MISE AU TRAIT
Nous supposerons pour exemple le plan d'une commune. Ce plan, étant rapporté et dessiné au crayon d'abord, offrira toutes les masses et les différentes natures de propriétés de la commune ; il s'agit actuellement de le mettre au trait (^'^^y Le premier trait sera toujours très-
C^) C'est ce qu'on appelle le claîr-obscur.
(^*) On peut consulter avec confiance l'ouvrage intitulé : Traité du Imis des plans, par M. L.-N. Lespinasse; à Paris, chez Ma^mel, libraire , quai des Augustins , nP 75 , près le pont-Neuf , an im.
La Perspectwe aérienne, par Sajjît-Morien , est aussi un ouvrage recommandable.
(^^'f) Lorsque le plan ne doit pas être lavé , toutes ses parties sont dessinées au trait plein, au tire-ligne et à la plume (suivant que les figures sont en lignes droites, ou présentent des contours ) ; et l'on écrit dans chaque parcelle la nature du terrain , ou bien l'on
léger, afin de pouvoir, par un nouveau trait ferme et arrêté, donner à l'ensemble des masses les formes les plus propres à les exprimer comme il convient j ayant égard aux parties éclairées et obscures, comme nous l'avons dit dans notre préliminaire.
Cette première opération doit annoncer l'effet de l'ensemble général, qui consiste dans la liaison de toutes les parties du dessin; mais pour obtenir ce résultat, il faut avec l'art et l'intelligence joindre l'expérience, qui ne s'acquiert cjue par l'usage, le jugement et le goût.
On peut arrêter le trait au crayon , au tireligne, à la plume, et au pinceau. On se sert ordinairement du tire-ligne pour tracer les lignes du plan; mais la plume et le pinceau sont employés dans tous les genres de dessin. Chaque dessinateur ayant des moyens qui lui sont plus familiers , nous ne prononcerons pas sur le choix de ces deux derniers procédés. Cependant, comme dans les cartes et les plans il y a plusieurs parties qui semblent nécessiter plutôt l'emploi de là plume que celui du pinceau, nous ferons usage des deux procédés , et nous les appliquerons aux parties auxquelles ils conviendront le mieux.
En général, toutes les figures qui présentent des courbes, telles que les îles, les étangs, les bois et les marais, les sinuosités des rivières, des
y affecte un numéro ou bulletin qu'on rapporte dans un état général des propriétés de la commune, avec l'indication des contenances^ etc. : c'est un terrier , ou la matrice des rôles d'une commune ; tel est l'objet que se propose le cadastre.
DES PjLANS. 359
ruisseaux 5 des ravins , des chemins j canaux , etc. , seront tracées plus sûrement et plus nettement à la plume qu'au pinceau.
Le plan de la commune étant dessiné au crayon, comme nous l'avons d'abord supposé, on y indiquera la place ou le contour des montagnes ou des vallons, par un trait léger au crayon, qu'on arrêtera avec un pinceau chargé d'un peu d'encre de Chine et de carmin. * Les parties élevées du plan, étant ainsi préparées, seront mieux disposées à recevoir^ les teintes du lavis.
Les arbres, les haies, et les buissons, seront arrêtés légèrement à la plume.
Dans les parties boisées des cartes et des plans on dispose ordinairement les arbres par groupes jetés avec goût, et l'on dessine quelques buissons pour faire remplissage et liaison.
Les jardins, parcs, parterres, etc., seront arrêtés au pinceau pour ce qui concerne leurs distributions et compartimens ; et les arbres, les bosquets, les charmilles, les vergers, etc. , seront arrêtés légèrement à la plume.
Les échalas des vignes se font à la plume, très-petits, droits, ou perpendiculaires à la base du plan, et l'on dessine autour une espèce de serpentin. On les dispose arbitrairement par pièces un peu espacées, et l'on dessine entre leur espace des arbres qui peuvent représenter des pêchers, cerisiers, pommiers, poiriers, etc.
Les échalas des houblons se font comme ceux des vignes, mais beaucoup plus grand§.
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Les plans des bâtimens en général seront tracés à la règle et au tire-ligne ^ et toujours noirs. « On distingue ensuite par le lavis chaque na- » ture d'ouvrage. Tout ce qui est en maçonnerie, » est lavé en rouge, et les autres objets de la » couleur qui leur convient. S'ils ne sont qu'un » projet, on les lave en jaune, de quelque na- » ture qu'ils soient- et si le projet est irrésolu, » les lignes seront ponctuées.
» Les ouvrages de maçonnerie qui ont été dé- » truits, seront ponctués en rouge; ceux de » terre également détruits, le seront en noir.
» On exprime aussi par des lignes ponctuées » les ouvrages souterrains, les canaux, les tuyaux » de conduite des eaux.
» En mettant au trait les plans des ouvrages y> que nous venons de désigner, on fera sentir y> le côté éclairé et le côté ombré. Pour cela, les » ligues du côté qui reçoit la lumière seront y> déliées; celles du côté qui en sera privé, se- » ront plus grosses. Cette grosseur sera plus ou » moins forte, à raison du plus ou moins de re- » lief qu'on voudra donner au plan, lequel est » toujours supposé coupé horizontalement, à » quelques mètres ou pieds au-dessus du niveau » du terrain.
y> On est convenu généralement que le jour » serait supposé venir de gauche à droite, à 45 » degrés de déclinaison, ou à 45 degrés d'incli- » naison. La première partie de cette supposi- )> tion porte les ombres vers la base du plan , et » la seconde les rend égales à la haut-eur des
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» corps qui les produisent. » (Traité du lai^is des Plans ^ Par M. L.-N. Lespinasse, 1818.)