PAR P. DECKER
L'ALLEMAGNE ET LA BOHEME. 285
mands exportent dès 1600 des verres dans les Flandres. Vers 1659, nous trouvons dans une verrerie, à Lhorsur-le-Mein, trois Français : Pierre Bernard, Guillaume Brument et Louis Truffet; au commencement du siècle suivant, à la verrerie de ClarenthaL près de Wiesbade, se trouvent des verriers d'origine normande.
En 1669, le prince d'Anhalt, Jean-Georges II, fonda au château d'Oranenburg une verrerie qui, Tannée suivante, fut transférée dans la ville de Dessau ; elle éteignit ses feux en i685. On y fabriquait des verres de luxe, des fleurs de couleur, des guéridons et des verres filigranes de Venise, sous la direction de deux Italiens, Marinetti de Murano et Ludovico Savonelli, qui précédemment avaient étéà Vienne; un autre Italien, Joselli, y faisait des miroirs avec des cadres en verre qui furent vendus avec succès aux foires de Leipzig.
Au xvme siècle, parmi d'autres graveurs on peut citer Rechnagel en 1710 à Berlin, Martin Teuber en 1720 à Ratisbonne, Gottfried Spiller vers 1730 à Berlin, Schurich dans la même ville, vers la même époque, et Michel Vais à Dessau.
On comprend que dans une histoire générale de la verrerie nous ne puissions suivre dans leur développement les verreries importantes de tous les pays, et, pour l'Allemagne comme pour l'Autriche, nous avons dû nous borner aux établissements, aux artistes et aux savants qui ont eu une influence déterminante sur la production générale. Parmi les savants allemands, Kunckel tient un rang très distingué. Né en i63o dans le Holstein, il fut chimiste, d'abord au service du duc de Lauenbourg, puis à la cour de Saxe et enfin à la
verrerie de Potsdam; il publia en 1679 un important ouvrage : Ars vitriaris experimentalis ; c^est un traité technique de la verrerie. Kunckel ne s^ccupa ni du décor ni de la forme, mais il perfectionna les procédés de fabrication et produisit des verres émeraude et d^n très beau rouge rubis; il mourut en 1702, laissant à la science des enseignements pratiques dont elle a su profiter.