INDO-CHINE
Llndo-Chine comprend : le Tong-king et i'An-nani, la Gochinchine française, le Cambodge, le Siam, le territoire des Laociens, des Khâs et autres peuplades, les petits états de la Péninsule malaise, la Birmanie indépendante, la Birmanie anglaise dont nous avons parlé dans noti*e chapitre sur Tlnde.
Dans la région fertile qui s'étend depuis la Chine jusqu'à l'Inde, sur les hauts plateaux à climat tempéré et dans les plaines basses à climat chaud, le mûrier croit partout, et des éducations de vers à soie sont faites partout. On y connaît les races annuelles et les races poly voltines , ces dernières étant élevées dans le plus grand nombre des localités. Ces soies, quelque abondantes qu elles soient, restent à peu près ignorées de l'Europe, parce qu^elles sont presque toutes consommées dans le pays, et elles ne suffisent même pas aux besoins de la consommation locale.
D'après l'opinion générale, le Tong-king reçut des Chinois cette culture et cette industrie, qui pénétrèrent dans le reste de l'Indo-Chine en suivant la marche des envahissements de la race annamite. Cela remonte» h ce qu'il parait, aux premiers siècles de l'ère chrétienne (au if ou au iif siècle). Un savant qui a fait une longue étude de ces contrées, M. Isidore Pierre, est d'un avis différent. Il estime que la race khmer a connu l'art de la soie à une époque plus reculée, et que, bien avant son contact avec les races indo-chinoises, elle tenait cet art de peuples de l'Inde; l'art de la soie appartient, suivant M. Pierre, à cette civilisation d'origine brahmanique, dont on retrouve les monuments dans le Siam, le Cambodge, la presqu'île de Malacca et à Java.
Ainsi le mûrier et le ver à soie auraient été, toujours d'après M. Pierre, apportés du nord de l'Inde, soit de l'Himalaya, soit de l'Hindou-kouch ou du Tièn-chan, dans le Royaume khmer.
On a vu précédemment comme est obscure l'origine de ta séri-