‹ L'art de la verrerieChapitre 12 sur 112 · Trébellius Pollio. Vie de Gallien · texte numérisé non relu

Trébellius Pollio. Vie de Gallien

(Oiseaux pour la parure, cuillers, entonnoirs, baguettes à fard.)

en verre affectent diverses formes : la plus fréquente est sphéroïdale; on a remarqué qu'elles sont sans ornement; le vase de Portland ferait à ce principe une rare et superbe exception, s'il était réellement prouvé qu'il renfermait des cendres. Les urnes étaient placées dans les sarcophages, dans les cinerarii, niches du columbarium, ou sur une cimaise [podium], qui faisait le tour du monument. Elles n'étaient pas aussi nombreuses qu'on pourrait le croire d'après les pièces qui figurent dans les musées; leur conservation tient à leur fragilité même, car on les garantissait par des enveloppes de terre cuite ou de plomb. Les gens pauvres ne pouvant se les procurer achetaient, pour leurs parents, des vases de terre; la classe moyenne n'en usait que modérément, et nous n'en avons compté qu'une dizaine dans le columbarium intact du personnel de la maison d'Auguste et de Livie, qui renferme les restes de près de trois mille personnes; cependant les inscriptions qui surmontent les urnes scellées deux à deux dans le mur indiquent que les morts occupaient d'importants emplois, tels que médecin, nourrice de l'empereur, argentier , officiers du palais. Les urnes ne sont pas toujours munies d'anses et de couvercles; souvent elles sont bouchées avec un morceau de terre pétrie. Les lacrymatoires, qu'on trouve en si grande quantité, sont de petites fioles allongées ; on leur a donné ce nom parce qu'on a supposé qu'elles étaient destinées à recueillir des larmes; en fait, elles renfermaient des parfums; leurs dimensions, qui parfois sont très minimes, permettent de supposer qu'elles n'étaient généralement qu'un symbole.

L'ANTIQUITÉ. 4i

Certaines applications du verre à la physique ne sont pas absolument prouvées. Alexandre fit construire le célèbre phare au sommet de la tour Hamgerahs sur la digue d'Alexandrie; la lentille avait, paraît-il, une puissance extraordinaire; elle mesurait cinq palmes de diamètre, soit environ un mètre vingt-cinq centimètres, mais était-elle en verre ? Nous en doutons fort, car rien ne prouve que les anciens savaient fabriquer des pièces de verre de cette dimension et les doubler d'une surface réfléchissante. Le miroir pouvait être en acier ou en un mélange de métaux; il était réellement redoutable, car un Grec, Sodoras, le fit briser après avoir enivré le gardien. On ne peut davantage se prononcer sur la matière du miroir d'Archimède qui brûla la flotte romaine, ni sur ces sortes de lentilles dont parle Aristophane dans les Nuées et dont se servaient les débiteurs peu délicats pour faire disparaître au moyen des rayons du soleil leur signature, apposée au bas, de la reconnaissance d'une dette inscrite sur une tablette de cire. L'usage que faisait Néron d'une émeraude pour regarder les combats du cirque montre que les anciens savaient apprécier les qualités optiques de certaines matières. Nous pouvons citer, à titre d'exemple personnel, un petit disque de verre que nous avons étudié au musée de Naples; il est plat d'un côté et taillé en plan convexe de l'autre; son diamètre est de six centimètres et demi et la plus grande hauteur de la convexité est de douze millimètres; là circonférence est usée à la roue et disposée pour la sertissure. Le verre ayant été rendu opaque par un commencement de décomposition, nous n'avons pu juger de la qualité optique, mais

on nous affirme que ses dimensions constituent une loupe; il semble du reste qu'il ait été trouvé à Pompéi à côté de pièces gravées.

Les boules remplies d'eau allumaient le feu par les plus grands froids, au dire de Lactance; on les employait aussi comme moyen de grossissement pour les ouvrages délicats, et, dans les devantures des boutiques, à l'effet de contenir la marchandise et de la rendre ainsi plus désirable aux consommateurs.

L'heure se marquait sur des sabliers et des clepsydres en verre; les parois des lanternes étaient en vessie, en corne ou en verre, et les horticulteurs recommandaient les châssis vitrés pour la culture intensive des légumes.

Depuis qu'on a vu en place à Pompéi des vitres en verre, il est devenu superflu de citer les textes ; nous avons mesuré à sa fenêtre une vitre de trente centimètres sur vingt-huit1, ce qui est une dimension normale; elle a été obtenue, non par le soufflage, mais comme les glaces, par le coulage. En faut-il conclure que les vitres en verre étaient d'un usage constant? Évidemment non; on en trouve peu dans les ruines; elles étaient rarement employées, à cause des habitudes de la vie qui n'exigeaient pas, comme de notre temps, de nombreuses fenêtres aux maisons, et aussi à cause de la clémence du climat.

Il est moins aisé de comprendre plusieurs écrivains, Stace 2 entre autres, qui parlent de plafonds en verre

i. On prétend qu'il existe une glace de om,70 sur om,4o, provenant d'Herculanum; nous avons cherché cette pièce dans les musées sans la trouver.

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