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Nouvelles Archives de l'art français. 2e série. Tome II

aoa L'ART DE LA VERRERIE.

ses associez; leur donnant pouvoir d'y faire des verres, miroirs, glaces et autres ouvrages de verrerie, et les vendre et distribuer par tout le royaume et mesme les transporter hors d1iceluy : Je sieur Clericy a déjà si bien réussi en son entreprise qu'il s'y fait des verres de cristal des plus beaux et des plus fins qui se fassent point partout ailleurs et des ouvrages en terre sigillée » 1. En 1 653, on trouve Cléricy à la foire de Saint-Laurent au faubourg Saint-Martin. — Georgio et Antonio Bianca. verriers, sont naturalisés français en 1611 par acte enregistré au parlement de Nantes. — Même constatation en faveur de Antonio Ribre ou Ribé, verrier, en 1626.

— Lorenzo Rossi, naturalisé français par Louis XIII, associé avec Jean-Marie Perrot, est autorisé, en 1626, a établir des verreries en Poitou, Saintonge et Angoumois.

— Horacio Borniola, gentilhomme verrier de Noli, était, en 1627, établi au Croysic près de Nantes, comme fabricant de verreries et de faïences. — Gérard Demigennes de Gand était, en 1627, verrier et faïencier au Croysic.

— En 1640, Robert de Verrière, écuyer, sieur de Fandôme, fabriquait des verres à vitres à Montelle (Vienne).

— Castellan était, en i665, subventionné par le roi pour un établissement de glaces de Venise fondé à Nevers. — Le parlement de Nantes enregistre successivement les lettres de naturalisation des verriers italiens : E. Buisson et Heric, en i635; César Racheto, à Riaillé, en i653; Giovanni Marino, sieur du Chastelet, et Giovanni Sarode, en 1654; Damiano Racheto, à Saint-Magon, évêché de Saint-Malo, en 1654; Carlo Borniola, sieur de

1. Le Père Dan. Trésor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau. Paris, 1642.

LA FRANCE. aoî

la Grandmaisôn, à Fercé, en 1668; Francesco-Ambrosio Massart, en 1697. Tous ces Italiens étaient originaires du duché de Montferrat; la famille Sarode, de souche de gentilshommes, exerçait la verrerie dans le duché en i552; elle continua en France pendant près de deux siècles à la Fosse de Nantes et à Vandrennes en bas Poitou; elle se livra aussi à la fabrication de la faïence.

Nous avons établi cette aride, longue et cependant encore incomplète nomenclature dans Pespoir de faciliter la recherche des attributions, car, à peu déceptions près, l'archéologie a dû s'en tenir à des données assez vagues sur l'origine des verres français antérieurs au règne de Louis XIV et conservés dans les collections.

La désignation des produits de la verrerie de Guionet à Chamborant nous apprend que, dès le xive siècle, le service de table était bien compris et bien composé; les verreries du pays d'Avignon paraissent avoir produit des œuvres d'art vers le milieu du xve siècle. Le roi René possédait un verre à boire fabriqué à Goult, décoré dans le fond de la Madeleine aux pieds du Christ debout sur les parois, avec l'inscription1 :

Qui bien boira Dieu verra, Qui boira tout d'une haleine Verra Dieu et la Madeleine.

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