‹ L'art de peindre les fleurs a l'aquarelleChapitre 32 sur 76 · IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

IMPÉRIALE

FAMILLE DES LILIACÉES

L’impériale est une plante bulbeuse qui, dès le mois d’avril, fait la parure des jardins. d'agrément. Sa bulbe est jaune, arrondie, formée d’écailles larges, épaisses et spongieuses, soudées les unes avec les autres. La tige à trois pieds environ : sa partie inférieure est verte, anguleuse, abondamment garnie de feuilles lancéolées (en fer de lance), ondulées, sessiles et disposées irrégulièrement; sa partie supérieure est nue, violette, unie, un peu glauque, et couronnée par un bouquet de petites feuilles et de fleurs ressemblant à des tulipes renversées. Ces fleurs ont un pédoncule cylindrique et recourbé; un calice de six folioles pétaloïdes , ovales , bossues à leur base, en dedans de laquelle on trouve une fossette blanche qui distille une liqueur sucrée; six étamines inégales, plus longues que le calice, et rassemblées en faisceau au milieu de la fleur (pl. «9 &); un

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ovaire à libre, alongé, porté sur une espèce de pied qui l'élève au-dessus du réceptacle, et partagé en trois loges contenant deux rangées d’ovules; un long style terminé par

“rois stigmates obtus c. La couleur du calice, variable du

jaune au rouge safrané, est rehaussée de lignes longitudinales plus foncées; la partie voisine du pédoncule est brunâtre et glauque; ce qu’on voit des étamines et du pistil, sur une fleur entière, est d’un blanc tirant sur le jaune. Toutes les parties de la plante, et surtout sa bulbe, exhalent, quand on les froisse, une odeur désagréable.

De tous les caractères qui appartiennent à la famille des Liliacées, il importe surtout de ne point perdre de vue la direction longitudinale et parallèle des fibres des feuilles, ainsi que le nombre des étamines et des divisions du calice. Nous renvoyons, pour le reste, à ce que nous avons dit, page 6, à l’article Agapanthus. "

Deuxteintes générales sontnécessairespourpeindrelesfleurs de l’impériale : l’une se fait avec de la gomme-gutte, du carmin, ét du bleu de Prusse, elle sert à colorer les parties brunätres voisines des pédoncules ; l’autre est composée de carmin etde gomme-gutte donton varie lesproportions, elle s'emploie pour toute la portion safranée du calice : ces couleurs doivent être délayées à grande eau. On en imbibe le petit pinceau destiné à ébaucher, et l’on couche hardiment chaque foliole, en dirigeant les touches de leur point d’attache à leur extrémité libre, c’est-à-dire de haut en bas : il faut, pour éviter la confusion, s'occuper d’abord des divisions qui sont éloignées les unes des autres, et attendre, pour passer à celles

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qui les touchent; que les premières soient suffisamment sèches. Les parties vertes, pour lesquelles on emploie le bleu de Prusse, la gomme-gutte et la sépia, ne demandent pas moins d’attention; le bouquet de feuilles qui termine la tige exige surtout beaucoup de soin : on commence par ébaucher isolément quelques feuilles, qu’on laisse sécher avant d'aller plus loin, et ainsi de suite; dans ce travail on conduit des touches larges et abondantes de couleur de la pointe de chaque feuille à son autre extrémité, en leur imprimant un mouvement de zigzag. Pour la tige on combine le carmin, le bleu de Prusse et l'encre de Chine, et l’on mene le pinceau de haut en bas. Les étamines se font avec un peu d’encre de Chine et de gomme-gutte; les pédoncules avec le vert des feuilles affaibli par une certaine quantité d’eau.

On finit les fleurs par des hachures un peu larges et bien liées; on ajoute au ton de l’ébauche, pour les endroits ombrés, un peu d’encre de Chine. Il en est de même des feuilles, sur lesquelles on multiplie des touches fines et parallèles que l’on trace de haut en bas, ou en suivant le contour des feuilles, lorsque celles-ci ne sont point droites : par-là on imite l’arrangement des fibres végétales, qui sont dans l’impériale, placées les unes à côté des autres. Lorsqu'on veut reprendre la tige, on retourne le vélin sens dessus dessous, et l’on conduit le pinceau longitudinalement du bas de la tige vers son sommet; on doit, dans quelques points, associer le vert de vessie à la teinte de l’ébauche. En achevant les étamines, on emploie, pour les dessous, un peu d'encre de Chine et de carmin; on s’en sert aussi pour les pédoncules. On indique, avec un mélange de gomme-gutte et de car-

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min, les lignes qui sont sur les calices; on termine par

la, ou bien l’on s’en occupe avant de passer au fini des

parties vertes.

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NARCISSE DES POETES. WARCISSUS POETICUS.

FAMILLE DES NARCISSÉES. (:)

Les organes du narcisse, avant leur développement, sont renfermés dans une bulbe grisâtre, semblable, pour la forme et la structure, à une grosse échalotte. Mais, au printemps, il sort de sa partie inférieure des racines qui s’enfoncent dans la terre et vont y puiser des sucs nécessaires à la végé- ‘ tation. Les feuilles, qui n’existaient qu'a l’état rudimentaire, se montrent au dehors, et prennent en peu de temps la forme que nous leur connaissons : elles sont étroites, longues, en gouttière, d’un vert foncé légèrement bleuâtre. Une hampe aplatie s’élève également de la bulbe, et porte à son extrémité une fleur enveloppée d’une spathe blanchâtre, dont elle se dégage bientôt pour s'épanouir. Cette fleur est penchée, pédonculée et d’une odeur agréable. Son calice présente deux parties distinctes : le tube qui est vert, renflé près du pédoncule, et prolongé ensuite en une sorte de tuyau; le limbe qui est d’un beau blanc et divisé en six parties ouvertes, alternativement plus larges et plus étroites. Il n’y a point de corolle, mais à la gorge du calice, c’est-àdire à l’union du tube avec le limbe, on voit une espèce

* Voyez, plus loin, l’article Amaryllis.

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