‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 41 sur 77 · PROVENANCES · texte numérisé non relu

PROVENANCES

TOTAUX

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Destinations de ces soies.

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TOTAUX

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11 faut remonter plus haut pour mieux juger de la progression.

SOIES DES VERS DOMESTIOUES DU MllRfEH.

a parlé. De ces faits il résulte que lart de la soie a été importé du continent asiatique, au commencement du iv"" siècle de noire ère, sous le règne d'Ojin. Un autre souverain, Youriakou, fit planter des mûriers partout où le climat le permettait (il avait fait venir ces mûriers de la Corée), et, en /i6â, Timpératrice, sa femme, dirigeait elle-même, comme cela avait lieu à la cour de Chine, une éducation de vers à soie^'l Des Chinois assez nombreux, venus de la principauté de Tsin (aujourd'hui la province de Chan-si), avaient émigré au Japon; l'empereur ^'^^ leur fit faire bon accueil, mais leur ordonna de s'appliquer à l'industrie nouvelle, qu'ils paraissent avoir exercée précédemment dans leur pays, et de payer en soie le tribut qui leur était imposé ^^^ Enfin, les développements que prit cette branche du travail sont dus surtout au prince Sjô-tok Daï-si, qui gouvernait l'Etat sous le règne de Yo-meï, en 586-587 ^*^; la véritable extension et les plus grands progrès ne datent toutefois que du siècle dernier. Ce dernier fait est certain, et il est intéressant. Il est à remarquer que, à la fin du xvii* siècle, la soie était une des marchandises d'importation au Japon. On en a diverses preuves. Kaempfer donne le prix à Miaco, en 1699, des soies de la Chine, du Bengale et du Tong-kingî*^.

Au Japon, comme dans tous les pays de l'Occident, Ja manufacture des soieries a précédé la production de la soie. On a conservé les noms de deux Coréennes, tisseuses en soie très habiles, qui enseignèrent, au Japon, en a83 de J.-C, la fabrication des étoffes brochées. On faisait déjà au v° et au vi* siècle de beaux tissus de soie; leur fabrication était placée sous la surveillance d'une

(') Dans Touvrage sur Thistoire nationale qui sert à l'enseignement dans les écoles normales au Japon, on attribue Tin Iroduciion de la sériciculture au Japon à Youriakou Tennd, qui a régné de kb'j à /i8o de J.-G. (Léon MctchnikofT, L'empire japonaU, 1881, p. 93 et 363).

^') Cétait aussi Youriakou.

(^) On a vu plus haut que Tari de la soie a commencé à être pratiqué en Chine dans les provinces septentrionales : le Ghèn-si, le Chan-si, le Chan-toung, etc.

W En 669, Tempereur Temmou envoya à un roi voisin 5oo livres de soie indigène, 5oo pièces d^toffe de soie, etc.

<*) Engdberl Kaempfer, Hitioire naturelle, civile $i eccMattiqtiê de l'empire du Japon, traduite par J.-G. Scheuchzer, t. II, 1799, p. 90.

mrRIMKMK RATIOIALK.

administration spéciale, appelée d'abord le Hatorîbé, et plus tard VOribé (».

Les éducations de vers à soie ne sont faites que dans Tile de Nippon» la plus grande de l'Archipel Japonais. Elles ont le plus d'importance au centre de Ttle, dans les provinces de Djochiou, de Sinchiou et de Kochiou; au Nord, les provinces d'Ouzèn, d'Ivt^achiro et d'iM^aki donnent également des produits abondants.

Les districts dans lesquels, de l'avis du Ministère de l'agriculture, la production est dans les conditions les plus favorables, sont compris entre le 3 G'' et le 89' degré.

L'ile de Nippon est traversée dans toute son étendue par une chaîne de montagnes, k laquelle se rattachent des montagnes secondaires; parla diversité dans le relief, l'altitude» le climat et les formations géologiques, on comprend qu'il y ait autant de diversité dans la nature des soies.

Notre ancien collègue dans le Jury de l'Exposition de Vienne, M. Ernest de Bavier, qui a écrit sur la sériciculture au Japon un livre dans lequel des faits nombreux ont été réunis et ont été exposés avec une grande netteté ^^^ , a divisé l'île de Nippon en trois zones, afin de rendre plus claires les explications qu'il avait à fournir. Noua avons adopté cette division, et nous montrons ci-après quelle a été la production dans chaque zone.

Production de la soie au Japon.

B8TIHAT10R.

PROVINCES. Pour 1872. Pour 1880.

___ Diaprés D'aprin

M. Ern. de Bavier. nous.

Zone septentrionale. vwo^, kiiogr.

Iwaki , Iwachiro , Rikouzèn , Rikoutchou , Moutzou ,

Oiizèn, Oiingo, Étchigo ^^^ (20 p. 100) 870,000 43o,ooo

A reporter 870,000 4â 0,000

<^} Le Japon à VExpotiùtm univenelU de i8y8, 1878, deuxième parlie, p. 87.

^*> La sériciculture, le commerce deê soiee et det grainei et Vinduêtrie de la êoie au Japon, 187/1. 1 vol. grand ^-8^ de i58 pages, avec U planches et 1 carte.

(') Les cinq premières provinces de la zone septentrionale sont souvent désignées sous le nom collectif de Ochiou.

D'après plusieurs maisons de commerce, cette quantité représente à peu près Tétat actuel de l'industrie; elle serait même plutôt au-dessous de la réalité. Il est certain que les éducations acquièrent chaque année plus d'importance ^^\

On est d'ailleurs loin d'être d'accord sur le sujet qui nous occupe en ce moment, et des hommes qui ont cependant recueilli leurs informations sur les lieux ont jugé la richesse du Japon en soie bien plus élevée, surtout autrefois, que nous ne le pensons.

C'est ainsi qu'on doit au capitaine F. Howard Wyse, consul d'Angleterre à Kanagawa, le chiffre, cité plus d'une fois, de 6,760,000 kilogrammes de soie pour 1861, et à Isidore Hedde, celui de 6,Âoo,ooo kilogrammes pour i863 ^^\

D'autres estimations sont plus rapprochées de la vérité.

M. Dumas 9,800,000 kilogr. pour 1887.

Duseigneur a,/i5o,ooo kilogr. pour 1871.

Le Gouvernement japonais. a,a5o,ooo kilogr. pour 1879.

Idetn 9,3oo,ooo kilogr. pour 1880.

Le commissaire général du Japon à l'Exposition de 1878, M. Maéda-Masana, nous a indiqué, pour l'année 1877, ^^ chiffre de *j, 6 00,0 00 kilogrammes, savoir :

Pour ia consommation intérieure 1 ,/îoo,ooo kilogr.

Pour Texportation i,aoo,ooo

(') On a présente plusieurs explications du développement que la sériciculture prend au Japon précisément dans un temps où le prix de la soie s*est notablement abaissé. Voici une de ces explications. LMmpôt direct sur Tagricullure représentant aujourd'hui 60 p. 100 des recettes du Trésor japonais, une charge aussi lourde ne peut plus être supportée que par les cultures dont on tire des matières d*un prix élevé , comme la soie et le thé. La difficulté des transports est aussi la cause de Textension domiée à une industrie dont le produit a le plus de valeur sous le moindre Tolume {BuUêiin eontulaire fronçai», année 188/i, p. 388, 389 et Ai 3 : Rapport de M. J. Jouslain sur la 5tttiafùm économique et commerdaîe du Japon en i88a).

^) Il est singulier que Testimation de Savary soit à peu près semblable i celle de Hedde. «On assure, dit Savary, qu^il se fait dans toutes les Isles du Japon jusqu^à cent mille picots de soye par an?) {Dictionnaire uiUvereel de commerce, 1796, t. II, colonne 1619). 100,000 picols équivalent i 6 millions environ de kilogrammes. L*exagération de Testimation de Savary est évidente; au commencement du XTiii*sîède,

282 SOIES DES VERS DOMESTIQUES DU mOrIER.

Les chiffres suivants montrent la progression des affaires directes :

ANNEES

TOTAUX d«s

BIPOITITIORS

defoiei

du Japon.

ImIIm.

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