‹ L'art de la verrerieChapitre 28 sur 112 · Traduction de Caussin de Perceval · texte numérisé non relu

Traduction de Caussin de Perceval

Il est donc probable que ce verre a été rapporté d'Orient par les croisés car de la fin du xr siècle à la fin du xme, les seigneurs du pays chartrain, du Dunois, du Perche prirent une part active aux croisades et levèrent de nombreuses compagnies dans ces pays. L'opinion que le verre fut donné à Charlemagne par l'ambassade du calife Haroun-al-Raschid ne repose sur aucun fondement.

Le musée de la ville de Douai possède un calice dit « des huit prêtres ». Nous en donnons le dessin : l'inscription est de fantaisie et n'a pu être traduite. Il est fort possible que le verre ait été apporté d'Orient par Guillaume de Dampierre, en i25i, à son retour d'Egypte; ce qu'il y a de certain, c'est qu'il était, au commencement du xive siècle, en la possession d'une demoiselle Marguerite Mallet dit Baudran, qui le légua par testament avec tous ses biens à une fondation destinée à entretenir à perpétuité huit prêtres; le custode en cuir qui renferme le calice est décoré d'ornements au repoussé dans le style du xme siècle.

A côté des verres émaillés, l'Orient du xme siècle nous a laissé d'autres pièces dont le type se résume dans les verres dits de Sainte-Hedwige. La sainte est née en 1174; elle épousa Henri, duc de Silésieet de Pologne; à la mort de son mari, elle entra dans l'ordre de Citeaux et fonda le monastère de Trebnitz, où elle mourut en 1243. Une constante tradition lui attribue la propriété d'un certain nombre de verres que l'on conserve précieusement dans quelques collections de l'Europe1;

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