‹ L'art de passer son temps au bord de la merChapitre 8 sur 37 · CES · texte numérisé non relu

CES

- Costumes de bain.

toutes les fois que les individus sont frappés de lymphatisme, de débilité, d’affaiblissement, que la cause soit due à une chose ou à une autre, l’action efficace et réparatrice se fait sentir quand même.

Les enfants chétifs, les jeunes gens et les jeunes filles à l’âge de la puberté, les femmes fatiguées par les exigences mondaines y puiseront une force nouvelle. Pour qu’un bain soit profitable, il faut qu'il soil pris dans des conditions d'hygiène spéciale. Une chose essentielle est que la réaction s'opère bien; cette réaction c’est le réchauffement

du corps par ses ressources propres. Il est plus facile d'obtenir cette réaction dans les bains de mer que dans ceux d'eau douce : 1° à cause de la propriété stimulante du sel; 2° par la chaleur que procure le choc des vagues.

On doit se plonger tout d’un coup dans la mer; quelques personnes se font jeter un seau d’eau avant d'entrer, la sensation est désagréable, mais vite passée. Plus on tarde à s’enfoncer, plus le froid semble pénible. Quand vous êtes plongés, ne restez pas inactifs; si vous savez nager, nagez; sans cela, sautez, dansez, remuez. On peut, pour apprendre à nager, se parer d’une ceinture spéciale appelée « ceinture de natation ». Il en existe de deux facons; soit en caoutchouc, soit en liège : celles de caoutchouc sont préférables aux autres qui écorchent facilement les bras. La durée du bain doit être fort courte, dix minutes au plus; les bains longs affaiblissent et peuvent même, si on les prolonge d’une façon démesurée, amener des syncopes très dangereuses.

En sortant de l’eau froide il est très agréable de prendre un bain de pieds chaud; la réaction s'opère sûrement de cette façon, les enfants doivent tou- Jours en prendre, on est plus certain qu'ils sont bien réchaufrés.

L'époque des bains de mer commence en juin pour se terminer à la fin de septembre; quand on en à bien pris l'habitude on se baigne par tous les temps, même quand la température est froide. Une grande marche est une chose excellente quand le bain vous a semblé saisissant.

AU BORD DE LA MER na

On peut encore, pour se réchauffer, prendre une liqueur tonique ou une boisson d’une température élevée, si l'on n'a pas la crainte de couper l'appétit par cette pratique.

S'il est des personnes qui se trouvent bien du

Les bains de Frascati au Havre.

régime balnéaire, il en est d’autres qui ne peuvent le supporter; ce sont : les organisations nerveuses, ceux qui sont atteints de couperose ou d’acné, enfin les malades de la poitrine! Disons qu'il est toujours utile, avant de commencer une saison, de demander conseil au docteur. :

Il est préférable de prendre son bain à marée haute; quand la mer descend il faut craindre les

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courants sur certaines plages, les bons nageurs mêmes doivent s’en éloigner, carils les entraîneraient au large malgré tous leurs efforts.

En terminant le chapitre des bains, nous voulons.

dire quelques mots de la natation; cet art si utile n'est pas seulement un plaisir, un divertissement, mais encore une chose de la plus haute importance.

La natation a des principes qu'il ne faut pas ignorer pour les mettre en pratique. Une fois que la théorie est apprise, on peut se servir, ainsi que nous l'avons dit, de la ceinture de caoutchouc; un point important est de la bien placer; car si elle est attachée trop bas on perd facilement l'équilibre et les pieds sortent de l’eau. Avec cette ceinture on apprend le « coup », c’est-à-dire la facon de ramener et de pousser les pieds et les mains pour obtenir un mouvement de progression.

Le meilleur moyen pour apprendre vite à nager,

c'est d'avoir confiance et de ne pas craindre de

lâcher pied. Il est plus facile de nager dans l’eau salée que dans l'eau douce; pour faire la planche (c'est-à-dire pour rester étendu sur le dos pendant un certain temps), il suffit, dans la mer, de s’allonger en une position convenable et de remuer légèrement les mains, il est bon de savoir faire la planche ; cet exercice sert à se reposer de temps en temps quand on à une grande distance à parcourir, On

peut apprendre à nager à sec, à plat ventre sur

un pliant; cela réussit souvent, mais de cette facon

on ne prend pas de hardiesse. Les mouvements se font facilement; il faut : 1° allonger vivement

spin

les bras et les jambes celles-ci écartées ; 2° rapprocher les genoux les jambes tendues, séparer les mains; 3° décrire un demi-cercle de chaque main et rapprocher les talons du corps. Il ne faut pas craindre de donner un vigoureux coup de jarret, car c’est lui qui fait avancer le nageur.

Nager à la brasse. — Cette facon de nager est plus fatigante que les autres; il faut beaucoup de vigueur pour exécuter les mouvements et surtout une longue haleine, car la première partie se passe sous l’eau, pour acquérir une plus grande rapidité.

On commence par préparer ses bras et ses jambes dans la position ordinaire, puis on lance les mains en avant en plaçant la tête entre les bras toujours sous l’eau ; avec les jambes on agit comme si l’on voulait lancer de formidables coups de pied, en filant entre deux eaux ; on reste les membres allongés pour ne pas retarder l'impulsion, quand on la sent se ralentir on ramène les talons près du corps et on remonte à la surface de l’eau jusqu’à ce que l'on ait repris sa respiration.

À la marinière. — Pour nager à la marinière il fautfaire marcher les bras séparément ; puis, au lieu de se tenir sans cesse à plat ventre, on nage tantôt -sur un Côté, tantôt sur l’autre.

Le premier mouvement consiste à tendre le bras droit en ayant la tête placée sur ce bras et le corps

incliné du même côté; le bras gauche étendu le long du côté gauche, la main appuyant sur l’eau à la hauteur des genoux, les jambes pliées pendant ce temps. Au deuxième mouvement les Jambes se dé-

tendent et on opère avec le côté gauche de la même façon qu'avec le côté droit.

La coupe. — Cette manière de nager se rapproche beaucoup de la marinière, mais elle est plus fatigante : on avance rapidement par le procédé de la coupe, vulgairement on dit encore nager à la marsouin.

La planche. — Ainsi que nous l'avons déjà dit, il est fort utile de savoir faire la planche, quand on est en train de nager; voici le procédé à employer pour se placer sur le dos : gonfler la poitrine par une grande inspiration, puis avec précaution, tourner la tête et les jambes d’un côté de la même façon que dans un lit ; pour se remettre sur le ventre, on garde une jambe immobile pendant que l’autre continue à se mouvoir tout doucement, on se tourne du côté de la jambe active.

Nager sur le dos. — On commence par donner une impulsion avec les pieds, ensuite on se sert des mains comme de rames; cette façon de nager donne peu de fatigue et il est facile de conserver cette po- Sition pendant un certain temps.

Le plongeon. — Avant de parler du plongeon luimême, nous voulons faire une recommandalion imporlante à ceux qui se livrent à cet exercice; c’est celle de se boucher les oreilles avec un peu de coton huilé, afin d'éviter des accidents qui sont susceptibles d'amener souvent la surdité.

On peut plonger de plusieurs manières ; soit d'un bateau ou de la berge, quand la profondeur est assez grande; les mains rapprochées au-dessus de la

tête, les bras formant un angle ou en se laissant tomber les jambes réunies et les bras bien rapprochés du corps.

Si l’on veut plonger la tête la première, le corps doit décrire une courbe bien marquée, afin d'éviter les plat-dos ou les plat-ventre qui sont fort désagréables. Pour revenir du fond à la surface, si la profondeur n'est pas grande, il suffit de donner un bon coup de jarret en touchant le sable, et en ayant le soin de tenir les bras bien collés au corps; si, au contraire, la profondeur est considérable, on lève les jambes l’une après l’autre et l’on exécute le même mouvement que pour monter un escalier.

L'exercice du plongeon n’est pas seulement un plaisir, il est de toute utilité quand on cherche à sauver quelqu'un qui se noie.

Pour opérer un sauvetage, il faut être non seulement bon nageur, mais encore vigoureux et prudent. Le meilleur moyen à employer est de tâcher d'approcher de la personne en danger sans qu’elle se doute que vous veniez à elle; puis la saisissant par les deux bras, au-dessous des épaules, vous la poussez devant vous en nageant des jambes; ce procédé est préconisé pour empêcher le sauveteur d'être saisi par celui qu'il sauve, ce qui arrive souvent et occasionne deux morts au lieu d'une.

En cas de crampe, voici ce qu’il faut faire ; frapper d'un coup subit et nét le membre affecté de cet inconvénient ; la crampe ne tarde pas à disparaître par ce procédé.

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