucette partie du Tcbé-kiang, est certainement le camphrier, le Cmnatnomum eamphora de Nées et Ebermeier. M. le D' Haoce a bien voalu en déterminer des exemplaires, et M. Francbet a en, de son c6té, dans les mains, des rameaux avec fleurs qui nous avaient été envoyés par M. Kleinwâcbter et M. Kopscb. — Deux espèces de Sphingidées (Tune d'elles est le Chœrocan^a japcnica de Boisduval) vivent aussi à Ning-po sur le camphrier.

(^) Hutton, qui a décrit le Philoiomia Catudfigi, a pensé plus tard que cette espèce était le Philo$amia Cynthia; elle est véritablement différente. ^') Le papillon a 1 6 centimètres d'envergure.

(') Harris, InsecU (f Ma$$achuêetU, — Th.-J. Gottle, Sur les verê à êois de V Amérique du Nord (Bulletin de la Société d* acclimatation, i" série, t. X, 18 63, p. igS à 197). — A.-L. Clément, Note pour tervir à l'hittoire d'un bombycien eéricigène, le

plier, de l'épine -viaetle, du prunier, des azalées, du sassafras (1^

Le Samia Gloveri de Strecker et le Platy$amia ceanothi^^^ de Béer sont aussi propres à rAmérique septentrionale, principalement aux états de i'Utah et de rArizona.

VAitacus Edwardsti de White , grande et belle espèce des montagnes du Darjiling, du Sikkim, du Mysore et du Khandesh^^l

UAUactLs aurota de Cramer, qui abonde dans l'Amérique du Sud , notamment au Brésil, au Guatemala et dans les Guyanes; il vit sur le ricin, le Jatropha tnanttiot, YAnda Gomesit, YAnacardium occidentale, etc. Le cocon est ovoïde et ouvert ^^\ enveloppé de feuilles, attaché au pétiole d'une feuille par une cordelette plate et soyeuse; il a 60 millimètres de grand diamètre et 9 5 millimètres de petit diamètre. La couleur est gris brunâtre ou vieil or. La soie est brillante, de couleur gris blanchâtre, solide, plus grosse et plus résistante que la soie du Bombyx mori^^\ On fait chaque année, du moins dans la Guyane française, cinq ou six éducations de YAttacw aurota.

Hyalophora cecropia (BuUetin de la Société d*acelmataiwn , 3* série, 1. VI, 1879, p. gh à 109).

(*) Loiaeleur-DesloDgchamps, Mûrien H vert à $oie, iSSa, p. 5a à 56. — Th.-J. Gottle, Sur les vere à toie de V Amérique du Nord {Bulletin de la Société d* acclimatation, i863). — Les cocons du Calloeamia promethea sont enveloppes de feaillcs, longs (de ^5 à 5o sur i5 millimèlres), pointas, de couleur brun clair.

^*^ Le Platyiamia ceanothi vit en Califomio sur ie Ceanothue califomica. — M. Alfred Wailly a obtenu des variétés hybrides, provenant. Tune du croisement du Platysamia ceanothi avec le Sarma cecropia , i^antre du croisement do P. ceanothi avec ie Sor mia Gloveri,

^') Proceedings of the Zoological Society oj London, 1859, pi. lvii. — AKhur- G. Butler, Illustrations of typical specitnens of Lepidoptera heterocera in the collection of the British Muséum, part V, 1881, p. 60, pi. xcii et xciii. — Le major G. Goussmaker a signalé la présence de VÀttaeus Edwardsii dans les jongles de la Présidence de Bombay, mais en constatant que cette espèce nVst pas 1res abondante dans les districts boisés des Ghats (7 février 1877 ^' 7 ^^' ^^19)'

^^) Le cocon ouvert de YAltacus aurota a été dévidé par le D' Forgemol ; la soie est plate, élastique et tenace {Bulletin de la Société d'acclimatation, 3* série, l. I, 187/i, p. S0/4 à 307).

^*) J.-J. Machado do Olivcira , Memoria sobre 0 bicho da seda indigena da provincia do Espirito Santo, — Maurice Girard, Le ver à soie brésilien {Bulletin de la Société d'acclimatation, 3* série, t. I, 1 874, p. 1 83 à ao3). — L'empire du Brésil à l'Exposition universelle de tS^S à Philadelphie, 1876, p. 65 et 66.

ATTACUS, SAMIA, PLATYSAMIA, ETC. 107

UAttaeus hesperus de Fabrlcius, qui est répandu dans les Guy ânes et au Brésil , et qu on observe à l'état sauvage dans la Guyane fran* çaise sur le CoBearia grandijlora et le Rhizophora mangle ^^K

VAttacus bauhimœ de Guéri n-Méne ville ^^^ se trouve en abondance dans TAfrique occidentale, particulièrement dans notre colonie du Sénégal » mangeant les feuilles du tidden^^^ [Zizyphut orthaeantha). On en récolte les cocons à Bakel, à Médine, etc., dans toute la région du Haut-Fleuve (sur les rives du Sénégal, de la Falémé et du Niger). Les cocons sont suspendus aux petites branches de Tarbre chacun d eux par une cordelette soyeuse ; ils pèsent en moyenne chacun 80 centigrammes, ont Â5 millimètres de grand diamètre et 9 5 millimètres de petit diamètre ; ils sont ouverts et d'un gris cendré. La coque de soie , étant très imprégnée de gris, présente une sorte d'enveloppe dont la tissure est serrée et impé* nétrable et que recouvre souvent une bourre assez épaisse. La soie est brillante et d'un blond rosé. Les indigènes filent au fuseau la soie de YAUacuê bauhiniœ, et en font usage pour broder les pagnes ^*^.

VAuaeuê Taprobanù de Moore est commun aux environs de Colombo, sur le cannelier et d'autres arbres. La chenille est verte; le cocon est gros, allongé, en forme de poire, brun grisâtre clair, enveloppé de feuilles et attaché à la branche par une cordelette soyeuse ^•^^.

Le Samia cecropia a un gros cocon (de 76 à 85 sur 3o à ho millimètres), ouvert, de forme irrégulière, tantôt ovoïde, tantôt allongé et pointu, de couleur variant du blanc au rouge acajou ou brun rougeâtre, formé de soie gns clair, gris brun, brune ou brun rougeâtre, assez grossière. Le brin est plat et strié, les stries étant longitudinales.

^*) Alex. Micheiy, Obtenatùnu 9ur pluiiewr» chenUleM téridgèMa dé la Guyane françaûe (Bulletin de la Société d'acelmaUUion, 1'* série, t Vil, 1860, p. 56o à 563).

(*) C'est le même qiie YAttacu» Faidherbi.

(^) Sidden en yolof, Ummbéou en cassouké, en mahuké et en bambara, diabé en toiicouloiir.

(*) Noie de M. Gastaing.

<») FréàéncMwre, The LepidopleraofCeylon, vol II, 1882-1883, p. laà et 1 95,

pi. GXXTII.

Le cocon du Samia Gloveri (de 60 sur 98 millimètres) est du même genre, plus foncé, avec la bave brun rougeâtre. Celui du CaUosamia Columlna, allongé, pointu, de 55 sur 10 millimètres, est noir ou noirâtre, rayé de jaune d'or ou de blanc d'argent métallique, la bave étant brun rougeâtre. Le Samia prometliea construit un cocon plus petit (de lio sur 1 5 millimètres), également oblong et pointu, de couleur blonde, enveloppé de feuilles, et attaché à la branche par une lanière soyeuse. Enfin le cocon du Plalysamia ceanotki, de 5o à 60 sur 3o à 35 millimètres, recouvert de feuilles, est noirâtre avec des reflets jaunâtres métalliques» la bave étant brune. Ce cocon a souvent la forme d'une poire. Persoz père en a étudié la bave, ainsi que celle du Samia cecropia, et avait observé que la ténacité et l'élasticité étaient moindres que dans la bave des vers sauvages de l'Inde et de la Chine.

LAtlacus aurota file une soie de couleur gris de lin et très nerveuse. Le cocon de VAttacus hesperus, ayant 55 sur so millimètres, est ouvert, gros et pointu; le tissu en est épais et serré; la soie est jaune pâle, blond clair, roussâtre, nankin ou cannelle, très brillante, élastique et forte. M. Alex. Michely a dévidé toute la bave de cocons de VAttacus hesperus de la Guyane, quoique ouverts ^^l

t') Perroltel, Rapport iur une mitêion dont l'Indê, à Bourbon, à Caîènne, à la Martinique et à la Guadeloupe, 18/19, p. 8 à 10. — Alex. Michely, Obeervationâ sur plutieurt chenillee eéridgènei de la Guyane françaiee , 1860.

LES VERS A SOIB DU GENRE ACTIAS.

Des Atîaeus à cocon ouvert nous passons au groupe des ^tttkerœa dont le cocon csl, dit-on, fermé. Nous dirons auparavant quelques mots des Aetiaa dont le cocon est aussi fernt(^. Les cocons des Aclitu sont moins riches en soie que ceux des Anllterœa, mais Hulton rapporte, sans la contredire, ['opinion qui tient cette soie pour «forle, tenace, élastique et brillante'')». Plusieurs espèces annuelles à l'état sauvage ont été observées dans l'Inde et en Chine.

I lekne (larve).

La plus commune est VActins selene de Hûbner'^'; cet Actins ciistc en Chine, dan.s la province de Kinng-sou. Il se montre dans l'Inde sur une large étendue de territoire sans être abondant : dans l'Inde centrale, dans la Présidence de Madras (depuis Pondichéry jusqu'aux bouches du Mahanadr) , au pied de l'Hiinalaya ,

''' Thomas Hullon, nemarla on th» eulthalioti oj nik ta Inàta (iouraid of tke Agricuharal Society of India, New itrirt, vol. I, i S69, p. 3A!i).

l'i Tli. Horafield et P. Hiwre, A Calalogut of Lepidoplerma mâecli.. ., p. Iino k ànS. — Proctfdîngt of tlig Zoolngical Socieig of iMndan, part XXVIH, p. 961 à aC4,

— TratiMaclioiiM of ihe Enlotaniogiciil Society of fMndon, 3' série, t. I, |). 317. — Tliomas Hullon, iVoffi on ihe JnilianBembyciiiap, i&-]i, p. G. — Bapporl du D''G. Biille, Madras, i5 août 1S76. — A.-L. Clément, IVole pour lerttr i riiiiloire de l'.KttMi scierie (Itidltliii de h Société d'aceUmalation, 3' série, 1. VII, i8f)o. p. linij h G.'tii).

— Frédéric Moorc, Tht t^tdopt/ra ofCeylim, vol. 11. 1883-1883, p. isS eL i-i'i, pi. cnir, n* 1 . — Le major G. (Joiissinnker a sifrnuié VAtlin» lelmr dans In Pn'sid'nre de BomlMiy (Rapport du 7 avril 1879).

depuis l'Assam jus([u'au Sutlej, au nord-ouest. Badcii Powell l'a

signalé dans le Panjab et le Darjiling (vol. I, p. iSq).

Cette cbenille vit en liberté sur des arbres différents : le Corwria nipalensis, le Xanllwxylum htuliU, le Brouta ovata, VAndromula ovalifolta, le Cedrela paniculata, l'Odina wodier, le Carpmui bimana, le Ceratut puddam, le Pifnu k^Aul, le Keri» oval^oUa, etc.

Perrottet avait réussi à élever à Pondïchéry i'Àctitu iHene dans un état de demi-domesticité sur l'Odina tcodier; il obtenait quatre récoltes par an'".

On a élevé cette espèce à Kandy et à Dimbula , dans l'île de Ceyian; elle est d'ailleurs indigène dans cette tie.

Il y a de grandes différences dans la qualité de la soie : nous l'avons vue assez grosse et ferme, comme aussi plus fine et douce.

Aeliiu lelen» { cocon ).

Elle est, en général, brillante, grise, blonde, de couleur chamois ou jaune brunâtre. La bave est striée lougitudïnalement, ou plutôt représente un faisceau de petites fibres. Le diamètre delà Aoce, mesuré par M. Gensoul, est de Aa millièmes de millimètre; mesuré par M. Thomas Wardie, il est, ù la surface du cocon, de 5o millièmes de millimètre, et le plus près de la teletU, de à6 millièmes de millimètre.

Le papillon, quia i5 ou 16 centimètre» d'envergure, est élégant , d'un vert bleuté pâle ; la chenille est vert pomme. Les cocons sont gros (ayant de &f> à 65 sur 9 5 à 3B millimètres), ovoïdes, îrréguliers, enveloppés dans les feuilles de l'arbre. Ils n'ont pas de

'') Noua avons vu i Pondicliéry, «n iSA'i, ct>l élevage de \'Acliaê trinu bit en plein air sur l'(Mina irwItW-par PeiTOtlet.

ÀCTIAS. 111

cordtilotte d'atlache. Ils sont, tantôl blanc ou fauve chamois clair, tanldt d'un brun rougcâtre ou d'un brun Tonc^, tanUt bruos avec des reflets d'or métallique '". On les peigne, et la soie est filée au rouet; c'est du moins ce qu'on fait ordinairement. Perrottet faisait dt^vider les cocons à la bassine '^'.

Actûii ultnt (mâle).

['> M. St«ck dit que c«s rocons, du moins ceux qu'on récolte dus le Calcliar, un des diitricto ite rAi«am , sont pauvres en Mie (p. i a ).

<*> Uedde avait un ëcbeveau de soie grègr àe VAclioâ uUnt, il'iin brun tr^ rlu'r, qu'il avait probablemi^t ivfu àf Perrottet.

us SOIES DES VERS SAUVAGES.

On a signal<5 YActia* igneteeç» de Moore aux des Andaman, YActitu lelo et YActifu vuenai, de Doubleday, dans les montagnes du Sikkim ou dans les monts Kbasia '».

.{citât leleiu (femelle).

''' VAetiat falo et IMcltu maniu paraissent être la inémc Mpèce.

ACTIAS. 143

VActias luna est propre aux Etats-Unis et au Mexique ; le cocon est enveloppe de feuilles, brun rougeâtre foncé, quelquefois avec des reflets métalliques, et la bave est brune.

VActias sinensis de Ws\cVer^^^ appartient aux provinces septentrionales de la Chine, et notamment au Cban-toung.

Nous mentionnons ici une espèce que M. A. Fauvel a découverte en Gbine, dans le Gban-toung. Les ailes du papillon ont i5 centimètres d'envergure; elles sont de couleur vert clair. Le corps est couvert d'un duvet blanc, long et doux ^'^^ M. Fauvel a signalé la ressemblance de cette belle espèce avec YAclias Isabellœ, trouvé sur le pin maritime en Espagne ^^\ M. Frédéric Moore pense qu'il s'agit de YActias sinensis.

M. H. Kopscb, commissaire des douanes maritimes à Ning-po, nous a fait connaître, en novembre i885, dos vers à soie vivant à l'état sauvage aux environs de Ning-po sur un arbrisseau, le fou-young {^Hihiêcus mutabilis). Nous avons reçu de M. Kopscb les cocons, les papillons et les œufs de cette espèce, à laquelle on peut donner le nom defou-young isan (le ver à soie du fou-young),

M. Frédéric Moore a reconnu dans cette espèce YActtas ntngpoana de Felder.

Les cocons, à peu près ovoïdes, sont attachés à une petite tige; ils sont enveloppés de feuilles. Des deux cocons que M. Kopsch nous a envoyés, l'un, qui a de 6.5 millimètres sur 3.5 millimètres, est enveloppé de feuilles de YHibiscus mutabilis; l'autre, qui a de 5.5 millimètres sur â.5 millimètres, est recouvert de feuilles du Salix babylonica. Les cocons sont de couleur blonde tirant sur le brun, et la bave est très brillante; ils sont plus exactement de couleur vieil or.

Le papillon, non moins élégant que celui de YActias selene, a le corps couvert d'un duvet blanc, long et soyeux. Les ailes, qui ont

<*) Prœeedings of ihe Zoological Society o/London, part XXVII ï, p. 36/j.

W The Chma Beview, vol. VI, 1877-1878, p. J07. — A. Fauvel, The wild nlkwomu of ihe protinee of Shan-tung y 1877, p. 93.

(^ La description et les dessins de VAetiae (Satumia) habelUB de Graélls sont dans Jes Annaleê de la Société entomologique de France, a* sëric, t. VIII, i85o, p. 941 à 945, pi. Tiii.

tUMllllClllK RâTIOTILC.

1 ù centimètres d'envei^re, sont d'un vert azuré p&le avec quatre petits disques blancs et d'un noir rougeâtre; elles ont le plus près du corps un long duvet blanc , et elles ont l'aspect vitreux par places.

ANTHERMA. il 5 I

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