‹ L'art de la verrerieChapitre 44 sur 112 · FIG. 69. VENISE. XVI · texte numérisé non relu

FIG. 69. VENISE. XVI

(Musée de Cluny.)

les joailliers. Les margaritaires se bornaient à la verroterie, aux grains de couleur et aux menus articles de verre dont les peuples de l'Asie et de l'Afrique ont toujours aimé à parer leur corps et leurs vêtements,

La division du travail paraissait au gouvernement une nécessité absolue et, dès i3i8, les verriers de Murano furent classés en un certain nombre de catégories dont chacune avait des lois spéciales. Le i5 mars i383, le Sénat de Venise prit de nouvelles mesures pour affermir à Murano « le noble art » de la verrerie « Ut ars tant nobilis semper stet et permaneat in loco Muriani ». En 1445, les citoyens de Murano obtinrent le privilège d'élire un chancelier prétorien pour rendre la justice dans l'île et de nommer un nonce en résidence à Venise, à l'effet de traiter les affaires. Les privilèges commerciaux, politiques et municipaux de Murano résultaient d'actes épars; on résolut, en i5o2, de les réunir sous le nom de Statuto di Murano. Voici les principales dispositions de ce code qui est resté en vigueur sans modifications sensibles, jusqu'à la chute de la République :

Les habitants de Murano avaient le titre de citoyens originaires de Venise et étaient comme tels admis aux premiers emplois du gouvernement. — L'île possédait son « Livre d'or » pour l'inscription des familles qui en étaient originaires et de leurs descendants. — Elle avait le privilège de faire frapper monnaie à la « Zecca » de

VENISE

Venise. — Les provéditeurs de Venise n'avaient pas le droit de s'occuper des ponts, des rues et des canaux de Murano ; ce soin était confié aux surveillants soprastanti des verreries. — Il était interdit à la police de Venise de débarquer à Murano. — Seuls les fils des propriétaires de verrerie ou les chefs d'atelier pouvaient établir une verrerie. — Tous ceux qui travaillaient dans les verreries pouvaient porter sur eux deux couteaux dans une gaine unique. — Les filles des maîtres de verrerie pouvaient se marier à un noble patricien de Venise , et les descendants de cette union conservaient leurs titres de noblesse ; cette faveur

datait de i3j6. En 1574, Henri III, roi de France, visita Murano et donna la noblesse aux principaux verriers.

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