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ROSA CENTIFOLTA.
FAMILLE DES ROSACÉES
Ce n’est point, comme on l’a dit, une variété de l’églantier sauvage (rosa canina ), c’est une espèce particulière qui croît naturellement dans les forêts du Caucase oriental. Ses tiges, hautes de trois à quatre pieds, rameuses et cylindriques, sont armées d’aiguillons, c’est-à-dire d’épines qui naissent sur l’écorce ‘. Les feuilles sont alternes, pétiolées, accompagnées de deux stipules, et composées de trois, cinq ou sept folioles ovales, dentées, relevées de plusieurs nervures, et garnies en dessous d’un léger duvet. Les fleurs sont portées sur des pédoncules allongés, lâches, disposés ordinairement trois ensemble au sommet de chaque petit rameau, et souvent munis d’une petite bractée écailleuse. Le calice est monophylle, un peu resserré à la gorge, partagé à son limbe en cinq folioles concaves, ovales, aiguës et alternativement découpées surleurs bords : il est, ainsi que les pédoncules, couvert de petits aiguillons ou de poils glanduleux. La corolle est formée de pé-
* En botanique, on ne donne le nom d’épines qu'aux piquants formés par un prolonge ment du bois, comme dans laubépine ; ceux qui viennent sur l’écorce sont appelés aiguil- Jons. '
tales larges, concaves, un peu en cœur, à peine onguiculés et attachés sur le calice, tout près de l’ouverture-du tube : il n'y en à que cinq lorsque la fleur est simple; mais quand elle est double (et on la trouve souvent ainsi à l’état sauvage), les pétales se multiplient considérablement; de là le nom de cent-feuilles donné à cette espèce de rose. Les étamines (pl. 23, a), plus courtes que la corolle, et attachées comme elle au calice, sont en nombre variable, mais dans une proportion inverse aux pétales ;ainsi il y en a beaucoup dans les fleurs simples, tandis qu’on n’en trouve presque plus dans les fleurs doubles. Les ovaires b sont nombreux, cachés dans le tube du calice, couverts de petits poils blanchâtres, et surmontés d’un style c un peu latéral terminé par un stigmate obtus, qu’on aperçoit souvent au milieu des pétales. Lorsque les ovaires mürissent, ce qui est assez rare, surtout si la fleur est double, le limbe du calice se dessèche et finit par tomber, le tube se renfle, prendune couleur rouge et une saveur aigrelette, et deviendrait”un fruit assez agréable, s’il ne contenait, avec ses graines dures et comme cartilagineuses, une multitude de poils raides et piquants.
On trouve dans les jardins un grand nombre de roses qui ne sont que des variétés de la rose à cent feuilles, comme la rose pompon; la rose mousseuse, dont les pédoncules et les calices sont abondamment couverts de poils herbacés et rameux qui ont l'aspect de certaines mousses ; la rose unique, à fleurs blanches un peu rouges au dehors; la cent-feuilles cramoisie; la rose prolifère, ou la mère gigogne, dont le centre de la fleur renferme un bouton qui s’épanouit à son tour et
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ROSIER À CENT FEUILLES. ci)
devient une nouvelle rose. On cultive aussi plusieurs espèces distinctes du rosa centifolia; tels sont le rosier blanc, R. alba; le rosier jaune, À: sulphurea;le rosier de Provins, R. gallica; le rosier du Bengale, À. semperflorens; le rosier des quatre saisons où de tous les mois, À. bifera: c’est particulièrement avec les pétales de ce dernier que l’on prépare l’eau et l'essence de æoses, et que l’on parfuime les pastilles, les crèmes, les glaces, les liqueurs de table, et les huiles ou les pommades qui servent à la toilette.
La famille des Rosacées renferme un grand nombre d'arbres, d’arbrisseaux et de petites plantes qui ont les feuilles alternes accompagnées à leur base de deux stipules; un calice monophylle ordinairement à cinq divisions; des pétales en nombre égal aux divisions du calice et régulierement étalés; des étamines nombreuses et portées par le calice ainsi que les pétales; un ou plusieurs pistils composés d’un ovaire à une seule loge, d’un style latéral et d’un stigmate simple. On rapporte à cette famille le cerisier, le prunier, le pêcher, l’amandier, l’abricotier, le pommier, le poirier, le néflier, le frambroisier, le fraisier, etc. Nous y reviendrons plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage.
La fraicheur de la rose est extrêmement difficile à bien rendre; c’est l’écueil des élèves qui n’ont point encore acquis une certaine habitude : le carmin alcalisé, en usage ‘por imiter cet agréable coloris, est une composition indélébile , et la plus petite négligence dans son emploi produit des taches qu’il est impossible de faire entièrement disparaître;
on l'emploiera donc très léger de ton, soit à l’ébauche, soit au fini;on y mélera, pourles demi-teintes, un peu d’outremer, et pour les ombres, de l’encre de Chine, mais toujours avec beaucoup de ménagement. Quant aux parties vertes, elles n'offrent pas plus de difficulté que celles des autres plantes; on les fait avec du bleu de Prusse, de la gomme-gutte , un peu de jaune indien et de la sépia combinés dans diverses proportions et plus ou moins étendues d’eau, selon la vigueur du ton des organes : il est presque inutile de dire que, pour les endroits rougeâtres, on ajoute à cette teinte verte une petite quantité de carmin,
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GIROFLÉE JAUNE. CHEIRANTHUS CHEIRI.