‹ L'art de la verrerieChapitre 5 sur 112 · Pline. Lib. XXXVI · texte numérisé non relu

Pline. Lib. XXXVI

blanc, du verre imitant le murrhin, l'hyacinte, le saphir, de toutes les couleurs, en un mot. Nulle substance n'est plus maniable, nulle ne se prête mieux aux couleurs; mais le plus estimé est le verre incolore et transparent, parce qu'il ressemble le plus au cristal. Pour boire, il a même chassé les coupes d'argent et d'or ; mais, à moins qu'on n'y verse d'abord du liquide froid, il ne résiste pas à la chaleur, et cependant des boules de verre remplies d'eau, exposées aux rayons du soleil, s'échauffent tellement qu'elles brûlent les étoffes. Le verre en fragments ne fait que se souder au feu ; pour le fondre entièrement, il faudrait le broyer. La verrerie fait divers objets de verre coloré, par exemple des pièces d'échiquier qju'on nomme abaculi; ces objets offrent même quelquefois plusieurs nuances. Le verre fondu avec le soufre se durcit en pierre.

L'obsidienne est une sorte de verre volcanique qui a de l'analogie avec le verre de bouteille ; la matière est verte foncée ou noire, très dure. Elle est peu employée de nos jours.

Il est donc à présumer que c'est en Egypte que les premières verreries furent établies, car aucun témoignage certain ne peut ^- être opposé , jusqu'à présent, aux souffleurs de verre des hypogées deBeni-Hassan. Mais, sur les produits eux-, mêmes, la plus grande prudence doit être observée; les classements ne sont pas toujours irréprochables et fréquemment on a pris pour du verre des objets en terre

blanche que la cuisson faisait légèrement tourner au bleu et qui étaient trempés dans un vernis tirant sur le vert. Peut-être le grain du collier de la reine Râ-Mâ-Kâ, est-il en cette matière? Les plus anciens verres égyptiens conservés dans les musées présentent rarement un caractère absolument particulier, et nous ne pouvons citer comme type égyptien très pur que le flacon du musée du Louvre qui s'épanouit à l'évasement en fleur de lotus (fig. 6) ; en général, les formes et les matières égyptiennes ont été reproduites ultérieurement en d'autres pays. Les verres del'ancienne Egypte sont ou transparents avec une légère teinte verdâtre ou opaques, soit unis, soit veinés et chevronnés de filets et de rubans d'une couleur tranchant sur le fond; ces mélanges prouvent que les Egyptiens avaient remarqué que les verres de couleur pouvaient être fondus et soudés ensemble sans mélange de couleurs. Ils sont incontestablement les inventeurs de ce genre encore prati-

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