Analyses de M. Girandin à Rouen
trafiquants échangeaient à Rome des allumettes et d'autres menus objets contre du verre cassé1.
Le verre était blanc ou coloré dans" la masse; les couleurs les plus fréquentes sont le bleu, le vert, le violet, le jaune; la plus rare est le rouge. Souvent plusieurs couleurs sont mélangées dans la fonte : le verre alors prend l'aspect des agates ; ailleurs, elles sont disposées avec symétrie et forment d'ingénieuses combinaisons dans la pâte; des fils, des rubans de couleur se déroulent en spirales dans une masse transparente ou opaque, c'est le filigrane ; des vermiculés, de tons différents, sont aplatis dans les fonds, c'est une sorte de mille fiori (fig. 9). Pour marquer l'opulence, le verrier introduisait dans la matière en fusion quelques feuilles d'or; l'objet augmentait alors de prix vénal, mais non de qualité; il n'en était plus ainsi lorsque l'or était posé en doublé, c'est-à-dire sous une mince couverte de verre blanc.
Quelle qu'ait été l'habileté des fondeurs de verre dans l'antiquité, elle n'a pas été poussée aussi loin que le prétendent certains auteurs, Pétrone notamment. « Si, écrit-il2, le verre n'était pas fragile, je le préférerais à l'or; maintenant, je le sais, c'est chose vile... Cependant il s'est trouvé un ouvrier qui fit une fiole de verre