V INTRODUCTION
carrière des iouctions sociales. Alors oa ^^ent pour la première fois le vide ou le ridicule de l'instruction que l'on a reçue; alors on s'aperçoit que tout ce que l'on a appris sur la prononciation française doit être réformé j qu'il faut eu quelque sorte recommencer son éducation sous ce rapport. Heureux ceux qui s'y décident franchement I Mais, comme je l'ai dit, il faut reprendre cette instruction dans ses élémens j et c'est le point d'où je pars dans la première partie de cet ouvrage.
Dans la seconde , qui embrassera les moyens de frapper l'esprit et que j'appellerai Vart de phraser , j'exposerai par quelle méthode de diction un lecteur peut parvenir à porter la lumière dans l'esprit de ses auditeurs, et quelles sont les notions grammaticales et littéraires qui doivent lui servir d'appui pour atteindre ce but j je montreiai comment il est nécessaire qu'il connaisse le génie particulier de la langue sous le rapport de ses constructions, des lois de sa Syntaxe , de sa ponctuation , de ses périodes et de ses nombres : et portant mes vues plus loin encore, je présenterai les rappoi'ts qui existent entre l'art de bien dire et celui qui apprend à discerner exactement les pensées , à saisir leur enchaînement , à les suivre dans leurs conséquences , et qui les fait reconnaître sous leurs formes logiques ou oratoires. Grand et immense tableau qui nous jettera dans la carrière des plus belles observations sur les propriétés particulières à notre langue, sur les lois du raisonnement et sur la disposition des hautes compositions oratoires.
Dans la troisième , qui traitera des moyens de toucher le cœur , ou de l'art des intonations ; après avoir discuté plusieurs questions générales sur la nature des inflexions oratoires, sur leur étendue, leur nécessité et leur objet ; je présenterai ce que la langue française renferme de favorable à leur développement^ quels sont les différens vices qui les dénaturent dans les discours publics; et pas'sant ensuite à