‹ L'art de la verrerieChapitre 13 sur 112 · Stace. Sylves, Lib. I, c. v · texte numérisé non relu

Stace. Sylves, Lib. I, c. v

pour éclairer les appartements, et Pline qui nomme ca-

fig. 16. — antiquité. — (Plaque moulée.)

mera vitria les plafonds voûtés garnis de verre; en fait,

on n'a pas découvert encore de dispositions architecturales de nature à justifier ces assertions. Le point cependant est très intéressant; il contribuerait à la solution, vainement cherchée jusqu'ici, du problème de l'éclairage des temples.

Dans la description du célèbre théâtre de Scaurus, beau-fils de Sylla, Pline1 s'exprime ainsi :

'La scène était divisée en hauteur en trois parties par trois cent soixante colonnes; la partie supérieure était en marbre, le milieu en verre, genre de luxe qui ne s'est pas vu depuis.

La chose est possible : plusieurs textes, en effet, mentionnent des revêtements en plaques de verre retenues contre le mur par une couche de bitume ; on a trouvé quelques plaques avec des figures moulées qui certainement servaient à la décoration des murs; plusieurs archéologues signalent des plaques de verre décorées de peintures; nous n'avons pas été à même d'examiner les pièces et de juger si le décor est peint ou émaillé en léger relief. L'émaillage du verre était connu, mais très rarement employé; en revanche, la mosaïque d'émail était d'un usage courant2. La coutume d'appliquer le verre sur les parois des appartements était ancienne ; les Phéniciens, les Perses et les Hébreux se servaient de ce genre de décoration.

Le verre servait aussi à divers jeux, sous forme de boules, de dés et de jetons, de pièces pour les échecs et

i. Pline. Naturalis historia, lib. XXIV et LXIV. 2. La Bibliothèque de l'Enseignement des Beaux-Arts a publié un volume spécial sur la Mosaïque.

d'autres formes dont l'usage n'est pas encore détermine'. Des ouvriers spéciaux, oculariani, fabriquaient pour les statues des yeux en verre, en argent et en pierres précieuses. On produisait aussi des objets de pure fantaisie sans aucune utilité pratique. Il est une application cependant dont les anciens ne se sont pas préoccupés, c'est celle du verre à l'éclairage artificiel • ils ne connaissaient ni les lustres, ni les globes, ni les cheminées de lampes en verre; on a trouvé, il est vrai, une lampe en verre du modèle classique, mais, outre que cet objet est à peu près unique, il est certain que c'était une pièce de luxe, peut-être une offrande à quelque dieu, car la mèche allumée aurait fait éclater le bec de verre destiné à la soutenir.

Les verriers de l'antiquité ont donné à leurs produits les formes exigées par la convenance; presque toujours cette forme est gracieuse; bien souvent aussi elle est inspirée par des modèles en terre et en métal. Mais si la forme est la première qualité du verre, elle n'est pas la seule qu'il doive. avoir; il lui faut encore une belle matière et une décoration qui séduise le regard. Nous allons examiner les divers modes d'ornementation du verre dans l'antiquité.

L'élément décoratif le plus simple et le plus facile s'obtient par le moulage; la forme générale de l'objet est respectée : mais soit en creux, soit en relief, on mo-

4<î L'ART DE LA VERRERIE.

difie la surface unie par des lignes droites ou brisées, des cercles, des spirales, des côtes, des tores, des olives, des oves, des larmes, des perles, des feuillages, des fruits, des inscriptions, des masques, des figures en pied et toutes sortes d'ornements. Ces motifs pris dans la pâte à chaud sont en général, en raison même de la fabrication, d'un dessin mou et sans caractère bien marqué; le verre moulé s'obtient sans effort; il suffit à l'ouvrier de souffler ou de presser, et le mérite, s'il y a mérite, revient à celui qui a fait le moule. Nous reproduisons divers moulages, et notamment un vase avec figures trouvé en Normandie; il n'a aucune valeur comme objet d'art, mais il présente cette particularité de rappeler une lutte de gladiateurs sans doute célèbres, car leur noms tetraites, prvdes sont inscrits sur un vase du musée de Vienne, sur des tasses découvertes en Vendée et en Savoie, et enfin sur les murs de Pompéi1.

Lorsque les reliefs définitifs sont rapportés à chaud sur un vase déjà en forme, le verrier doit cueillir un filet de verre et le poser aussitôt sur une surface solide mais incandescente, et il lui faut en ce cas une sûreté de main absolue, les reprises lui étant interdites. L'antiquité a laissé peu de pièces ainsi décorées; elles ont des filets, des serpents, des perles en couleur; mais si l'on veut ranger dans cette catégorie les vases à anses, puisque cet appendice est une pièce rapportée à chaud, le nombre en devient considérable et la qualité se relève.

it Le nom petrahes du vase de Normandie est évidemment mis à la place de tetraites ; c'est une erreur du mouleur.

Les verriers anciens étaient d'une habileté consommée pour la pose des anses de fantaisie dont les lignes gracieuses et déliées ont servi de modèles aux Véni-

tiens de la Renaissance et aux ouvriers de notre temps. C'est ici qu'au point de vue de la fabrication peuvent se placer les diatreta, vases réticulés, dont la coupe de Strasbourg constitue un type excellent. Cette pièce remarquable a été trouvée en i835 dans le terrain des fortifications; elle a péri lors du bombardement de la ville

en 1870. Le réseau était en verre bleu ainsi que l'inscription:

MAXIMIANV AVGVSTVS.

La coupe faisait sans doute partie du service de table

de l'empereur Maxi- -, mien, qui passa le Rhin en 297. Un autre vase semblable a été découvert en Italie; il porte les mots:

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