Chapitre XX, versets 3 et
ils songèrent à vivre; il y eut alors une reprise du mouvement humain dans toutes les branches du travail, et c'est dans cette renaissance sans doute que The'ophile a puisé les enseignements qu'il nous a transmis.
Théophile, prêtre et moine, a écrit un essai, sur divers arts, Diversarum artiam schedula1. Le traité est en trois livres. Le premier donne les procédés de divers
FI G. <5 0. XIe SIÈCLE.
(Peinture gréco-ruthénique.)
genres de peinture et notamment de la peinturée l'huile, non seulement sur les boiseries et les murailles, mais pour les teintes des figures et des draperies, « les animaux, les oiseaux et les feuillages ». Le second est consacré à la verrerie : verre à vitres, vitraux peints, mosaïque, vases en verre de couleur ou émaillés. Le troisième traite du travail des métaux simples, repoussés, émaillés appliqués aux objets en usage dans les célébra-
i. Traduction de M. le comte Charles de l'Escalopier, conservateur honoraire de la bibliothèque de l'Arsenal, précédée d'une Introduction par M. J. -Marie Guichard. Paris, 1843.
tions du culte catholique : calices, burettes, encensoirs, orgues. On comprend l'intérêt qui s'attache à la question de savoir à quelle époque remonte le travail de Théophile, écrit en latin et non daté, Voici les diverses opinions des savants qui ont tenté cette recherche : Lessing, fin du ix<> siècle; Hendrie, première moitié du xie; Rapse, Morelli, Emeric David, de Montabert, Batissier,
FIG. fil. XIIe SIÈCLE.
(Manuscrit français du Vatican.)
xe ou xie; J. Labarte, fin du xie siècle; M. Jlg, fin du xie ou commencement du xne, au couvent des bénédictins de Helmershausen enWestphalie; l'abbé Boussaré, milieu du xnu; Viollet-le-Duc, xne; J.-M. Guichard, xiie ou xiir ; l'abbé Texier, xine. Nous penchons pour la fin du xic siècle, et c'est dans l'histoire de la verrerie que nous trouvons nos arguments. Ainsi qu'on le verra plus loin, Théophile parle de la supériorité des Grecs dans l'art des verres et il ne fait pas la moindre allusion aux verreries italiennes ; or nous avons vu qu'en 1066 l'abbé Didier fit venir d'Orient des ouvriers verriers; nous pouvons donc supposer que Théophile