too
De 1776 k 1778.
IILMB.
De 1779 k 1781.
IIUMI.
De 178S à 178A.
ItUMB.
63,6oo 1 36,500
La soie du Bengale remplaça, on le voit, dans bien des emplois, en Angleterre, les soies du Levant, de l'Italie et de la Chine.
Dans l'ensemble, h la fin du siècle dernier, cette soie était encore d'assez mauvaise qualité. c(La soie du Bengale, dit Blancard, est très commune, mal filée, et ne prend pas d'éclat dans la teinture ^^^ 7>
Durant les guerres de la Révolution et de l'Empire, l'exportation diminua. Pendant ce temps et au retour de la paix, la Compagnie des Indes poursuivit l'expérimentation des moyens propres à développer la production et à perfectionner la filature. A son exemple, beaucoup d'indigènes filèrent les cocons à l'italienne.
De 1796 à 1811, l'importation en Angleterre ne fut que de i73,Q00 kilogrammes, en moyenne, par an; la plus grande importation dans une année (en 1799) ^'^'^^^ ^ 999,600 kilogrammes. L'importation monta à â/f5,3oo kilogrammes en 1813, et fut, en moyenne, par an, de 1813 h i835 (les opé-
<') W. Milburn, Oriental commerce, vol. Il, 181 3, p. 356. Milbarn a présenté un a|)erça assez complet de la récolte et du commerce de la soie an Bengale; il a décrit les produits de la filature indigène et de la filature à Titalienne (vol. Il, p. 363 à 366, 353 à 359).
^*^ Pierre Blancard , Manuel du commerce dei îniet, 1806, p. 389.
rations de la Compagnie des Indes ayant cessé en i835), de /i&o,3oo kilogrammes, la plus grande importation ayant été de 699,000 kilogrammes en 18119.
Le système que la Compagnie a suivi a été exposé dans un document parlementaire ^^\ La culture du mûrier et Télevage des vers furent toujours abandonnés sans direction aux indigènes, et l'on ne prit pas garde que les mauvaises conditions dans lesquelles les éducations étaient faites amèneraient inévitablement la dégénération des races. Les Chinois, les Japonais, élèvent sans doute aussi les vers comme il leur plaît, mais ils savent tous quelles règles suivre; outre qu'ils ont des traditions orales, les manuels populaires abondent, et, presque partout, le peuple obéit aux prescriptions qui y sont tracées. Cela manque dans Flnde. La filature seule a été l'objet d'une attention particulière ; les résultats n'ont pas été en proportion des dépenses.
La Compagnie avait, en iSSi-iSSs, 1 5,798 bassines, dont 3,68/s étaient à loyer.
Depuis que l'industrie et le commerce sont libres, on ne voit pas que le Gouvernement ou les particuliers aient entrepris de donner à la sériciculture les améliorations que, dans l'Inde même, on estime nécessaires.
Nous trouvons dans le rapport de M. Geoghegan un tableau des exportations de soie du Bengale, que nous avons continué de 1870-1871 à 1889-1883.
Exportations de soies du Bengale.
BR MOTRRIfR, PAR AN.
PéBlODBS QDATRIBRNALBS.
De 1838-1839 à 184M8&2 697,700 kilogr.
De 1842-1843 à 1845-1846 7o5,aoo
pIrIODIS QUIRQDBIfllALBS.
De 1846-1847 à 1850-1851 585,ooo
De 1851-1852 à 1855-1856 685,4oo
De 1856-1857 à 1860-1861 685,6oo
De 1861-1862 à 1865-1866 678,800
De 1866-1867 à 1870-1871 706,600
t^) Beport of ihe proceedingê of the Eoit India Company m regard to the trade, euhure, and manufacturé of r an tilk, i836.
d'autres résultats sous le régime de la liberté du travail. L'intérêt privé, Taetion du Gouvernement qui, si elle a été indécise, a été à peu près continue, auraient dû avoir d'autres effets.
Il y a un siècle, le tissage en Europe faisait un large usage des soies de Bengale, et ces soies formaient les trois cinquièmes des approvisionnements des manufactures anglaises, alors florissantes. Aujourd'hui on lit, sous la signature de M. J.-E. O'Conor, dans une étude récente pour laquelle tous les documents ofliciels ont été consultés : «Le Bengale^ non seulement ne peut plus concourir pour ses soies sur les marchés européens avec la Chine, la France, l'Italie, le Levant, mais il ne peut pas même rivaliser avec la Chine pour alimenter de soie les tissages de Bombay ^^\ 7> Le jugement est porté par un esprit peut-être un peu trop inquiet; cependant il est vrai dans une certaine mesure. L'indifférence, la résistance à exploiter plus largement cette industrie dans l'Inde, viennent, peut-être aussi, de ce qu'il y a, dans ce pays, des entreprises moins incertaines, plus fécondes? N'avons-nous pas vu, en Espagne et en Turquie, l'élevage des vers à soie remplacé dans certaines localités par un travail plus lucratif? N'a-t-on pas dit que la culture du thé dans l'Assam, dans les vallées de Déhra Doun et de Kangra , régions favorables à la sériciculture , a détourné l'attention de cette dernière industrie ?
Nous ne devons pas omettre ce qu'on rapporte du degré de force de la filature. Le peu qu'on en sait s'applique au Bengale.
D'après un magistrat, M. Skrine, on comptait, en 1871, dans le seul district de Rajchahye, 97 filatures, dont 3& appartenaient à des Européens; elles contenaient 6,760 bassines, occupaient de 11,000 à 19,000 ouvriers et produisaient, en moyenne, 190,000 kilogrammes de soie grège par an. 890 kilomètres carrés étaient plantés en mûriers, et 360,000 personnes vivaient dans cedistrict de leur travail dans cette industrie ^^^. W.-W. Hunter,
t^) Rtvkw of ikê acc&unts of thê êw-home trade of ItuUa for thê year i88a't883, W Rapport de M. J. Geoghegan, 1" édition, p. a 5. — Statement exh^itmg the
moral and material pragrea and condition ofindia during Ihe yfor i8'ja-i8j3, 1 876 ,
p. As.
qui ëcrivail en iSyS, porte k 186,000 kilogrammes la production dans le Rajchahyc^'^ Le rapport officiel pour Tannée 1877- 1878 signale 57 grandes filatures et un produit de i5o,oookilogrammes de soie ^^\
On obtenait dans le district de Maldah : en 1876, d'après W.-W. Hunter, 80,000 kilogrammes de soie^^^; en i883, d'après le receveur des impôts, M. R. Porch, en moyenne 90,000 kilogrammes de soie, les mûriers couvrant 85 kilomètres carrés ^^l
II y avait dans le district de Mourchidabad, également en 1 876 :
&5 filatures qui appartenaient à des Européens et contenaient 3, 5 00 bassines;
67 filatures qui appartenaient à des Indiens et contenaient 1,600 bassines;
97 petites filatures qui étaient établies dans les chaumières des Indiens et contenaient environ s 00 bassines.
Le produit total , dans une année ordinaire, était de 1 1 q,ooo kilogrammes de soie, provenant de 5,3oo bassines ^^^
MM. Louis Payen et G^ estiment la production des filatures à l'européenne, dans toute l'Inde, en moyenne, à 5160,000 kilogrammes de soie.
Parmi les maisons européennes qui ont apporté des réformes dans la filature et l'ont organisée sur les bases les meilleures, nous en citerons deux dont nous avons trouvé les produits à l'Exposition : la maison Watson et G^ et la maison Louis Payen et G", dont on a vu précédemment l'opinion sur des points particuliers. Gette dernière maison est française.
MM. R. Watson et G* employaient, en 1871, dans leurs filatures du district de Rajchahye (et ils en ont beaucoup d'autres) de 8,000 à 9,000 ouvriers ^^^
MM. Louis Payen et C% de Lyon, ont commencé, en 1 853, à
(^ W.-W. Hanter, A êtatûtieal aeeatmi o/Bengal, vol. VIH, p. 83.
^*) Statê/nent exhibiting the. . . progreêê, . . ofindia. . . year iSjj-tSjS, 1879. p. 66.
t^) W.-W. Hunter, A êtutUtteal account ofBmgal, vol. VII, p. 96.
^*) L. Liotard, Mémorandum, pari I, p. 90.
<*) W.-W. Hunter, A êtatUtical account of Bengal , vol. IX, p. i5i et i5s.
<') W.-W. Hunter, A êtatùtical account 0/ Bengal, vol. VIII, p. 83.
faire filer avec 6 bassines montées dans un faubourg de Calcutta; une année après, ils s'étaient rendus acquéreurs d'une filature de 100 bassines située dans l'intérieur de la Présidence, et, en 1878, ils avaient dans le Bengale âo filatures, contenant 3,855 bassines, occupant 5,iio ouvriers et produisant, en moyenne, 80,000 kilogrammes de soie ^^\ Il importe d'ajouter que MM. Louis Payen et G'^ ont, en France et en Italie, des usines de moulinage, contenant iâ,5oo tavelles, occupant â,&oo ouvriers et ouvrières, produisant de 75,000 à 80,000 kilogrammes de soie ouvrée, presque toute filée au Bengale ^-^
Nous avons dit que la soie de Bengale était autrefois d'un emploi très difficile, et par suite très restreint, surtout en France; nous avons dit aussi que la filature a été successivement perfectionnée, et, de ce chef, on n'a plus guère d'améliorations à introduire.
Les soies de Bengale sont presque toujours duveteuses. Moins tenaces et moins élastiques que les soies de France , elles le sont plus que celles de Chine ^^K
ilj.AtTiciTR. linkcni,
de France 1 9.0 tk.U
S^jjeg } de Bengale 5.3 9.9
de Brousse 4.3 1 a.i
de Chine 4.3 7.3
On peut dire d'une façon générale que les soies de l'Inde conviennent principalement pour la fabrication des velours (surtout
^') La production dépend de la récolle; elle serait au rooioa de 100,000 kilogrammes de soie dans une année où la recolle des cocons aurait été bonne.
^*) Le moulin de San Pellegrino, en Lombardie, contient à lui seul ii,5oo tavelles, qui correspondent à environ 19,000 fuseaux. — MM. Louis Payen et G'* ont en outre en France, en Italie et en Espagne, des filatures contenant 990 bassines, occupant 1,/ioo ouvriers et ouvrières et produisant environ 4 0,000 kilogrammes de soie
<') J. FersoK père, Bulletin de la Société zoologiqve d'acdmatation , 1860, p. 546.