‹ L'Art de lire à haute voixChapitre 14 sur 48 · SUITE DE LA CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SUITE DE LA CINQUIÈME LEÇON

Des Arguinens , et de la manière de les énoncer.

En traitant des pensées et de la nécessité d'en apprécier le caractère , la valeur et la force , je n'ai fait que présenter une partie des moyens qui peuvent conduire luî lecteur à un des principaux objets de sa lecture, celui de frapper l'esprit des auditeurs. Il ne suffit pas en effet de connaître les pensées en elles-mêmes , il faut encore les connaître dans leur liaison, dans leur dépendance, et dans les conséquences qu'elles amènent. Ce discernement des pensées réduites en argumens, est une des conditions indispensables d'une bonne lecture. Quel que soit le sujet d'un discours et le lieu où on le prononce, les arguraens ou raisonnemens en formeront toujours une partie très importantC; car, dans toutes les occasions sérieuses, l'homme qui parle a pour but de démontrer à ses auditeurs qu'une chose quelconque est bonne ou mauvaise, juste ou injuste, vraie ou fausse, et de déterminer leur conduite au moveii de cette conviction.

Pour expliquer ce que c'est qu'un argument, il faut savoir qu'il y a trois sortes de pensées : la première,

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comme nous l'avons déjà dit , est une simple représentation de quelque chose dans l'esprit, comme quand je me retrace l'image d'un ami absent : c'est ce qu'on appelle communément idée.

La seconde est la représentation de deux idées enchaînées, comme quand je me dis en moi-même : mon ami est sincère dans ses attachemens: c'est un Jugement.

La troisième est la représentation du rapport de deux ou plusieurs liaisons entre elles, comme quand je me dis en moi-même : mon ami est sincère dans ses attachemens; donc il m'aime encore malgré son absence: c'est le raisonnement. Ainsi, concevoir, juger, raisonner, voilà les trois opérations de l'esprit.

Quand ces trois espèces de pensées sont exprimées par des mots, elles changent de nom. L'idée s'appelle terme , le jugement jo/'opos/Z/o/z^ le raisonnement argument.

Les raisonnemens , comme l'on voit, supposent les jugemens, et les jngemens les idées, ou, ce qui est la même chose, les argumens sont composés de propositions, et les propositions sont composées de termes.

L'argument a quelquefois trois propositions, comme dans cet exemple :

« 11 faut aimer cç qui nous rend heureux. Or, la bienfaisance nous rend heureux : Donc il faut aimer la bienfaisance. ))

Voilà ce qu'on appelle un syllogisme en forme. L*

io6 l'art de like

première de ces trois propositions se nomme majeure, la seconde mineure y la troisième conclusion.

Quelquefois l'argument n'a que deux propositions, })arce qu'on eu sous-entend une qu'il est aisé de suppléer.

(( La bienfaisance nous rend heureux;

Donc il faut aimer la bienfaisance »

C'est Venthjmême. La première proposition se nomme antécédent y la seconde conséquence.

Quelquefois enfin on raisonne par des exemples.

« On doit aimer la prudence j

Donc on doit aussi aimer la justice ».

Celui-ci s'appelle induction.

Le syllogisme en forme se rencontre rarement dans le discours. C'est communément l'entliymême qui occupe sa place ; ou s'il y est , ses parties sont arrangées autrement que dans la forme philosophique.

En logique, on dit: la bienfaisance nous rend heureux ; donc il faut aimer la bienfaisance. Dans un ouvrage de goût, on présente d'abord la proposition à prouver, et la raison qui la prouve n'arrive qu'après.

On trouve dans le plaidoyer de Cicéron pour Mi~ Ion , un argument de cette sorte, fait de main de maître. Milon était un des candidats pour la prochaine nomination des consuls; et Clodius fut tué peu de jours avant l'élection. Cicéron demande s'il était croyable que Milon fût assez insensé pour vouloir, en pareille circonstance, aliéner, par un odieux assassinat, la faveur du peuple dont il sollicitait si ardemment les

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suffraj^es? An premier coiip-fi'œil, cet argnnicnl lait une injprcsiiion profonde; mais ce n'était pas assez, il ponvait soutenir la rénexlon^et l'oratenr présente en conséquence un tableau frappant de l'inquiète et soigneuse attention avec laquelle les candidats cultivaient, dans ces occasions, la bonne opirnon du j)euplc. « Je sais parfaitement , dit-il, à quel point les candidats des grandes places portent la timidité, l'inqui<;tude et la circonspection •, je connais tous les soins, toute l'attention qu'entraîne le désir d'être nommé consul. Dans ces occasions, on a peur de son ombre : nous sommes inquiets non-seulement des reproches que les autres peuvent nous faire ouvertement, mais de ce qu'ils peuvent penser en secret; la moindre rumeur, le soupçon le moins probable nous alarme et nous déconcerte ; nous étudions les regards et le maintien de tous ceux que nous rencontrons', car rien n'est si délicat, si fiagile , ni si incertain c|ue la faveur publique : ce ne sont pas seulement nos \ices qui peuvent aliéner nos concitoyens; ils conçoivent souvent nn dégoût de fantaisie pour des actions méritoires. Est-il donc probable que Milon , après avoir si long-temps fixé sur le jour de l'élection son attention cl son espoir , ait pu concevoir la coupable pensée de se ])résenter devant l'auguste assemblée du peuple comme un vil assassin , et les mains encore teintes du sang qu'il venait de répandre ? ))

Cet argument si beau , si fortement développé , ré-

, duit en syllogisme, revient à ceci • Milon briguait le

consulat dans le temps même où Clodius a été tué y

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tout faisait alors à Milon une loi de se rendre digne des suffrages du peuple ', donc Milon n'a pu assassiner Clodius.

Un autre observation sur le syllogisme oratoire , c'est qu'on lui donne quelcpiefois plus d'étendue, en y ajoutant deux autres propositions , dont l'une sert de preuve à la majeure , et l'autre à la mineure , quand elles en ont besoin.

<c II faut aimer ce qui nous rend plus parfaits j Or, les belles-lettres nous rendent plus parfaits ; Donc il faut aimer les belles-lettres. »

Voilà un argument en forme. Nous allons le rendre oratoire.

Il faut aimer ce qui nous rend plus parfaits ; c'est une vérité qui est gravée en nous-mêmes, et dont le bon sens et l'amour-propre nous fournissent des preuves que nous ne saurions désavouer.

Or, les belles-lettres nous rendent plus parfaits : Qui pourrait en douter? Elles enrichissent l'esprit, elles adoucissent les mœurs, elles répandent surtout l'extérieur de l'homme un air de probité et de politesse.

TDonc il faut aimer les belles-lettres j donc l'amourpropre et le bon sens suffisent pour nous les rendre précieuses , et nous engager à les cultiver.

Tous ces détails , dans lesquels je viens d'entrer , sur les argu mens, vous prouvent, messieurs, combien il importe à tout lecteur de reconnaître dans un discours un argument, et de savoir le présenter avec toute la force

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qu'il comporte. Jamais le raisonnement n'est emplo\é dans le discours sans avoir nu but bien marqué, celui de découvrir et de montrer aux antres une véiité qui n'est pas assez évidente', d'où il suit que si leraisonnement est méconnu ou piésenté d'une manière confuse par le lecteur, la vérité qu'on devait apercevoir échappe, et tout est perdu pour l'intérêt du sujet, ou pour le succès de la cause qu'il s'agissait de défendre.

Le lecteur, en énonçant un argument^ doit se supposer à la place de l'auditeur , et peser en quelque sorte l'impression que pourraient faire sur lui les raisonnemens qu'il est chargé de développer* car il ne doit pas se flatter d'en imposer, ou de porter la conviction dans les esprits, en employant pour les argu m eus une élocutlon froide, languissante, sèche et monotone, c'est-à-dire , une élocution qui laisse dans le néant ce qui forme tout le nerf et la partie la plus décisive d'un discours, pour la conviction des esprils.

Ed supposant les argumens bien choisis, voici les règles que le lecteur doit observer pour en faire résulter l'effet qu'ils doivent naturellement produire.

Premièrement, il faut éviter d'éuoncer avec le même ton les argumens d'une nature différente. Sans doute les raisonnernens , quels qu'ils soient, ont toujoiu's pour objet de prouver, ou qu'une chose est vraie , ou qu'elle est moralement juste et convenable, ou qu'elle est bonne et profitable; car tels sont les princi[)aux points de discussion parmi les hommes, la vérité, le devoir et l'intérêt, mais les argumens relatifs à un <1o

ces trois points sont d'un genre bien difi'érent des raisonneraens fondés sur les deux autrcsj et celui qui les énoncerait avec le même caractère d'éloculion , rendrait sa lecture irrégulière et confuse. Supposons, par exemple, un discours où se Irouveraient réunis les trois points de discussion dont nous avons parlé, c'est-à-dire, un discours où il s'agirait d'établir par trois argumens différens, ]° qu'un crime a été commis ; 2" qu'il est du devoir des magistrats de le punir; 5° que l'intérêt public est attaché au châtiment du coupable.

Dans la discussion du premier point, le lecteur s'énoncera d'une manière claire et distincte, surtout dans le détail des fiaits , dont aucun ne doit échapper à l'attention de l'auditeur. Comme son objet est de démontrer l'existence de ces faits, son ton sera celui d'un homme qui en est lui - même fortement convaincu. Quand des circonstances atroces se joindront à leur développement , il les exprimera avec horreur et indignation. Quel lecteur, par exemple, pourrait lire froidement les circonstances d'un des crimes de Yerrès , dont Cicéron , en accusant ce pioconsul , voulait établir l'existence? Il s'agissait de l'infortuné Gavius, né citoyen de Rome. Ce Gavius s'était évadé de prison, où il était enfermé par l'ordre du gouverneur. Au moment de s'embarquer à Messine, et croyant n'avoir plus rien li redouter, il annonça que quand il serait à Rome, il se vengerait de l'injustice du gouverneur. Le magistrat de Messine, créature de Verres, le fit arrêter, et iiîforma Ycrrcs de ses menaces. Celui-

ci, eiiflaiiinié de fureur à cette nouvelle, fil traîner le malheureux Gavius clans le Forum , manda les exécuteurs, et, au mépris des lois et des privilèges des citoyens de Rome, fit dépouiller et fustiger Gavius de la manière la plus lîarbarc, et le fit périr enfin par le supplice de la croix : voilà le fait. Voici maintenant conmicnt Cicéron en développe les circonstances. « Dans la place du Marché de Messine, dit-il, un citoyen romain, 6 juges! a été fustigé impitoyablement; et dans l'angoisse de ses douleurs, il n'échappait d'autre cri, d'autre plainte à cet infortuné que cette exclamation : Je si/is citoyen romain ! Il espérait que le piivilège de sa naissance ferait suspendre les coups qui le déchiraient- mais, loin de lui valoir quelque relâchement de ses tortures, tandis qu'il répétait sa plaintive exclamation, une cioix , citoyens, une croix se préparait pour terminer son supplice et sa vie.

« O nom vénérable et sacré de la liberté! ô privilèges d'un citoyen romain, si vantés et si respectés! ô loi porcienne, lois semproniennes, qu'êtes-vous devenues? Ln citoven romain, dans une ville alliée , est publiquement chargé de chaînes, et battu de verges en plein marché, et par l'ordre d'un homme qui tient sa ])laec et son autorité de la faveur du peuple romain! w

Rien n'est plus magnifique ni mieux conduit que ce passage. Il était impossible de faire un choix de circonstances plus capables d'exciter la compassion pour Gavius, et l'indignation contre \ erres. Mais la circonstance la plus odieuse manquait encore au développement du crime que l'orateur romain voulait

établir. « Enfin, Piomains , ajoute-t-il , Verres ortlonna de dresser une potence , non pas dans la place où l'on avait coutume de faire les exécutions, mais sur le bord de la mer , en face de la côte d'Italie , afin , dit-il, que Gavius, qui était si fier de son titre de citoyen de R.ome , pût contempler son pays en expirant du haut de sa potence. Cette làclie insulte, adressée à un malheureux qui allait à la mort, est la moindre parlie de son crime •, car , ce n'est pas seulement Gavius qu'il avait en vue, mais c'est vous, Romains , et tous les citoyens qui m'entendent. La manière ignominieuse dont il a traité Gavius , atteste son mépris pour vos droits, et pour le nom et le privilège des Romains. »

Après l'argument destiné à établir l'existence d'un crime , peut venir celui qui aurait pour objet de démontrer l'obligation où sont les magistrats de le punir. Dans renonciation de ce second raisonnement, la marche du lecteur doit avoir un autre caractère. Tout ce qui tend à rappeler un devoir, doit être démontré avec force et avec dignité , en conservant toutefois le respect qui est dû aux dépositaires de l'autorité publique auxquels on s'adresse. Il serait ridicule de se passionner en argumentant pour une obligation reconnue et sentie d'avance. Quand la plupart des écrivains raisonnent sur cette obligation des magistrats , ils le font ordinairement avec une délicatesse extrême, comme s'ils ne doutaient nullement de la disposition des juges à remplir leur devoir. Telle doit être la confiance du lecteur en énonçant ces sortes d'argumens :

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son ton ferme et assuré doit amioncci' l'cnlier abandon de son àmc.

a (Jràces an ciel, s'écriait le cclèhre avocat-général Ségnier, après avoir prouvé le crime d'un grand coupable, nous sommes encore dans le temps où il suffit de démontrer aux maf:jlslrats l'existence d'un crime, pour les l'appeler aux devoirs do leur place. Voilà, o juges ! im crime qui vous est irrésistiblement démontré. Vous ii'liésiterez donc pas à remplir la tâche; sacrée qui vous est imposée, en livrant le coupable à la vengeance des lois ».

Cependant, il pourrait se faire cpi'un argument, fondé sur la considération du devoir, ne fut pas suffisant pour déterminer la conscience des juges, et qu'il fallût avoir recours à des motifs d'intérêt public.

C'est dans la discussion de ce troisième point que la véhémence doit être permise, et que le lecteur, s'élevant aux grands intérêts de l'humanité, doit fortement pronostiquer, avec l'écrivain, les plus grands malheurs et la dissolution de la société, si le crime peut s'y montrer audacieusement la tête levée , et y obtenir l'impunité. Un argument de cette sorte a un caractère si grand, il porte sur des intérêts si majeurs, il embrasse tant de puissantes considérations, qu'à peine tous les ressorts d'une belle et sublime éloquence peuvent sufl&re à l'énoncer. Comment exprimer froidement, par exemple , le raisonnement suivant?

« Non, messieurs, la sécurité publique ne peut être fondée que sur la répression du crime. Si celui qui vous est démontré pouvait échapper à la vengeance

des lois, vous donneriez partout le signa! du brigandage; vous relâcheriez tons les liens de l'ordre social : pour l'impunité d'un scélérat, vous compi omettriez la sûreté de tous les bons citoyens; vous livreriez la société entière aux entreprises des malfaiteurs. C'est donc au nom de tous, au nom de l'intérêt public, dont vous êtes les jMotecteurs et les appuis, que vous devez livrer au glaive de la justice le coupable qui vous est dénoncé 3).

La seconde règle que le lecteur doit suivre , quant aux argumens, est de se conformer dans sa marche aux gradations qu'il trouve observées dans l'objet de sa lecture. Ordinairement, un écrivain adroit et exercé commence par les argumens les plus faibles, passe ensuite à ceux qui le sont moins, et ne présente les plus forts que vers la fin, au moment où il peut espérer de faire une impression profonde sur les esprits, déjà préparés favorablement. Telle doit être la marche de l'éloculion du lecteur. S'il énonçait avec chaleur les argumens les plus faibles, pour ne donnera ceux qui sont destinés à produire les plus fortes impressions qu'une faible partie de ses moyens oratoires, alors tout serait dénaturé dans l'ordre de sa lecture, et le but de l'écrivain serait manqué. 11 n'y aurait aucune impression forte communiquée, ni au commencement, ni à la fin ; ni au commencement, parce qu'un gcand effet ne peut résulter d'un faible moyen-, ni à la fin, parce que ne donnant pas à un argument vigoureux le ton qui lui convient , il en atténue la force , et le rend inutile pour la conviction de ses auditeurs.

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- Souvent il arrive qu'mi écrivain , changeant la marche naturelle des ar«;nnions , a placé le (>his fort au comtjicncement , afin de (rapf)cr cVahord les esprits, de dissiper leurs préventions , cl de les disposer à écouter plus favorablement ou pins impartialement le reste du discours. Quand cela arrive, le lecteur doit être attentif à cette inversion de moyens, et a»^ conformer à l'intention de l'écrivain dont il est l'oi j^ane. En général, partout où sont les argumens les plus énergiques et les plus concluans, là doit s'accroître et se prononcer fortement l'élocution du lecteur: là doit être appelée et fixée l'attention des auditeurs : ce qui p^ut supporter un examen particulier; ce qui peut être livré à la réflexion sans risque, ne doit souffrir ni hésitation , ni langueur. Un argument nerveux daus la bouche d'un lecteur monotone et insignifiant, ressemble à une arme terrible qu'agiterait un bras faible et timide. Des deux côtçs, Içs coups sont inipuissans, et leur nullité atteste la disproportion qui existe entre ceux qui, par leur faiblesse, les rendent tels, et l'effet qu'ils devaient produire.

En troisième lieu, lorsqu'il arrive (jue, faute de preuves directes , les argumens n'ont point assez d'évidence, et que l'écrivain, pour les étayer l'un par l'autre, les a serrés et rassemblés en masse, afin de produire une impression plus forte, c'est au lecteur à les énoncer avec une telle énergie, que ce qu'ils ont de faib|e dis^ paraisse , et que la présomption devienne en quelque sorte évidence. Quinlilien cite un exemple de cette espèce d'argumens entassés : il suffit presque de le rap-

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peler, pour sentir de quelle manière rapide et pressante un lecteur doit l'exprimer. H s'agissait d'un homme accusé d'avoir assassiné un parent dont il était héritier : il n'y avait point de preuves concluantes, et l'on fît usage des argumens suivans : ce Vous attendiez une succession, et une succession très considérable* vous étiez réduit à une situation qui teuait de très près à la misèrej vous étiez vivement pressé par vos créanciers* vous aviez offensé votre parent, qui vous avait fait son héritier', vous saviez qu'il se proposait de faire un nouveau testament : il n'y avait pas de temps à perdre.» Jugez, Messieurs, combien ces argumens, dont chacun ne présente qu'une présomption très faible, perdraient de leur force s'ils étaient exprimés lentement , et avec ce compas symétrique qui, si souvent, dénature et dessèche tout.

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