INTRODUCTION. SU
Et comment T instruction don n de dans le premier Age sui cet objet, pourrait-elle suffire? A-t-on pu discuter avec l'en^ fance fa nature des sons de la voix humaine, leur caractère, leurs diverses modifications, leur valeur prosodique et le degrd de consistance qu'il laut leur donner? A-t-on pu lui faire connaître la ndcessite, la beauté, les lois d'une articulation nette et bien distincte dans l'émission des éldmens de la parole? A-t-on pu lui faire sentir quels étaient dans la lecture les tons faux, inarticulés et défectueux? Et quand l'enfance pourrait entrer dans cette discussion j est-ce bien avec les maîtres qu'on donne généralement aux enfans que l'on pourrait espérer cette instruction raisonnée? N'est-ce pas là plutôt la source de la dégradation du langage dans tant d'individus qui paient par des erreurs incorrigibles, l'indifférence avec laquelle on a abandonné leur première éducation à des maîtres ignorans , sans principes et sans goût?
Mais peut-être espère-t-on qu'en entrant dans la carrière de leurs études, ces jeunes élèves y réformeront les vices de leur prononciation ; qu'ils y perdront avec de nouveaux maîtres leurs mauvaises habitudes ; qu'ils y apprendront enfin les règles d'un beau langage : erreur plus grande encore! Souvent ils passent entre les mains d'hommes, instruits sans doute sur les objets particuliers dont l'enseignement leur est confié; mais aussi ignorans que les premiers sur l'objet dont il s'agit. Non-seulement ils retiennent dans cette nouvelle école les vices qu'ils ont contractés dans la première; mais ils en prennent souvent de plus déplorables encore. Tantôt c'est un débit monotone, insipide et trivial auquel on les forme; tantôt ce sont des tons pédantesques et pleins d'une emphase ridicule qu'on leur fait prendre; tantôt enfin c'est une prononciation entièrement défectueuse et opposée au génie de la langue française à laquelle on les façonne. Enfin arrive l'époque de U vie où il faut entrer dans \^